Biographie

Dismal

Groupe italien créé à Turin en 1995 par les musiciens Bradac et Parsifal, Dismal joue des métaphores, des symboles et des images poétiques pour faire vivre une musique d'inspiration gothique. En 1998, le groupe enregistre sa première demo Fiaba Lacrimevole avec la chanteuse Margan, entre atmosphère théâtrale et songes oniriques. Suit en 2001 Dionisaca, enregistré avec une autre chanteuse, Ae, qui leur apporte pas mal de crédit et une signature sur le label Dreamcell 11 Entertainment / Aural Music. Puis en 2003, c'est Rubino Liquido-Three Scarlet Drops avec le concours d'un orchestre de 12 musiciens. Il faut attendre 2007 pour leur troisième disque, l'étonnant Miele Dal Salice, enregistré avec la chanteuse de jazz Rossana Landi, et décrit comme une valse pour l'esprit.

Chronique

14.5 / 20
1 commentaire (13.5/20).
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Miele dal Salice ( 2007 )

Miele Dal Salice est un drôle de disque, une sorte de bande originale d'un film encore inconnu, mais qui serait rempli de citations burtoniennes, d'enfance rêveuse et d'espièglerie.

Ca commence pourtant avec un titre atmosphérique aux influences orientales très prononcées, La Conversione di Shani. Le morceau, au demeurant pas désagréable, sonne world music avec ses samples de dauphins, mais n'est pas représentatif de l'ensemble de ce disque. Pour saisir d'emblée vers quoi tend Dismal, mieux vaut se reporter sur Malia, ses rires enfantins, sa boîte à musique et son cachet musical à la Danny Elfman, dont l'ombre plane un peu partout sur le disque. Miele Dal Malice en retire une ambiance de fête d'Halloween à laquelle s'inviterait Jack Skellington bien évidemment, mais aussi Batman, puisque le morceau Polvere d'Ireos sample la BO de Batman Returns. Mais, dans le même temps on y trouve une vraie poésie musicale, parfois même cristalline le temps d'une berceuse posée sur des notes de piano en cascades (Niveare).

Les violons se font aussi entendre régulièrement (Anima Sciotta en particulier), ainsi que des boîtes à rythmes pas trop envahissantes, des synthés très présents, des sonorités acoustiques et un chant féminin plaisant. La chanteuse Rossana Landi fait pour beaucoup dans la personnalité du disque, passant des mélopées inquiétantes aux murmures avec talent (Méliss), de l'italien à l'anglais en passant par le français sans à coup, des envolées délicates à des phrasés parlés délicieusement voilés (Shiva Li Néve). Il en résulte un disque original et très joueur qui balade l'auditeur au gré de compositions variées, parfois assez alambiquées et traversées ça et là de percussions et de guitares plus martiales (Polvere d'Ireos ou bien encore Lana). Avec sa myriade de samples pour habiller ses compositions, ses breaks parfois abrupts et sa tonalité générale fantasque, cet album s'avère assez surprenant, en témoigne encore Mandiàla entre chuchotements conspirateurs et passages symphoniques.

Généreuse, la musique de Dismal se révèle au fil des écoutes tantôt ludique, poétique ou bien théâtrale, mais toujours mélodique. Un disque atypique en tous les cas, frais, à mille lieux des productions "gothico-romantiques-atmosphériques" si souvent ennuyeuses, qui fait voyager l'esprit.

 

Des pistes en écoute sur le myspace du groupe.

A écouter : comme une bonne BO ludique et potique