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Biographie

Drastus

Drastus est un one man band de Black Metal français dirigé par l'homme qui porte le même nom que son projet. Actif depuis 2004, le projet semble bien lancé puisqu'en 2005 un split album avec C.Y.T. (formation à laquelle Drastus participe d'ailleurs) et Hostis (un one woman band de Black Metal) paraît, puis un premier album intitulé Roar's from the Old Serpent's Paradise. En 2006, c'est au tour de l'EP Taphos de paraître, continuant dans la lignée de ses deux prédécesseurs, à savoir un Black Metal teinté d'ambient et parfois même de drone. En 2009, Serpent's Chalice – Materia Primera paraît chez End All Life, faisant part au monde de la volonté de Drastus de s'orienter vers des sonorités plus agressives et frontales. C'est ensuite le silence radio pour le projet jusque 2019, date à laquelle Norma Evangelium Diaboli annonce que son deuxième album, La Croix De Sang, paraîtra en 2019.

Chronique

15 / 20
1 commentaire (17/20).

La Croix De Sang ( 2019 )

C'est un secret de polichinelle, le Black Metal hexagonal se porte très bien, merci pour lui, et ce sans verser dans le moindre chauvinisme exacerbé. Deathspell Omega est le groupe le plus influent de la scène internationale actuelle et ce depuis une décennie, Blut Aus Nord continue de nous abreuver de ses nombreuses incursions dans des mondes différents, Merrimack, Antaeus et Aosoth continuent d'occuper les plus violents d'entre nous et Alcest a participé à la création du Post Black Metal, l'un des sous genres les plus populaires de ces dernières années. C'est donc dans ce contexte qu'arrive le deuxième album de Drastus, après un silence radio de dix ans. 

Cette francité, Drastus la cultive à bien des égards, du titre du disque aux sonorités, en se déversant tout au long de ces 47 minutes dans un déluge sonore virulent et vociférant que ne renieraient pas Merrimack, Antaeus ou Aosoth, justement. Dès la première écoute un goût prononcé pour la violence, sans excès pourtant, place Drastus dans cette équipe des groupes qui ne plaisantent pas. Comme s'il était sous l'influence d'une transe semi-maîtrisée, l'homme derrière le projet clame son amour de la bête, de l'anti-humain, avec une brutalité empreinte de cérémonie. Au final, ce sont des souvenirs plus anciens qui sont éveillés, ceux du De Mysteriis Dom Sathanas, par son ambiance sépulcrale et messianique, par le choix qu'il fait de coller au plus près de l'adage Black Metal : Anti-human, anti-life. 

Le mot est d'ailleurs lâché : messianique. La Croix de Sang est un hommage aux puissances surnaturelles, une déclaration d'adhésion à une forme de férocité qui n'est ni humaine, ni bestiale, simplement incompréhensible au monde du dehors. L'album n'est pas une initiation, il nécessite d'avoir été introduit auparavant aux rites du Black Metal, d'avoir déjà apprécié ses mélodies écorcheuses, sa vitesse déroutante et la dévotion nécessaire à son écoute n'est, nul doute ne saurait être émis, qu'une parcelle de ce qu'il a fallu à Drastus pour le composer et l'enregistrer. Il n'y a alors aucun besoin de sublimer le propos, de chercher des influences extérieures, de passer par une compréhension intellectuelle puisqu'un tel engagement ne nécessite que l'approbation ou le rejet, selon le cas. 

Loin des groupes qui cherchent à élever leur musique en allant chercher par vents et marées de nouvelles sonorités, Drastus livre donc un disque de Black Metal certes relativement traditionnel mais dont l'efficacité est indiscutable. Chaque note est à sa place, tout y est tranchant comme un couteau posé sur la langue comme l'on placerait une hostie, mordant et écrasant comme peut l'être l'entrée dans une cathédrale. La Croix De Sang réussit le petit exploit de créer une atmosphère sombre, proche de celle du rituel sans jamais tourner le dos à une âpre sauvagerie.