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Biographie

Devil Sold His Soul

Devil Sold His Soul (connu aussi sous le nom de DSHS) s'est formé en 2004 en Angleterre. Après un Ep Darkness Prevails en 2005, le groupe se fait rapidement connaitre grâce à l'album A Fragile Hope, sorti en 2007. Début 2009, Devil Sold His Soul revient avec un split sur lequel le groupe cotoie Tortuga. Après une série de dates en Europe, le combo laisse filtrer petit à petit les titres de son prochain opus, Blessed & Cursed. Celui-ci déboule mi-juillet 2010.

15.5 / 20
7 commentaires (16.21/20).
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Empire Of Light ( 2012 )

A Fragile Hope était un cri de douleur d'une âme brisée. Blessed&Cursed se voulait plus apaisé, la vie reprenant le dessus malgré la profonde blessure. Ce nouvel album suit cette voie/voix et emprunte le chemin de l'Empire de la Lumière, comme un pèlerinage salvateur... La plaie n'est plus ou presque...

Tout débute sur un No Remorse, No Regrets qui n'est pas sans rappeler un certain Callous Heart (le sample d'intro, la lourdeur...), il faut attendre le deuxième morceau, A New Legacy, pour comprendre que Devil Sold His Soul n'offre pas un facile Blessed & Cursed bis. En effet, le groupe rompt avec ses habitudes et articule ce titre autour de la voix claire d'Ed. Cette envie, déjà présente sur quelques anciens titres (A Foreboding Sky pour ne citer que le plus parlant), est, ici, pleinement affirmée. 

Et la suite suit cette volonté avec un The Waves & The Seas qui entreprend la difficile tâche de continuer là où An Ocean Of Light s'était arrêtée ; la douce It Rains Down et sa lente progression ou l'interlude électro qu'est Salvation Lies Whitin (qui n'est pas sans rappeler Anatomy Of The Bear, side projet de Ed). Mais, le point culminant de cette nouvelle orientation artistique n'est réellement atteint que lorsque les premières notes de The Verge se font entendre. Cette piste est la plus surprenante de l'album où voix claire et notes de piano se mêlent en une lumineuse mélancolie pour finir sur des chœurs du plus bel effet.

Light. 
Show Me The Way.

Cependant, les anglais n'oublient pas pour autant d'où ils viennent. La très punkisante VIII et l'hargneuse Time & Pressure sont là pour rappeler que Devil Sold His Soul sait encore se faire véloce quand il le décide, plomber l'ambiance (l’hypnotique final de Sorrow Plagues) ou la jouer totalement qu'écrasant et pachydermique (Crusader). Le tout se conclue sur un End Of Days qui n'est ni plus ni moins la synthèse parfaite ce que les anglais proposent depuis Blessed & Cursed, où envolées Post-Rock et Postcore s'unissent dans un écrin Metalcore.

A l'image de la pochette, ce Empire Of Light oscille entre mer déchaînée couverte d'un ciel noir zébré d'éclairs et eaux calmes où la lumière perce et chasse les nuages pour briller de mille feux. Devil Sold His Soul s'illumine d'albums en albums et se renouvelle juste ce qu'il faut pour proposer une musique fédératrice, mais reconnaissable entre mille. A l'heure actuelle, Ed a quitté le groupe pour des raisons personnelles, il est remplacé par Paul Green (The Arusha Accord). Un nouveau single a filtré sur le net depuis, intitulé Time, celui-ci laisse présager un avenir encore plus radieux pour la formation. Le rendez-vous est pris.

A écouter : It Rain Down, The Wave & The Sea, The Verge, Crusader
16 / 20
17 commentaires (16.71/20).
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Blessed & Cursed ( 2010 )

On peut être béni et maudit. Devil Sold His Soul le prouve au gré de 62 minutes de tension et de passion. Blessed & Cursed. L'envol vers un ciel radieux et le plongeon, la tête dans la crasse et les sentiments humains. "L’homme a besoin de ce qu’il y a de pire en lui s’il veut parvenir à ce qu’il a de meilleur." expliquait Nietzche. Le combo a suivi ce précepte à la lettre et pioché dans ses relents nauséeux sur A Fragile Hope pour arriver à pondre un second disque aussi lumineux. Pourtant, qui pouvait s'attendre à une telle prise de conscience, un changement de point de vue, tout en gardant une musique aussi radicale ?

