Biographie

Destine

Issus de différentes formations punk-rock hollandais, les 5 membres de Destine se sont formés autour du projet, d’abord solo, de Robin Van Loenen (il compose l’ensemble des parties musicales de chaque morceau) orienté émopop-rock. Dès lors, réuni en formation, capable d’exécuter des vrais compositions rock, Destine a mis sur pied l’écriture d’un premier EP durant l’année 2006, A Dozen Dreams, avec là encore le polyvalent Van Loenen aux manettes. Désireux de partager plutôt que de vendre à tout prix, le groupe a pris la décision de mettre ce EP en libre téléchargement sur leur site : www.destine.nl. Fait rare et illustrant l'état d'esprit du jeune combo. Les tournées désormais en ligne de mire, le quintet s’apprête à explorer les salles de tout l’Europe. La destinée est en marche.

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2 commentaires (16/20).
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In Your Arms ( 2009 )

Destine avait fait sensation avec son EP A Dozen Dreams, sorti de manière confidentiel et à quelques exemplaires. La conséquence de cette réussite ne tarda pas à se faire sentir et le groupe fut contacté par Sony. In Your Arms est le fruit de cette première collaboration. Passage au crible.

Il faut le dire d’emblée. Par sa fragilité, son côté emo smooth très prononcé, ses rythmiques tendres, Destine n’a jamais eu vocation à marcher sur les plates-bandes du Hardcore ou du Punk. Destine est emo-pop. Oui. Comme un pile ou face. A Dozen Dreams était plus emo que pop. In Your Arms est l’inverse. Et la première écoute entraine de facto une inévitable moue dubitative. Car le titre d’entrée éponyme a des allures de track qualibrée fm. Il faut se rendre à l’évidence. In Your Arms est bien plus passe-partout que A Dozen Dreams. Il lorgne du côté des profanes, ceux qui ne parcourent pas les blogs ou les distro pour trouver des EP emo 90’s way sortis à 100 exemplaires, ceux pour qui la radio suffit et guide. Changement de cap notable donc, mais pas de perte d’efficacité, car rapidement, malgré la pointe déception, le "whoaaa" du premier titre fait écho, le refrain de "Forget About Me" se grave dans l’oreille interne et "Burn" ou "Wake Me" rappellent les capacités plus emo intimiste qui nous avaient tant plu lors de la première sortie du groupe. Et malgré la réserve intellectuelle qu’on peut porter à ce 4 titres, l’écoute finit par se répéter et l’appréciation grandit au fil du temps.

Les réfractaires à la pop doucereuse, matinée de mid-tempo, de chœurs rainbows, de voix doublée et de guitares mélodiques crieront vade retro satanas. Cela ne ternit en rien la vertu de cet EP, bourré de musiques précieuses, attrayantes et diablement catchy, auquel on finit par s’attacher irrémédiablement et ce, sans se lasser le moins du monde. Destine désire désormais toucher un plus grand public ? Ainsi soit-il ; après tout, "pop" vient de populaire.

En écoute sur myspace.

A écouter : "Forget About Me", "Burn"
16 / 20
1 commentaire (17/20).
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A Dozen Dreams ( 2007 )

Le cœur morcelé de milles maux, Destine chante pour éviter le désenchantement. L’armée de rêves au bout des compositions, la fragilité matérialisée sur une partition ; entre les mots… et l’emo.

En provenance d’une scène hollandaise généralement prolifique en punk rock ou hardcore, Destine se présente, à contre courant, comme un simple groupe de powerpop à coloration musicale nord américaine (quelque part entre Watashi Wa, Waking Ashland et Junction 18). Rythmes en apparence passe-partout, tempo contrôlé, son ondulé ; A Dozen Dreams fait la part belle aux mélodies entêtantes sans se donner de grands airs. Visiblement désireux de toucher juste, Destine concentre son effort en 5 titres et laisse les hésitations au vestiaire pour se muer au fil des écoutes en cupidon musical. "Last Scene Of A Plane Crash", en première flèche décochée, touche en plein cœur, répand son parfum et laisse en bouche un refrain et un chant dont on ne se lasse pas. Addictif.

Ayant certainement laissé de côté le qualificatif d’emo du fait de sa mauvaise presse et de ses contresens propagés par les profanes, Destine se révèle bien en réalité dans la tradition la plus noble du mouvement, version 2e vague. Nourri par les délices vocales d’un Robin (très proche de celui de de Dan d'Inspection 12), clef de voûte de l’édifice, Destine laisse aller sa nature sensible, sans fards ni retenues, et donne à entendre une poignée de morceaux puisés dans la plus intime de ses sources ("War Has Been Won"). Avec éclats, A Dozen Dreams fait donc pleurer les soleils et modifie le décor au gré de ses sentiments. Tablatures inondées de notes fines et perlées ("Novel Writer"), colonnes de guitares en contre temps, placée par à-coups sur la ligne plissée de la batterie, filet de chœurs prolongés, refrains scintillants, tintements de xylophone ("The Disappointment"), le groupe hollandais livre un récital poétique et lumineux, à l’épilogue déchirant, balayé par l’océan du temps. Ennivrant.

Héritiers des belles années de The Get Up Kids ou Brandtson, Destine a pris le risque de reprendre un flambeau qui semblait proche de l’extinction et qui exigeait un vrai talent de composition pour le ressusciter, ainsi qu’un sens aigu de l’emo(tivité) pour parvenir à émouvoir sans sombrer dans le larmoyant. Adressé aux amateurs du genre, plus qu’à un large public au final, ce A Dozen Dreams se révèle ni plus ni moins comme une des meilleurs sorties emo européennes de l’année. A noter qu’en plus de ses dons musicaux, Destine ne néglige pas l’esprit éthique et collectif de son art, avec la mise à disposition gratuite en téléchargement de cet EP sur son site. Résolument classe

En écoute sur son myspace ou en libre téléchargement sur son site.

A écouter : pour connatre l'addiction.
Destine

Style : Emo / Power Pop
Tags : -
Origine : Pays-Bas
Site Officiel : destine.nl
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