Découverte
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Biographie

Deschamps

Deschamps est un duo formé à Marseille en 2006. Explorant les paysages Krautrock et Space-Rock, les français se sont déjà produits en première partie de Hrsta, A Silver Mt. Zion, Why?, ...Courant 2011, le combo sort un EP composé de remixes de Nation All DustOdd NosdamAndromakers et Angelax AuxFake Can't Be Just As Good.

15.5 / 20
4 commentaires (12.13/20).
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Chérie je panique ( 2012 )

Cherie Je Panique. Un nom tout aussi énigmatique que Moonfake ou Mouvements dans l'Espace. Pourtant, il n'est point question de voyages intersidéraux mais d'un sentiment d'incertitude inquiétante qui croît petit à petit.
Parce que Cherie, Je Panique se résume en 2 temps : "Autre / Alloallo" et le reste. D'un coté une ambiance angoissante ou la boucle se fait oppressante, de l'autre le retour de sensations plus nébuleuses et minimalistes. "Sun La", "Pitch", ou "Pink Ponk", on oscille pour se retrouver devant une succession de notes envoutantes qui s'enchainent sans but apparent ("Pitch", dernier titre qui en 14 minutes retourne littéralement les sens).

S'il n'y avait que les 5 derniers titres, on aurait facilement pu rester sur sa faim par rapport au reste de la discographie. Toutefois, les 2 premiers collent une gifle poisseuse, notamment en alliant les sons du combo et les images de Zulawski. Gémissements, souffrance, … ne font que ressurgir les quelques angoisses qui pouvaient trainer. Et c'est sans doute là le but ultime de Deschamps : user et abuser d'images pour en sublimer les notes.
Le reste, malgré toutes ces qualités, fait pâle figure en quelques minutes. Non pas que les Français manquent d'imagination ou tombent dans une quelconque routine, bien au contraire, mais tout simplement que l'envie de planer a disparu. Ne reste que celle de se rouler en boule et s'angoisser d'un rien.

Chérie Je Panique est mené de main de maitre grâce à un titre : "alloallo". Entre le clip, captivant jusqu'à la dernière seconde, et ces quelques mots répétés en boucle, Deschamps se sublime.
Je le dis, j'insiste et je n'en démords pas : ce combo mérite qu'on y jette encore plus une oreille s'il continue sur cette lancée.

A écouter : Alloallo

Fake Can't Be Just As Good ( 2011 )

Alors que les effluves de Moonfake restent encore dans certains esprits, Deschamps s'offre le luxe une compilation de remixes Fake Can't Be Just As Good. Au menu, des réinterprétations de Nation All DustOdd NosdamAndromakers et Angelax Aux.
Avec ses rythmiques entre trip hop et electro, Deschamps ne failli pas à sa mission : On retrouve ces sonorités hypnotisantes (The Kill Tone 2) et cette progression lente et glissante mêlée à quelques éléments plus dissonants (les voix de Electricity ou We The Space) mais se mêlant sans difficulté au reste du EP. Il est bien difficile de décrire les sensations que peut causer ce disque, mais chaque écoute se fait pourtant avec un sentiment de repos, que ce soit grâce à quelques minutes au chant délicat (Electricity, assimilable à du Cocorosie ou à un lointain cousin de Frou Frou) ou à une boucle de notes / mots (We The Space) enveloppés dans une couverture d'apaisement. Alors que l'on pourrait s'attendre à une mise en exergue d'une quelconque technicité, Deschamps semble plutôt, peut être même plus que sur Moonfake, laisser couler ses sentiments entre chaque titre.

S'il ne devait en rester qu'un, je retiendrais sans difficulté le remix de Come On Softly, véritable morceau empreint de poésie, de douceur et d'une douce mélancolie dans ses débuts pour devenir une explosion bruitiste sur sa seconde moitié. On aurait peut-être aimé une durée un peu plus longue pour la partie posée, mais cela ne gâche en rien la qualité du titre.

Avec Fake Can't Be Just As Good, Deschamps réalise un presque sans-faute. Le combo sort 4 titres travaillés, si homogènes mais pourtant terriblement différents. On flotte dans un univers empli de nuages mélancoliques, apaisé et bercé par les mélodies.

A écouter : Come On Softly
16 / 20
1 commentaire (20/20).

Moonfake ( 2009 )

Duo Marseillais, Deschamps se livre à une nouvelle expérience musicale sur leur second Ep Moonfake (de 52 minutes !). Deschamps remet le couvert pour un space rock éthéré. Derrière les sons produits par les deux comparses se cache bel et bien un ciel étoilé. Tout démarre sur Theme From Moonfake, voyage spatial où la progression se fait au ralenti, comme en apesanteur. Car il faut bien l'avouer, sur ce premier morceau, il se passe très peu de choses, et pourtant énormément, mais l'évolution se fait au fur et à mesure de l'immersion, malheureusement trop vite écourtée.
Cette approche de la musique, basée sur un sensation d'enveloppe duveteuse, se retrouve et s'amplifie au fur et à mesure des écoutes : d'abord par la première moitié de Cold, emplie de brouillard, puis Folk ! très nuageux, ou encore Harmonpiano aux allures enfantines. Moins homogènes, regorgeant de milles sons au moindre mouvement, on retrouve Sacklunch, Depakine ou le crissant Heywedontgiveafuck. Comme une galaxie à visiter, chaque morceau se met en place autour de quelques sons pour littéralement prendre de l'ampleur et briller de mille feux. L'explosion finale arrive bel et bien sur Heywedontgiveafuck, martyrisé, implosant sur près de 2 minutes 30, capturant les tympans pour n'en laisser qu'une carcasse vide...

Quel reproche pourra-t-on faire à Deschamps sur Moonfake ? Sans doute que les 52 minutes s'écoulent trop vite tant on se sent vite happé par les sons. Ou encore peut être des transitions entre les morceaux parfois trop abruptes. Mais pourtant, malgré ces petits défauts, Moonfake prend juste son envol avec classe.

Alors oui, les amateurs de gros son électro qui tâche seront déçus, mais la démarche ici n'est pas la même. Deschamps rêve. Hypnotique, Moonfake est plus une expérience sonore qu'un simple disque. Space Rock, Electro, Deschamps voyage entre les sons pour livrer 7 titres célestes. Laissez vous séduire, fermez les yeux, prenez une inspiration et laissez vous porter...

Album en libre téléchargement sur le myspace.

A écouter : Yes !