La direction artistique prise par le combo ne plaira pas à tout le monde : le chemin emprunté est plus étincelant, rayonnant, surtout du fait de la montée en puissance du chant clair. Blessed. On frôle la litanie sur A Foreboding Sky, avec son piano et son chant céleste qui ne peuvent sortir que d'un esprit fatigué, mais heureux. Les mélodies qui en ressortent ne sont plus uniquement des larmes de chagrin, mais arrivent à être positives, sentiment qui brillait par son absence sur le premier opus.
Malgré tout, la rupture avec A Fragile Hope n'est pas une cassure nette : Devil Sold His Soul n'abandonne pas ses premiers amours au détour d'un chemin vers le ciel. Cursed. Quelques titres crachent encore leurs tripes, même si la haine et le désespoir ont tendance à s'effacer : The Disappointment ou encore Crane Lake (titre issu du split avec Tortuga) font leur effet, à grand renfort d'une base rythmique lourde et abrasive. Le sextet n'est pas complètement apaisé et une rage, légèrement amoindrie, tente encore de prendre le contrôle.
Cette mixité donne un album équilibré, jamais parqué d'un coté de la barrière mais bien avec 2 facettes qui fusionnent sans écueils. Devil Sold His Soul façonne, détruit, imagine et piétine chaque compo comme si c'était la dernière, l'ultime, celle dont les variations résonneront sans cesse dans les couloirs de leurs appartements hantés. Les musiciens tiennent le choc, endurent chaque changement d'ambiance, se poussent à l'extrême sur Truth Has Come, sourient sans retenue sur An Ocean of Lights. A tel point que l'on peut se demander s'ils tiendront le choc durant leurs prestations scéniques tant la rupture entre les ambiances se fait parfois sentir.
Et histoire de peaufiner le tout, Devil Sold His Soul s'adjoint les services de Andrew Neufeld (Comeback Kid) et Perry Bryan (Rinoa, dont le premier album s'assimile à la même scène). Du beau monde, qui apporte sa patte à ce Blessed & Cursed qui causera tant d'émois...

Pourtant, peut-on clairement affirmer que Blessed & Cursed est meilleur de A Fragile Hope ? A la manière d'Achille et de Hector, chacun est la Némésis de l'autre, d'un côté un album plus lumineux qui pourra déplaire par son chant clair mis en avant et de l'autre un disque sombre, raclant les déchets humains traînant ça et là. Aucun ne ressortira vainqueur, chacun aura sa préférence, mais Blessed & Cursed risque d'apparaitre dans les têtes de liste de l'année, surtout si Devil Sold His Soul arrive à concrétiser l'ensemble en live...

A écouter : Truth As Come - An Ocean Of Lights - The Weight Of Faith
16 / 20
1 commentaire (14/20).
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Split avec Tortuga ( 2009 )

L'ombre et la lumière se côtoient sur ce disque. Sans jamais se voir, les deux artistes apposent leur marque sur chaque face, l'un avec une délicatesse douloureuse, l'autre avec une poussée d'adrénaline dévastatrice. Devil Sold His Soul et Tortuga, deux formations récentes ayant marqué par un premier album très intéressant. Deux visions de la musique différente...

Devil Sold His Soul se lance dans un postcore planant, bien plus lumineux que sur A Fragile Hope. Même si le chant, toujours désespéré lorsqu'il est hurlé, possède toujours cette touche de mélancolie, les instruments forment une nappe presque nébuleuse. L'équilibre se fait là, avec d'un côté des musiciens portant leurs notes sous un éclat de soleil, et de l'autre un frontman oscillant entre plusieurs timbres volontairement sans espoir.
"La musique est une amplification de la vie sensible. La poésie, par contre, est une façon de maîtriser, de sublimer." disait Kafka. Devil Sold His Soul allie musique et poésie sur Crane Lake dans un tourbillon de notes. Moins intense que A Fragile Hope, Devil Sold His Soul montre une autre facette, tout aussi séductrice, de sa musique. Crane Lake se clôture discrètement, avec son tempo langoureux, les cordes flirtant avec le voile du clavier. En un seul morceau, Devil Sold His Soul aura réussi à faire frémir.

