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Biographie

Denali

  C'est en avril 2000 dans la ville de Richmond, Virginie, que débute l'histoire de Denali. Maura Davis (guitare/chant/claviers) se met à composer quelques chansons et s'empresse de les faire écouter à son frère Keeley (basse/claviers). L'enthousiasme de ce dernier pour les travaux de sa soeur le conduit à rameuter Jonathan Fuller (batterie), ainsi que Cam Di Nuzio qui est un jeune guitariste local. Ils choisissent le nom indien de Denali, en référence à la plus haute montagne des Rocheuses américaines. C'est en 2001 que le groupe réunit ses compositions au sein d'un premier album éponyme produit par Alan Weaterhead et Marc Linkous, plus connus pour leur collaboration avec le groupe Sparklehorse.
  The Instinct sort quant à lui en 2003 sur Jade Tree Records, et bénéficie d'un soutien inattendu. En effet, Chino Moreno (Deftones) étant conquit par la bande de Maura Davis, ce dernier va purement et simplement embarquer le quatuor sur la tournée américaine destinée à promouvoir leur dernier album en date. Le succès aidant, Denali fait l'objet de toutes les convoitises quant à sa distribution européenne. C'est finalement le label bordelais Vicious Circle qui est choisi par le groupe, ce qui aboutit à la sortie française de The Instinct en janvier 2004.
  Mais Denali connait une fin précoce au printemps 2004 avec l'annonce du split  du groupe pour divergeances artistiques. Keeley va alors se concentrer sur son groupe originel qu'est Engine Down. Maura Davis quant à elle n'a pas comblé son insatiable besoin de composer pour autant, et va recruter des musiciens issus de Chicago afin de former Bella Lea, renommé Ambulette. C'est à titre posthume que le groupe nous gratifie d'un ultime DVD, Pinnacle, qui verra le jour au cours de l'année 2006.

14 / 20
1 commentaire (14/20).

Pinnacle ( 2006 )

Flashback : Août 2003 voit la parution du second, et dernier opus, de Denali, The Instinct. A peine un mois plus tard, Jonathan Fuller et le frère Davis annoncent leur départ du groupe, pour se concentrer davantage sur Engine Down. On voit où cela les a menés. Les deux membres furent alors remplacés pour la tournée par Stephen Howard (Pinebender) et Ryan Rapsys (Euphone) ; recrutement qui conduira à la création d'une nouvelle formation en avril 2004, Bella Lea, qui deviendra Ambulette. A noter d’ailleurs qu’un premier EP vient de voir le jour : The Lottery. Quelques semaines auparavant, Lovitt clôturait la carrière de Denali, en livrant ce DVD posthume qu’est Pinnacle.

Packaging pour le moins sommaire, dépourvu de livret, le label n’y aura pas réellement mis les formes. Mieux vaut pour le coup se concentrer sur le contenu que le contenant. French Mistake en fond sonore, apparition d’un patchwork de photographies, suivie d’une seule photo du groupe, elle-même jonchée de quatre menus qui finissent d'introduire le tout : Pictures, Live, Videos, Extras. Comme promis, une bonne heure et demie de visionnage en perspective.

Côté statique, Pinnacle présente 5 galeries photos, une pour chacun des membres avec un morceau en arrière plan : Maura Davis (Prozac), Kelley Davis (Real Heat), Cam DiNunzio (Lose Me), Jonathan Fuller (You File) et le groupe au complet (Nullaby). Un slideshow de plus de 150 clichés, avec une Maura Davis à l’honneur.

Côté dynamique, les deux clips sont ceux de Hold Your Breath, et Relief. Rien d’immanquable donc puisque Jade Tree les propose en téléchargement. En revanche, le live de 45 minutes devrait en contenter plus d'uns.
Neuf titres filmés en 2003 dans différentes salles, chapitrés et couvrant de façon majoritaire The Instinct : Welcome, The Instinct, Hold Your Breath, Run Through, Normal Days, et Do Something qui achève le concert. Gunner, Everybody Knows, et Relief se veulent les porte-paroles de l’album éponyme. Chacun trouvera plus ou moins son compte dans cet tracklist', mais il est vrai qu’un concert plus long aurait été appréciable, ou ne serait-ce qu’un rappel, surtout qu’il y largement matière à. Quoiqu’il en soit, la magie opère instantanément, et de façon constante dès les premières notes de Welcome. Les effets de lumières bleutés, rosâtres, les flous artistiques opérés sur les shows du Club 5 (Washington) contribuent pleinement aux ambiances si chères à Denali. Le spectateur quant à lui se trouve immergé par les nombreuses caméras, et multiples points de vue utilisés, que ce soit pour admirer l’entrejambe de Fuller sur Hold Your Breath, ou les lèvres de la bella sur Welcome. Imaginez qui plus est un tête à tête avec la douce sur Run Through. Tout simplement inoubliable, et cela justifie à lui seul l’achat de ce DVD. Sur The Instinct, Rex M. Teese (réalisateur) juxtapose deux plans de deux concerts différents, et donc deux Maura.
Et même si au final, le set est donc un peu court, Pinnacle poursuit cette incursion live avec ses extras. The Instinct, en version complète, mais pourvue de deux autres angles, et Normal Days concentrée, dans son intégralité, sur le fameux entrejambe. Enfin, outre la partie promo’ des deux volumes de la série Lovitt Transmission, dévoilant tout le catalogue du label en live, Pinnacle suit ses auteurs sur les routes en septembre 2003, et lors de la tournée de novembre 2003 avec Deftones et Poison the Well. Au programme, et ce durant 8 minutes : rocheuses, chiens, chats, shooting photos, concerts, post prod’ de Hold Your Breath, Chino, skate, loges, douche…mais pas ce à quoi vous pensez.

