Biographie

Disappearer

Disappearer est né à Boston sur les ruines fumantes de There Were Wires. Phoenix à 3 têtes, Disappearer est composé du guitariste Thomas Moses, du bassiste Jebb Riley et du batteur Ryan Begley. Affilié à la scène hardcore de la ville, récemment mise en valeur par des groupes comme Have Heart ou Defeater, le combo enregistre un premier EP éponyme en 2006.

Développant une musique transgenre, à la frontière du hardcore et du post-hardcore dans ce qu'il a de plus brut et tortueux, ils profitent de leur rencontre avec Kurt Ballou (Converge) pour sortir un premier long, The Clearing, en 2009 et partent en tournée dans la foulée, croisant la route de groupes comme Crippled Black Phoenix ou Cave In.

Chronique

14.5 / 20
1 commentaire (16/20).

The Clearing ( 2009 )

Depuis quelques années, Boston se veut le vivier d'une scène hardcore fertile qu'on s'est toujours appliqué à mettre en lumière dans nos pages, tant la fougue et les efforts déployés par nombre de groupes, Have Heart et Defeater en tête, remplissaient toute leurs promesses en termes de qualité. Disappearer ne va clairement pas faire démentir la réputation de ses aînés avec son premier LP.

Qu'on se le dise, à peine le premier riff lâché, le combo pose ses couilles sur table et va clairement laisser quelques tâches coriaces sur les meubles. L'approche est vilaine, sans compromis. "A Skull Full of Bats". La basse rape, la batterie retombe lourdement, la guitare tranche. Au-dessus, la voix rugueuse se pose salement, qui apporte un aspect raw pas dégueulasse à une production faussement bien mal léchée. Remember "Cowardice", la magnifique piste finale en clôture du Travels de Defeater? On y est, ici, sur près de 50 minutes, en plus carnassier. L'enchainement des premières pistes, "A Skull Full of Bats" / "Dissolve" / "Villainous Moon" laisse peu de place au répit. Pas le temps, pas besoin. La batterie, sauvage, respire la tension. Du désespoir sans issue de leurs compères, on passe ici à la charge dans les brancards dans une même démarche d'épuisement et de perte.

Perte de contrôle, perte de repères. Ce que The Clearing perd en facilité d'apprivoisement, il le gagne en complexité et en richesse d'écoute. La démarche peut s'assimiler à celle d'Across Tundras dont les membres ont également fait leurs premières armes dans des groupes hardcore et qui avaient accouché d'un Dark Songs of The Prairie sacrément accrocheur. Il en résulte une rage qui s'exprime de manière tortueuse mêlant, au-dessous d'un riffing efficace et parfaitement ciselé, quelques lumières de mélodies timidement esquissées. Le ventre dur de l'album est d'ailleurs instrumental, laissant pour le coup la musique faire son sale travail et enchaîner les moments de bravoure : "Obsidian" et son intro presque tribale, tambours de guerre en marche dans ce qu'ils ont de plus martial, le hardcore hargneux de "Vein Harvest" ou les lignes de gratte hypnotiques de "Nine Hearts".

En 45 minutes sans temps morts (plus une dernière piste acoustique en demi-teinte), le trio rushe, tête baissée, lance pointée vers l'avant. L'empreinte de Kurt Ballou (Converge, Torche) se fait définitivement sentir dans les moments les plus acerbes ("Nausea"), sa production donnant une réelle profondeur à l'ensemble. Disappearer peut défier la tête haute les cadors du genre. Voire leur cracher dessus.

A écouter : sinon je te mords.
Disappearer

Style : Hardcore / Post-Hardcore
Tags : -
Origine : USA
Site Officiel : disappearermusic.blogspot.com
Site Officiel : http://www.myspace.com/disappearerus
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