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Biographie

Disfear

Tomas Lindberg - chant
Björn Peterson - guitare
Henke Frykman - basse
Marcus Andersson - batterie
Uffe Cederlund - guitare

Formé en 1989 dans la banlieue de Stockholm par Björn Peterson (guitare), Henke Frykman (basse), Jallo Lehto (batterie) et Jeppe Lerjerud (chant), sous le patronyme d' Anti-Bofors. En octobre 1992, Disfear sort un premier ep éponyme produit par Tomas Skogsberg (Entombed). Motivé par les bons résultats obtenus, le groupe revient au Sunlight Studios pour enregistrer Brutal Sight of War qui reçoit un superbe accueil de la presse spécialisée, parvenant même à être nominé aux Top de Rock Hard. S'ensuit une tournée en Allemagne avec Uncurbed.
Le second album, Soul Scars, ne voit le jour que quatre ans plus tard avec un nouveau batteur, Robin Wiberg, Lehto étant parti rejoindre Totalitar. Les suédois tournent alors avec GBH et DRI, ainsi que Doom. Un deal est passée après la tournée avec les français d'Osmose Productions sur lequel sort Everyday Slaughter. Puis silence radio.
Le projet est réactivé en 2003 lors de la signature chez Relapse Records. Si l'épine dorsale constituée par Peterson et Frykman reste toujours opérationnelle, d'autres figures font leur apparition, notamment Tomas Lindberg, chanteur d' At The Gates, que l'on retrouvera également chez Skitsystem. Un nouveau batteur, Marcus Andersson, est également recruté pour une virée en Europe et l'enregistrement de Misanthropic Generation, produit par le regretté Mieszko Talarzyk (Nasum).
La période qui suit voit les choses s'accélérer pour Disfear. Après l'addition d'un guitariste supplémentaire, ni plus ni moins que Uffe Cederlund (Entombed), les suédois font la couverture de Close Up, partagent l'affiche avec Discharge, s'embarquent pour une tournée européenne en tête d'affiche pour terminer en apothéose au Pointless Fest de Philadelphie avec Tragedy, Kylesa et Municipal Waste entre autres.
Durant le printemps 2005, Disfear tourne en Finlande et en Suède avec Rotten Sound avant de filer aux States pour sa première tournée sur le Nouveau Continent avec Tragedy, Cursed et Phobia. Au retour, le groupe commence à plancher sur Live the Storm qui voit le jour en 2008.

15.5 / 20
1 commentaire (15.5/20).

Live the Storm ( 2008 )

Bottes et culottes de moto, blousons de cuir noir avec aigle sur le dos. Après une relative accalmie, Tomas Lindberg réactive At The Gates, envoie Skitsystem aux oubliettes tout en conservant un orteil dans la nébuleuse crust en remettant un coup de kit sur Disfear.

Quatrième album des suédois, Live the Storm apparaît comme un pic de tout ce que la scène scandi crust et kang a apporté au style depuis quelques années. Aussi puissant que Skitsystem, aussi rapide que Krigshot, aussi gras que Entombed (la présence de Uffe Cederlund y est certainement pour quelque chose), Disfear transpire la graisse de moteur et le camboui dans une démonstration motorisée qui, à coups sûr, laissera des traces de gomme sur la chaussée.
Au quart de tour, la machine rugit, fait des burns puis s'emballe. Disfear nous entraîne dans une opération de déboisement des forêts scandinaves. Pas d'ambition autre ici que de résonner de manière brute et brutale. Live the Storm suinte de fièvre, déclenche spasmes à la pelle par ses grosses ficelles, presque aussi importantes que le son de malade proposé par Kurt Ballou. Section rythmique fièrement mise en avant, cavalcades d-beat en chaîne, entrecoupées de soli rock n' roll volontairement désuets ("Fiery Father"), chant barbare de Tomas Lindberg, on reste donc dans le traditionnel, l'ancestral pour ne pas dire le canonique. Mais pas le cagneux. En effet, même si "Get it Off" nous fait entrer dans le bain de manière assez tranquille, la suite s'avère être d'un autre acabit et on se retrouve pris dans un tourbillon de riffs aussi destructeurs les uns que les autres. Même avec quasi vingt années dans les pattes, Disfear démontre qu'il en a encore dans la musette, nous maintenant avec autorité la tête sous l'eau - l'enchaînement "Deadweight"/"The Cage" vaut à lui seul le pom pom - et ne nous permettant que de manière sporadique de reprendre souffle ("Phantom", "The Furnace"), histoire de parvenir au bout de la galette sans trop de casse.

Solide, enthousiaste, puissant, Live the Storm constitue le meilleur moyen pour commencer l'année sous les meilleurs auspices, de repousser pendant un temps la morosité conjoncturelle. On pensait avoir perdu avec Skitsystem un des plus beaux fleurons du kang suédois, on retrouve en Disfear un candidat surmotivé et surinspiré. Favori.

Sur MS : "The Cage", "Get it Off".

A écouter : Deadweight, The Cage, Testament.

Split w/ Doomriders ( 2008 )

Simple hasard sûrement, mais impossible de ne pas penser à Thin Lizzy tant l'ombre plane sur ce split enregistré à l'occasion de la dernière tournée européenne des deux groupes. D'un côté c'est normal pour Doomriders qui, avec Black Thunder sorti il y a quatre ans, donnait déjà un sacré avant-goût de son penchant pour les vieilleries de la NWOBHM. On aurait aimé que Newton et sa bande mettent plus de coeur à composer qu'à écouler leur stock de t-shirts, "Crooked Path" étant la première et l'unique nouveauté que nous sortent les bostoniens depuis des lustres - quand je dis nouveauté, je les soupçonne même de nous avoir balancé une chute des sessions de Black Thunder. Qu'importe, on va pas faire la fine bouche d'autant plus que ce morceau, finalement, fonctionne assez bien avec sa rythmique stoner/bluesy et ses mélodies de guitare doublées assez évocatrices d'une matinée pluvieuse sur les quais de Dublin.
Quasi meme cas de figure pour Disfear qui, après nous avoir ébranlé cette année avec un Live the Storm hautement dosé en testostérone, nous pond un titre plus léger, moins dans la tradition kang dans laquelle le groupe avait l'habitude de sévir. La masse crasseuse est toujours présente derrière des barbes, certes toujours épaisses, mais pour l'occasion arrosées d'un patchouli mélodique évoquant davantage la nostalgie que les virées motorisées. Un bon petit seven dans l'ensemble même si, avec seulement deux titres, les deux formations ne risquaient pas de se fouler un os.

 

Tracklist : 1. Disfear : "Fear and Trembling"; 2. Doomriders : "Crooked Path".
  

A écouter : En pensant Phil Lynott