Un DVD quasi-complet artistiquement parlant et qui jouit de transitions, fondus, et nombreuses prises de vue rendant le tout dynamique, ou atmosphérique. Malgré tout celui-ci souffre de quelques problèmes techniques. Le plus flagrant concerne ces artefacts apparents, peu importe ce qui est visionné, lors de la lecture du DVD sur un PC ; une pixélisation gênante sur les photos, et sur les plans généraux lorsque le contraste se veut fort entre la scène et les musiciens. On notera qui plus est, l'absence de titrages, et quelques zooms/dézooms intempestifs sur Maura...mais ça se comprend. Quant à Mlle Davis justement, son interprétation est quelque peu bousculée sur les morceaux rythmées, mise en difficulté par ses compères, et la balance. Aspect que l’on ne retrouve pas lors de leur prestation au Club 5, et qui dépareille avec celles des autres salles (Black Cat, Alley Katz, etc.). Dommage donc que l’on ait pas eu un set complet filmé dans cette salle.

Avec Pinnacle, Denali signe son troisième 'incontournable', qui reçoit donc les éloges d’un troisième chroniqueur. Un signe à prendre en compte, véritable coup du chapeau, et qui devrait inciter quiconque à se pencher définitivement sur ce groupe, devenu pour ainsi dire culte en l’espace de deux albums.

A écouter : et voir.
16 / 20
2 commentaires (16/20).
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The Instinct ( 2003 )

  Sous l'énigmatique nom indien de Denali se cache un véritable joyau en la personne de Maura Davis. Il faut toutefois rompre ici avec l'idée des groupes à chanteuses aux sens traditionnel et péjoratif du terme, même si le charisme de la jeune fille (23 ans à peine) est indéniable. Denali ne donne pas dans l'artifice, on est en effet plus près de PJ Harvey que de Gwen Stephani (No Doubt). Mais c'est surtout le contenu qui fait apparaître une différence cruciale, puisque Denali officie dans un registre rock fortement teinté de trip-hop. A l'image de ce regard pénétrant et froid que diffuse la pochette, "The Instinct" invite à l'exploration des aspects les plus aériens et profonds de la musique du groupe.
  Les premières notes du titre "Hold Your Breath" résonnent délicatement, et viennent alors confirmer le choix judicieux du titre. Il faut en effet retenir son souffle tant les guitares et la voix cristalline de Maura Davis sont en parfait accord. Si cette entrée en matière est plus que convaincante, "Surface" joue dans la surenchère. Les guitares sont hypnotiques, la rythmique soutenue, et le refrain asséné de manière très grave et solennelle. Un titre de toute beauté qui permet à l'évidence d'aborder "The Instinct" de manière sereine. Mais Denali ne compte pas pour autant se contenter de ses acquis, puisque "Run Through" flirte allègrement avec le trip-hop. On retrouve ici les ambiances si chères à Massive Attack à l'époque de Mezzanine, réappropriées pour l'occasion avec talent et délicatesse.
  La chanson titre "The Instinct" joue quant à elle dans un registre plus traditionnel, mais au combien efficace. L'ombre de PJ Harvey plane non loin de Denali, mais il est une fois de plus difficile de résister au chant poignant de Maura Davis, formant une parfaite symbiose avec les guitares distordues si élégamment distillées. C'est dans une démarche similaire que s'inscrit "Do Something". La voix est ici plus suave, accompagnée comme il se doit par un beat lourd emprunté à la vague des groupes de Bristol. Mais si l'on pense à Portishead durant la première moitié de titre, c'est pour mieux laisser place à une nouvelle salve émotionnelle digne de PJ Harvey.
  Denali digère donc au mieux ses influences pour en donner un résultat personnel et touchant, à l'image de "Real Heat" qui n'aurait pas dépareillé sur l'album "The Bends" de Radiohead. Mais Maura Davis parvient également à atteindre une dimension lyrique proche de Björk sur "Nullaby", en raison notamment des arrangements dépouillés et aériens nous propulsant inlassablement vers d'autres sphères. Si l'on peut s'attendre à une baisse de régime en fin d'album, c'est sans compter sur le titre "Normal Days". Les claviers sont ici savamment utilisés, à l'image de ce qu'a pu faire récemment Ghinzu. Ils s'avèrent être un  parfait support à la douceur et fragilité du chant, mais ce n'est rien en comparaison de l'intensité que procure le refrain. Les guitares sont nerveuses et urgentes à la manière d'un Johnny Greenwood de Radiohead, accompagnées par une puissance vocale maîtrisée et imparable. "Welcome" vient clôturer l'album de manière plus intimiste, Maura Davis ayant pour seul accompagnement une guitare frêle semblable à celle figurant sur les compositions du regretté Jeff Buckley.

