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Biographie

Dismember

L'histoire de Dismember a commencé comme celle de nombreux jeunes groupes : en 1988, après quelques mois d'existence, le groupe est mis en retrait, le temps pour certains membres de se concentrer sur Carnage, autre groupe de Death Metal dont l'existence s'avère courte. Au départ, Dismember se cristallise autour du trio Fred Estby (Batterie), David Bmlomqvist (Guitare - ex Entombed), Robert Sennebäck (Guitare / Chant - ex Necrophobic, ex Unleashed). Une première démo est enregistrée en 1988 avec l'aide de Erik Gustafsson à la basse. Une seconde démo, sans basse, sort également la même année intitulée Dismembered. Puis en 1989, le trio enchaine avec trois démos : Last BlasphemiesRehearsal, puis Reborn In Blasphemy qui voit l'arrivée de Matti Kärki en tant que chanteur. Richard Cabeza sera recruté en 1991 en tant que bassiste pour le tout premier méfait des suédois : Like An Everflowing Stream, qui parait chez Nuclear Blast Records et se retrouve vite le centre d'intérêt d'une solide base de fans. Pieces, l'année suivante, confirme les premiers pas du premier opus, et accroit la renommée du combo et pose les bases d'un nouveau genre : le Death Metal scandinave.

Pourtant, le véritable succès pour Dismember vient avec Indecent And Obscene en 1993, dont le single Dreaming In Red se retrouve matraqué sur MTV dans la célèbre émission Headbanger's Ball. L'opus suivant, Massive Killing Capacity de 1995, ralentit le tempo comme la plupart des groupes nordiques de l'époque mais la trêve est de courte durée : Death Metal, quatrième opus de Dismember, rebranche les batteries, suivi par Hate Campaign en 2000 avec l'aide d'un troisième guitariste unqiuement présent pour cet album : Magnus Sahlgren. En 2004, peu avant l'arrivée dans les bacs de Where Ironcrosses Grow, les suédois signent chez Karmageddon Records et il en résulte un album inspiré par Iron Maiden et Autopsy. Changement de décor en 2005 avec un passage sur Regain Records qui rachète les droits des premiers opus et réédite les albums ce qui augmente la popularité du groupe. The God That Never Was, dans la continuité des deux précédents, mais sans la présence de Richard Cabeza (Base) déboule début 2006 et se solde par une tournée avec Entombed, Unleashed et Exterminator. On y retrouve un troisième guitariste : Martin Persson. Fred Estby (Batterie) quitte Dismember l'année suivante pour raisons familiales et se voit remplacé par Thomas Daun. Dans la foulée Tobias Cristiansson arrive également à la basse et Martin Persson est toujours présent en tant que troisième guitariste. C'est ainsi que Dismember voit le jour en avril 2008, rapidement suivi par une tournée qui abouti sur le DVD Under Bloodred Skies, dont les images sont issues du festival San Open Air et de concerts en Hollande. Après 23 ans aux service du Death-Metal, Dismember décide de cesser son activité en octobre 2011.

En janvier 2019, les suédois ont annoncé être de retour avec le line-up d'origine : Fred Estby (Batterie), David Blomqvist (Guitare), Robert Sennebäck (Guitare), Matti Kärki (Chant) et Richard Cabeza (Basse).

Chronique

Like An Ever Flowing Stream ( 1991 )

Nous sommes en 1991, en Suède. Le Death Metal commence à bien s’étendre aux Etats-Unis. Possessed a sorti Seven Churches en 1985, DeathScream Bloody Gore  en 1987, et en 1989, Autopsy, Obituary et Morbid Angel ont tous sortis leur premier album et en sont déjà à leur deuxième méfait en 1991. La Suède commence à prendre le pli au début des années 90 avec par exemple Grave et son premier album, Into The Grave, en 1991, Entombed avec Left And Path en 1990, puis Tiamat qui était alors un groupe de Death Metal avec Sumerian Cry en 1990  et donc Dismember qui pose également la première pierre à son édifice : Like An Everflowing Stream en 1991. 

1991, on disait donc : Nuclear Blast Records sort le premier album de Dismember, groupe jusqu’alors quasi-inconnu, si l’on occulte sa première incarnation Carnage avec tout de même Michael Amott d’Arch Enemy, mais le groupe sort presque de nulle part comme ses homologues suédois de Grave et Entombed. Mais Like An Everflowing Stream est un pavé dans la marre, le genre de disque à ce dire, qu’il y aura un avant et un après, parce que cet album est, à l’époque, probablement l’un des disques de Death Metal les plus violents jamais sortis jusqu’alors. Par ailleurs, Dismember se distingue, comme Entombed de ses homologues américains, avec un son beaucoup plus incisif et tranchant avec des guitares ultra saturées (merci la pédale HM-2). Les riffs sont aussi plus méchants, plus denses, la rythmique écrasante et le chant éraillé participe également à la touche scandinave. Notons que Like An Everflowing Stream a été enregistré au Sunlight Studio en mars 1991, le studio qui donnera ce son typique aux groupes de Death Metal suédois comme EntombedGrave, TherionNihlist ou Merciless.

On rentre tout de suite dans le vif du sujet avec Override Of The Overture : riff triple épaisseur de gras, batterie rouleau compresseur et une pointe de mélodie sauvage hyper bien dosée, un peu à la manière d’un lead de Slayer et on a là l’essentiel de la formule de Dismember : ça file tout droit, c’est hyper efficace, violent, t’as envie de te péter la nuque tous les deux riffs et c’est super accrocheur. Et puis le petit plus chez les suédois, comme chez Entombed, c’est ce sens du groove. Aucun riffs stériles ou de remplissage ici : ce qu’on mise c’est l’efficacité et cette volonté primaire de te détruire les cervicales, en témoigne le monstrueux Bleed For Me d’une intensité redoutable. On pourrait dire la même chose de And So Is Life avec son solo bien senti, cette pointe de mélodie toujours en filigrane, ces cœurs d’église qui apportent une dimension épique au titre et surtout, surtout, ce riff moteur qui explose tout. Dismembered avec son intro presque ensorcelante est un des tubes du disque, avec un riffing Thrash à souhait. Mais il y a également d’autres choses marquantes chez Dismember comme la voix d’outre-tombe de Matti Kärki, qu’on pourrait rapprocher un peu de celle de Martin Van Drunen d’Asphyx, mais aussi cette manière de jouer avec les riffs rouleau compresseur, les leads mélodiques disséminés avec parcimonie (celui de Sicking Art est somptueux), ou bien de poser des tempi plus lents (In Death's Sleep) avant de nous rabattre le caquet avec des accélérations brutales. Notons à ce titre que la rythmique à quelque chose de très Punk et frontale, qui apporte une petite touche de personnalité supplémentaire à ce Like An Everflowing Stream.

Inutile d’en rajouter, Like An Everflowing Stream tue. Il est la synthèse parfaite du Death Metal scandinave et aussi un excellent complément à Entombed qui n’a pas tout à fait la même approche. Indispensable pour tou.te.s les fans de Death Metal, tout simplement.