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Biographie

Disrupt

Pete Kamarinos - chant
Jay Stiles - chant
Terry Savastanos - guitare
Jeff Hayward - guitare
Bob Palombo - basse
Randy Odierno - batterie

Disrupt, c'est pire qu'une gare. En même pas six ans, pas moins de treize persones se seront croisées au sein de la formation crust de Lynn (Massachusetts). Fondée en 1987 autour de Jay Stiles, Pete Kamarinos, Chris Drake, Harry Haralabatos et Tony Leone, le groupe enregistre une démo avant de connaître ses premiers changements. Leone et Haralabatos quittent la troupe, remplacés par Brad Jones (batterie) et Mike Williams (guitare), Stiles cumulant alors les postes de chanteur et de bassiste.
Le turn over se poursuit. Deux mois plus tard, Jones annonce son départ et, cette fois-ci, c'est Williams qui se reconvertit à la batterie et qui officie sur la démo Millions Die For Moneymaking.
Au printemps 1989, Williams et Drake quittent Disrupt. Haralabatos fait son retour, accompagné du bassiste Scott Lucid pour le premier ep éponyme co-produit par Crust Records et Deafcore Records. Quelques mois plus tard, Lucid jette l'éponge mais Disrupt enregistre plusieurs arrivées, celles de Bob Palombo et de Terry Savastanos (Spasm), ainsi que le retour de Drake. C'est ce line-up qui officie sur le Refuse Planet 7" et le split avec Destroy.
Après les départs de Drake et de Haralabatos, remplacés par Jeff Hayward (Unleashed Anger) et Randy Odierno (Temporary Insanity) en 1991, Disrupt se stabilise enfin et entre au Headroom studios pour l'enregistrement de plusieurs splits auxquels fait suite le premier album, Unrest. Un an plus tard, le groupe repart en studio et écrit dix sept titres dont dix prendront place sur les splits en compagnie de Sauna et Warcollapse.
En 1993, Disrupt effectue une tournée européenne mais splitte peu après.

15 / 20
2 commentaires (16.25/20).

Unrest - Rééd. ( 2007 )

Je sais pas si c'est le manque d'ambition, le besoin urgent de faire du numéraire sur le dos des Temps Anciens ou bien la nostalgie, mais il convient d'avouer qu'en ce moment le roots est hyper tendance. Entre les reformations qui pleuvent et les rééditions, il semblerait que l'arrière-garde hardcore ait décidé de réinvestir le terrain.

Séparés depuis plus de dix ans, les bostoniens de Disrupt ont acquis leur réputation de groupe culte grâce à une multitude de sept pouces et de splits enregistrés en compagnie de formations aussi reconnues que Warcollapse ou Destroy, groupe de Felix Havoc, fondateur du label indé du même nom. Sorti dans un premier temps sous le format audiocassette Unrest, unique album du groupe, était à l'origine composé de vingt morceaux les dix autres - vieilleries reliftées - enregistrés durant la même session étant destinés au 7" Deprived. Réunis une première fois par Relapse en 1994, ce dernier réactive le mythe cette année en nous offrant une édition relookée et remastérisée.
Le fait est que, malgré le poids de l'âge, Unrest n'a quasiment pas pris de rides. A la croisée de plusieurs chemins, Disrupt y réussit le parfait amalgame entre le crust british et le grindcore des années 80. Alliant le caractère un peu lourdaud de Doom ou Extreme Noise Terror à la rapidité de Napalm Death ou de Unseen Terror, les bostoniens nous propulsent dans un maelstrom d'hyperactivité où l'équilibre entre les deux styles est maintenu et revitalisé par un savant dosage urgence/maîtrise n'étant pas sans rappeler celui du Terrorizer deWorld Downfall ("Smash Divisions", "Down My Throat", "Compliant"). 
Le texte est à l'image de la musique. Pour Disrupt, pas de métaphores ni de faux semblants. Entre growls et jappements de roquet, Pete Kamarinos et Jay Stiles assènent leurs convictions avec la puissance et la sècheresse du tomahawk, nous obligeant à affronter nos propres subversions, plus clairement nous mettant le nez dans nos propres excréments. Ainsi, de l'affaire Rodney King ("Unrest"), au génocide juif pendant la seconde guerre mondiale, présent sur "Mass Graves" mais également sur la nouvelle cover illustrée par un camp de concentration nazi, en passant par la condition féminine ("Domestic Prison") et le droit des animaux ("Reality Distortions"), aucune injustice n'échappe à la colère de Disrupt qui, de ce fait, perpétue la tradition d'un anarcho-punk engagé sur tous les fronts.