 
  "The Instinct" est donc une véritable réussite, assemblant avec brio l'énergie rock, les ambiances trip-hop, et la pureté du chant. A la première écoute le résultat peut néanmoins paraître homogène, il faut donc prendre le temps de s'acclimater aux compositions du quatuor de Richmond pour profiter pleinement du contenu. De plus, si Denali parvient à digérer ses influences, elles restent toutefois palpables. Ceci est à mettre vraisemblablement sur le compte de la jeunesse de la charismatique chanteuse, mais cela n'entache en rien la qualité intrinsèque de l'album ultime du groupe. Il convient donc désormais de se tourner vers Bella Lea, qui permettra sans nul doute de consacrer le potentiel dont dispose sa délicieuse initiatrice.

Téléchargement : Hold Your Breath

A écouter : Hold Your Breath, Surface, Run Through, Normal Days
15 / 20
1 commentaire (20/20).
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Denali ( 2001 )

Classer Denali se révèle etre un travail ardu. Certes, le mot rock s'impose directement à notre esprit, mais il faut avouer que cet album éponyme se différencie aisément d'une scéne rock nous livrant clones sur clones.En effet, le groupe digére des influences pionniéres du genre sans jamais les plagier. Des artistes comme Pj harvey nous viennent directement à l'esprit à l'écoute de cette galette et pourtant l'assimiler rapidement reste grossier. Ce qui confère a Denali son originalité vient plutôt de la façon de pratiquer son propre rock.

En effet il se dégage une certaine classe de cet album éponyme. Il arrive à allier rock athmosphérique avec passages progressifs. A cet effet, les guitares s'entremêlent à un clavier qui pose des ambiances . Elles peuvent à la fois pousser la distortion ou monter dans des arpèges fins et mélodiques. On peut aussi remarquer la production agréable de ce premier album qui met en avant une basse opressante réellement nécessaire à la fois à la base rythmique mais aussi à un tout mélodique.French mistake en est d'entrée un exemple parfait, dans un pur esprit rock'n'roll.

Mais ce qui donne saveur au tout, qui permet d'éviter la comparaison facile avec Engine down est la voix de Maura Davis. Capable de toutes les prouesses technique: Voix feutrée style jazz-bar comme envolées lyriques très personnelles, Maura nous emporte dans un tourbillon d'émotions variées. Ainsi Lose me peut etre qualifiée de requiem tellement l'ambiance s'en dégageant est religieuse. Mais la rage peut aussi se faire sentir, sous jacente, tel un volcan prêt a l'éruption. Cette rage est en fait de l'émotion brute, calquée sur de la musique : Le break de You file nous permet de s'envoler progressivement au gré de sonorités aériennes et inquiétantes. L'album se termine sur un morceau purement intimiste, avec un son tres dépouillé: percussions ralenties et mises en arrière. Mais tel une peinture impressioniste, derrière cette simplicité se cache une montée en puissance qui s'exécute comme dans un morceau de post rock basique, entendez que la rythmique prend peu à peu de l'ampleur pour enfin éclater.

Ce self titled de Denali n'est surement pas révolutionnaire, mais ce qui le fait ressortir d'un paysage rock encombré, c'est sa grande classe : simplicité alliée a sincérité, mélange essentiel à tout déluge émotionnel. Malgré ce, de légers défauts sont visibles sur cet album qui ne présente pas de réel fil conducteur ce qui nouse laisse un petit peu déboussolé.Il oscille en effet toujours sans réellement choisir son coté. Pourtant ce défaut peut en régaler certains, voyant ici une sorte de jeu avec des limites, comme un electrocardiogramme jonglant entre vie et mort sans répit...

Voici un lien vers la d

A écouter : You file, Lose me, Time away
Denali

Style : Indie Rock
Tags :
Origine : USA
Site Officiel : denalimusic.com
Amateurs : 21 amateurs Facebook :