Pour Tortuga, il est autre chose. La rupture est nette et franche, les hardcoreux empruntant à Cursed, Converge, .... sur ces deux compos. Musique étouffée, hargneuse sans être abrasive, les deux titres de Tortuga sont très facilement assimilable à toute la vague Hardcore Punk de ces derniers temps. Ceux ayant pu jeter une oreille sur November Coming Fire ne seront pas dépaysés puisqu'ici l'un n'est que le prolongement de l'autre. The Tomb Of John Wortley et Dance Like No One's Watching ne font pas dans la dentelle, ne reniant pas plusieurs ressemblances avec Trap Them, Trash Talk,... , avec une prod se rapprochant du One de Cursed. Les deux titres, déjà présents sur Kings Of Albany, y gagnent en puissance. Pourtant, une douce déception se laisse entendre : Tortuga ne propose ici qu'un Hardcore Punk rentre-dedans, oubliant ses escapades plus posées de Kings Of Albany (This Lonely Sailor).

Scotché sur une face, envouté sur l'autre. Ce split n'a comme défaut que d'être ce qu'il est : un trop bref instant de musique. Il laisse sur sa faim en attendant les prochaines cargaisons de Devil Sold His Soul et Tortuga, mais fait déjà rêver d'elles. On peut finalement le caractériser en un seul mot : Passion.

"Our last words won’t celebrate the end of this jealous town, I know I won’t come back and you can’t hold back the tears as you know that you have every reason to live"

A écouter : Les 3 titres
15 / 20
13 commentaires (17.46/20).
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A Fragile Hope ( 2007 )

Véritable phénomène de mode, les anglais de Devil Sold His Soul livrent leur premier album 3 ans après la formation du groupe. Sous un nom laissant présager le pire se cache un disque flirtant avec la scène postcore, sans pour autant s’y intégrer. A l’image de l’artwork, les 11 titres qui composent cet album annoncent un voyage mouvementé…

Petite intro d’une basse sourde, soulignée de quelques arpèges lumineux, puis Ed (chant) vomit ses paroles d’une voix éraillée, aussi tranchante que la lame d’un rasoir, faisant penser à la voix de Dan Weyandt sur le dernier album de Zao. Les paroles désespérées, sont axées sur la mort d’une relation, le souhait d’un départ, telles une fuite de la femme couchée sur la pochette… Tout au long des 10 chansons apparaissent des passages d’une voix claire, lueur d’espoir du chant torturé et attaqué à l’acide.
Ce chant écorché est soutenu par une partie rythmique lente sur la quasi-totalité du disque (exception faite de Hope), qui se veut lourde, puissante, plaquant l’auditeur au sol et le rouant de coups, à l’instar des premiers Cult Of Luna. Les guitares sont un mur menaçant, mortel, parfois séducteur. Malgré un jeu relativement simple, les émotions arrivent à se transmettre, transpirant des instruments. Certains riffs peuvent faire penser à un Deftones plus noir comme sur Sirens Chant et ses ressemblances avec Hexagram.
La pseudo-ballade  Between Two Worlds offre à DSHS le temps de souffler, d’offrir une face plus joyeuse du groupe. Cependant, la trop grande présence du chant clair, typé emocore, a vite tendance à fatiguer de par sa monotonie et sa trop grande banalité.

Certains passages se veulent apocalyptiques, frôlant la saturation sonore. La fin de Coroner, mêlant une batterie lente, alternant avec les guitares menaçant de s’effondrer sous les cris répétés « Decide your debt for this, this is our last hope » est le point culminant du disque. Cependant, l’album se termine ensuite sur Hope, comme si le groupe, ayant rejeté toute sa hargne, retrouvait la lumière et renaissait. Les quelques notes de piano qui concluent ce brûlot de désespoir se veulent presque aériennes, expiatrices.

Au final, le groupe livre un album intéressant, croisement de fureur et de hargne. Le titre sied parfaitement au disque, on ressort de cet album usé, meurtri, et l’espoir fragile qui nous maintient nous fait attendre avec impatience la prochaine écoute…

A écouter : Coroner - Sirens Chant