Finalement peu importe les motivations, cette réédition est l'occasion pour les plus jeunes d'entre nous de redécouvrir un groupe somme toute assez méconnu n'ayant, certes pas, l'aura posthume d'un Nausea, mais qui n'en aura pas moins démérité aux côtés des Antischism et  Aus Rotten, à donner ses lettres de noblesse à la scène crust US.

Télécharger : "Faction Disaster

A écouter : En boucle
14 / 20
1 commentaire (15/20).

The Rest ( 2007 )

Deuxième partie du pack Disruptdead concocté par Relapse afin de rendre hommage à Disrupt, groupe mythique de Boston à la trajectoire météoritique The Rest regroupe, comme son nom l'indique, l'ensemble de ses productions excepté l'album Unrest.

A l'instar de bon nombre de formations crust, Disrupt est surtout un groupe de ep et de 7 pouces. En effet dans ce domaine il fait figure de champion. Au total pas moins de onze productions de ce type et des splits partagés avec des brutes de la scène tels que Warcollapse, Resist ou Destroy, soit 78 titres répartis sur deux cd. Le label n'ayant pas pris la peine de détailler les plages correspondantes à chaque opus, difficile donc de les distinguer autrement qu'au prix d'une recherche aussi fastidieuse qu'inutile qui ne satisferait finalement que notre souci de la précision. Car après tout quelle importance de savoir si ceux-ci sont organisés en ordre chronologique ou pas le style de Disrupt, hormis sur le plan technique, n'ayant pas subi de bouleversements majeurs durant ces années ? Du premier 7" éponyme daté de 1989 au split avec Warcollapse, les bostoniens ont toujours maintenu le cap sur un amalgame empruntant autant au dynamisme du grindcore old school de Repulsion, Unseen Terror ou Terrorizer qu'à la rectitude crust des Discharge et Anti Cimex. Bref, malgré une légère appréhension légitime - quarante-trois morceaux à s'enquiller d'une traite c'est tout de même moins que les soixante du Never Mind the Napalm de Sore Throat mais çà reste une bonne performance - on se laisse allègrement vriller les tympans par les "Trapped", "Smash Divisions" et autres joyeusetés déclamées par Jay Styles et Pete Kamarinos au numéro de duettistes aussi efficace que celui de Dean Jones et Phil Vane (Extreme Noise Terror).
Beaucoup moins folichon en revanche le second skeud uniquement composé d'enregistrements qui, hormis la démo Millions Die for Moneymaking, n'offre pas grand intéret. Avec ses enregistrements live affublés d'un son laissant véritablement à désirer Relapse donne l'impression, plutôt que d'avoir fait un cadeau aux puristes, d'avoir raclé les fonds de tiroir histoire de donner davantage de consistance ainsi qu'une aura plus mythique à Disrupt qui, pourtant, n'en avait pas besoin.

Par cette anthologie, qui n'atteint pas toutefois le caractère indispensable de Unrest, Relapse clôt en beauté le chapitre Disrupt, hommage mérité pour une formation tombée plus ou moins dans l'oubli depuis son split en 1993.

Télécharger : "Crock O'Christian"

A écouter : Lack of Intelligence, Trapped, Deprived