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Biographie

Dope D.O.D.

Dope D.O.D. prend forme du coté de Gronigue aux environ de l'an de grâce 2007. Le collectif se met rapidement en branle et, actif sur tous les plans, propose dès 2008 deux clips en soutien d'une première sortie entièrement numérique. Ceux-ci, très pros bien que réalisés avec les moyens et talents du bord, fait un petit carton et servent de rampe de lancement au groupe. Fidèle à son mode de fonctionnement, Dope D.O.D. continue son bonhomme de chemin à l'écart des spotlights pour revenir en force sur le devant de la scène début 2011 avec, à nouveau, une vidéo qui précède cette fois de plusieurs mois la sortie de Branded, le premier véritable album des (désormais) trois MCs et de leur troupe. Dope D.O.D. y fait évoluer sa musique et semble dès lors plus à même de toucher un public plus large, ce que des ouvertures pour Korn aux Etats Unis ou encore Limp Bizkit, en Europe semblent devoir confirmer.

Chronique

14.5 / 20
5 commentaires (13.4/20).

Branded ( 2011 )

Dissipons immédiatement tout malentendu: Dope D.O.D. fait une musique gueularde, voyante. Cela ne fait aucun doute. Difficile, pour ne pas dire inutile d'y venir pour se toucher l'intellect' ou s'enorgueillir d'une soi-disant ouverture d'esprit ultra référencée. Branded est un gros pavé de Hip-Hop sauvage, un plaisir coupable fait pour démonter les têtes, et ses auteurs des bourrins. Entre autre qualités.

Dope D.O.D. a pour lui la jeunesse, la fougue, l'enthousiasme et ses origines. Comme beaucoup d'autres soit dit en passant. Sauf que les trois MCs ne viennent pas de n'importe où et surtout pas de là où on les attendait, justement. De plus, à ces premiers arguments, viennent s’ajouter un savoir faire réel et une bande d'acolytes plutôt furieusement doués; car Dope D.O.D. fait tout à la maison, en grand mais en petit comité. Avec un regard et des prétentions tout frais malgré une passion chevillée au corps et sources d’inspiration directe totalement revendiquées.
Le Hip-Hop des néerlandais est agressif, venimeux, massif, les flows nerveux de JayReaper, nonchalant de Dopey Rotten et féroce de l'excentrique Skits Vicious - inutile d'aller chercher bien loin les références - affichent des progrès fulgurants. Les trois personnages se renvoient ici la balle sur des titres lapidaires dévorés de groove dangereux, sournois, envahissant, servis par une production en Or massif à la néerlandaise. Bien que toujours perfectibles dans un dialecte qui n'est pas leur langue natale, leur petit jeu parvient désormais à faire monter la sauce sur une base solide. Rythmique, production et influences comprises.

Le collectif ne fait aucun mystère de son attachement forcené pour le Hip-Hop Hardcore du siècle dernier, courant aussi prolifique que gangréné et répétitif aussi les voir manœuvrer sur ce terrain n'a rien de surprenant. Seulement que peut-il bien y avoir encore à raconter dans ce courant quasi-exclusivement US, à l'époque déjà fustigé de toutes part et à la cote d'amour tout autant en berne que la qualité de ses sorties depuis, au bas mot, une décennie? A priori pas grand chose. A moins d'y apporter une valeur ajoutée et de s'extirper de schémas vus et revus, qui plus est quasi intransposables sur le vieux continent.
Dope D.O.D. connait sa leçon. Dope D.O.D. n'oublie rien, pas même le clin d'oeil au travail sur le scratch des origines ("Gatekeepers") ou la petite influ East Coast mélancolico-jazzy ("Slowmotion"), toujours un peu présomptueux et hors de propos sur un disque aussi résolument moderne mais remarquablement amenés/maitrisées. A coté de ça les néerlandais tranchent dans le lard comme des tacherons Horrorcore ("Redrum", "Pandora's Box", "Darkage"), font remonter le G-Funk à la surface ("Cosmosis Jones") et... s'offrent quelques escapades électronisées pas piquées des vers. Ce sont justement ces dernières qui vont venir relever l'intérêt de Branded, disque hommage plein d'un savoir faire indéniable, plaisant, constant, pour le faire passer dans le siècle auquel il appartient réellement. L'avenir du groupe est là dans "Mothership", dans "What Happened?", dans "Redrum" et, plus gobalement dans ces intrus percutantes, surpuissantes et profondes offertes tout au long de l'heure que dure le disque. A condition qu'ils ne s'oublient pas en route. Lorsque DDOD réactualise son Hip-Hop préhistorique ce n'est pas pour singer Skrillex, cet insupportable gigolo Brostep, mais plutôt pour aller s'inspirer du le savoir faire local, taper au plus dur de la production électro nerveuse made in Deutschland. Si les noms de Black Sun Empire et Noisia vous disent quelque chose, vous savez à quoi vous en tenir. Accrochez vous à vos esgourdes car Dope D.O.D. est venu pour bétonner.

A l'heure où Freddy Cricien (Madball) fait le gugusse on se dit que, parfois, il vaut mieux laisser mettre les tatanes Hip-Hop à ceux qui ont réellement quelque chose à offrir. L'innovation, fusse-t-elle minime n'a jamais fait de mal à personne, surtout lorsqu'un disque n'est pas exempt de tout défaut (le flow, notamment, et un travail de fond pas encore pleinement à la hauteur de la forme). Ce groupe n'a clairement pas encore atteint son plein potentiel et devra confirmer puis, certainement, proposer quelque chose de véritablement osé et personnel pour convaincre les sceptiques. Ces considérations mises à part, les individus de Dope D.O.D. derrière leurs grandes gueules et leurs clips super produits apportent déjà quelques beaux gages de solidité pour ce qui reste un premier (véritable) album. Branded est un disque costaud, équilibré, qui devrait plaire autant aux néophytes qu'amuser/surprendre/scandaliser(?) les anciens. En attendant, dans son style, Dope D.O.D. vient de mettre une petite claque à l'arrière de la tête d'une sphère Hip-Hop qui n’en finit plus de se chercher en conciliant avec exigence sonorités actuelles et approche sans concessions. De la jeunesse, de la fougue, de l'enthousiasme disais-je. Ajoutez-y des idées et une grosse dose de talent encore en rodage. Ca ne fait pas tout mais c'est déjà beaucoup.

Pour du son et de l'image, rendez vous par ici.

A écouter : Redrum, What happened, Witness the Crispness, Pandora's box...