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Biographie

Distress

Distress est un groupe strasbourgeois déjà vieux de 10 ans. C'est en 1996 en effet que  Philippe Miralles et Laurent Haas démarrent l'aventure. Dès 1998, Distress enregistre sa première démo, baptisée Quest Of Elegy. Celle-ci inclue alors déjà les versions quasi définitives de morceaux tirés de leur premier album Close To Heaven, paru en 2001. En février 2001, Distress signe un contrat de distribution avec Thundering Records pour la diffusion de ce premier opus de doom death mélodique. Cette même année, Eric Lorentz, guitariste dans le groupe Anorma, rejoint Distress. En juin, nouvelle étape, c'est le premier concert à Haguenau, aux côtés d’Elvaron et de Broken Edge. En fin d'année, le batteur d'Anorma, Julien Diebold, rallie la formation en temps que bassiste. A l’été 2002, Distress se retrouve dans les locaux de la salle de La Laiterie à Strasbourg pour y enregistrer The Mourning Sign. Pour la deuxième fois c'est Didier Houbre qui se charge du travail d’ingénieur du son. Après quelques péripéties (départ de Julien remplacé par Thibault Xhaard, reports successifs), l'album sort finalement en septembre 2004. Distress y réaffirme ses orientations, plus glacées et mélancoliques que jamais. S'ensuivent de nombreux concerts dans la région. En 2007, le groupe reparaît finalement avec Others, fantastique album de doom death, à la croisée des mondes de la musique acoustique, du prog' et du dark metal.

Chronique

17 / 20
2 commentaires (16.75/20).
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Others ( 2007 )

Attention grosse claque. Distress est un groupe strasbourgeois qui sort là son troisième album, Others. Du doom death sur le papier, un genre exigeant s'il en est, puisqu'en la matière, nombre de formations se vautrent allègrement dans les clichés pesants et larmoyants, et l'absence d'originalité. Seulement, en pratique, Distress est un ensemble créatif qui incorpore beaucoup d'éléments pertinents à sa musique qu'on qualifiera plutôt de Grey Metal, comme le croisement de genres extrêmes. Il en résulte un album impressionnant de maîtrise autant que de beauté et d'émotion.

On y entend un chant varié, aussi guttural que majestueux selon les besoins, avec un impressionnant travail sur les harmonies, qui évoque le death swedish, comme les passages en chant clair d'Emperor, ou bien encore le calme détaché de formations black atmosphérique, voire les hauteurs quasi inaccessibles du meilleur d'Opeth. Avec un riffing mélodique et enlevé, on s'éloigne des canons du genre doom, d'autant plus que de nombreux ponts acoustiques viennent agrémenter le paysage musical, comme en témoigne l'excellent Herm-aphrodite Bells. Ainsi, dans une ambiance somptueuse, Distress présente en 10 pistes et pas moins de 71 minutes un éventail complet de métal riche et poignant. Par la recherche de structures allongées et exigeantes, le groupe donne toute leur vigueur à des compositions remarquables de justesse, d'inspiration quasi prog' par instants. Le recours aux cordes et au piano est à ce titre très judicieux, offrant de merveilleux passages instrumentaux. Quand de surcroit, on signe une aussi bonne collection de riffs, tantôt puissants, tantôt profonds, tantôt mélodieux, voire tout cela à la fois, par exemple sur Odyssey Of The Fools, c'est pain bénit pour l'auditeur. Prog' donc, à ceci prêt qu'ici, le groupe n'est pas en représentation, mais maximise plutôt dans la durée l'impact émotionnel de sa musique, enthousiasmante, mais jamais surchargée, à l'instar de choeurs emphatiques sans être pompiers.

A ce niveau, on atteint des sommets par instants, à travers aussi une atmosphère empesée, mais pas pesante, en dépit de rythmiques traditionnellement pachydermiques, où pointe la détresse bien évidemment. Pourtant, contrairement à l'écrasante majorité des formations affiliées au doom, portées sur le désespoir et le glauque, Distress donne dans des tonalités épiques, à coup d'instrumentations influencées tant par le black, riffs en tremolo à l'appui, que par le death, avec ce chant écorché qui apporte beaucoup de puissance. Il y a de la fierté nichée dans ses nombreux passages de chant clair particulièrement habités, donnant un cachet tragique voire même mythique à l'ensemble. En fait, à l'écoute d'un titre tel que Measured, on peut être même saisi par la beauté du chant clair habillé de cordes délicates (sublime outro), et en fermant les yeux imaginer des temps immémoriaux, faits de noblesse des sentiments et des destins. Cette richesse là n'est pas la moindre qualité de ce disque, générateur de visions et d'émotions prenantes. Ainsi, on peut penser aussi à Self To Shreds oscillant entre accalmies et explosivité, d'un chant clair à deux voix absolument splendide (procédé repris sur toute la durée de The Fog) à la puissance des vocaux gutturaux et de l'orchestration doom, en passant par un pont d'inspiration religieuse joué à l'orgue. Citons enfin la très belle dernière piste de ce disque, Captive, ode acoustique touchante qui permet à Distress de conclure sur une jolie dernière impression.

La profondeur de la musique de Distress se vit davantage qu'elle ne s'écoute, ce qui par les temps d'hybridation plus ou moins heureuse ou de technicité forcenée que l'on vit actuellement, n'est pas si courant. Tout vibre ici à l'unisson d'une oeuvre majeure portée tant par la qualité des musiciens que par son propre souffle. Ainsi, si Others respire la maîtrise, c'est pour mieux s'échapper et gagner les coeurs. Vraiment un grand disque. 

Deux titres de cet album en écoute sur le myspace du groupe.

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Distress

Style : Doom Death mélodique
Tags :
Origine : France
Site Officiel : distressmetal.free.fr
Myspace :
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