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Biographie

Dreamwell

Dreamwell est un groupe de Screamo / Post-Hardcore américain formé à Attleboro dans le Massachusetts en 2016. La formation se compose au départ de Ramsay Young (Chant), Ryan Couitt (Guitare), Aki McCullough (Guitare), Justin Soares (Basse) et d'Anthony Montalbano (Batterie) et ils sortent l'album The Distance Grows Fonder en autoproduction en 2017. Après le départ de Ramsay, Keziah Staska occupe la place de chanteur et le groupe se diversifie et offre de nouvelles perspectives chaotiques, mélancoliques, introspectives et tristes avec l'album Modern Gortesque qui sort en 2021 chez Old Press Records, Beth Shalom Records et Illuminate My Heart Records. Dreamwell perçoit alors une énorme reconnaissance mondiale avec cette sortie et en 2022 ils sortent un split avec My Fictions. En 2023 ils cassent bon nombre de barrières stylistiques et s'affirment avec In My Saddest Dreams, I Am Beside You qui sort chez Prosthetic Records.

Chronique

In My Saddest Dreams, I Am Beside You ( 2023 )

La musique évolue avec son temps, et les sous genres aussi. C’est en 2023 que Dreamwell, avec à son actif deux albums sortis respectivement en 2017 et en 2021, nous montre que le Screamo a bien évolué ces dernières années et s’ouvre à de nouvelles perspectives.

Après une ouverture accueillante et assez mélodique dans le plus pur style Emotional Hardcore 90’s (Good Reasons To Freeze To Death), Dreamwell dérive ensuite vers un riffing Black Metal à la Deafheaven, où la mélancolie et la compassion sont de mise. Mêlez à ceci un peu de Post-Rock et vous avez alors un aspect de la musique de Dreamwell. L’ambiance s’assombrit peu à peu avec la fin du troisième titre, scandant « your God will judge you unclean », et s’ouvre alors All Towers Drawn In The Equatorial Room et son introduction Hardcore chaotique, lorsque soudain on croirait entendre This Gift Is A Curse, notamment grâce au chant de Nick Holland (Wounded Touch) ou dans les dissonances des guitares. Aucun compromis n’est fait ici, tout est au service de l’intention et de son interprétation, ce qui donne naissance à une œuvre très personnelle comme ce In My Saddest Dreams, I Am Beside You. On pourrait continuer le name dropping des influences avec Daughters en ce qui concerne les titres Blighttown Type Beat et Body Foutain, en plus Metal certes et de manière générale une accointance vers les scènes Noise Rock, tout comme évoquer Ostraca ou State Faults dans leur manière de mélanger Screamo, Metal et Post-Rock de manière fort habile (It Will Hurt, And You Won’t Get To Be).

Par ailleurs, en tant que connaisseur de Screamo, une voix chantée en clair ne vous dérangera sûrement pas. Mais un peu de chant clair légèrement autotuné, qu’en dites-vous ? Même si cela peut surprendre lors de la première écoute, cela passe en fait agréablement bien. Tout dépend de votre tolérance, c’est un peu comme les fruits confits : certains sont écœurés au bout de deux, d’autres peuvent se taper le paquet. Ici nous n’irons pas jusque-là, le chant en question reste très largement minoritaire. In My Saddest Dreams I Am Beside You n’apporte pas qu’un débat sur l’autotune dans le chant, il apporte une densité et musicale et d’émotions qui vaut largement le détour.

Et lorsque Dreamwell délaisse ses apparats Screamo, c’est parfois pour encore mieux s’exprimer, comme sur le titre I Dream’t Of A Room Of Clouds, où le groupe prend son temps pour développer son récit, alternant alors des passages calmes, moments de réflexion avant que tout n’explose, créant un rapport tension / libération intense. Ou alors, avec des passages comme ce véritable rayon de lumière sur le titre Obelisk Of Hands, grâce au chant féminin de Logan St.Germain (de Anklebiter et Lilac Queen) et ces paroles très inspirées : « I lose my shine when you lift my mask and see that I am just a tired man. When you feel my tongue grow heavy with silence and you learn that I am nothing but a bore. When you taste my mouth that's so quick to say love, but swallows everything it means. When you learn that I'm neurosis puppeteering a person, it won't take long to see there's no shortage of reasons that I should disgust you”. Car oui, l’essentiel des paroles  n’échappe pas aux sujets habituels du genre style, le mal-être, les désordres mentaux, le sentiment de rejet, l’amour malheureux, mais Dreamwell va parfois plus loin et nous offre aussi de belles métaphores.

Il en ressort donc un album complet, varié, qui se plaît à nous surprendre au fil des titres qui s’enchainent d’une manière admirablement homogène et cohérente, faisant de ce In My Saddest Dreams I Am Beside You un incontournable pour les amateurs du genre cette année.