Découverte
Pochette s/t

logo Dehuman

Biographie

Dehuman

Dehuman débute en 2006 à Bruxelle en Belgique grâce à quatre adolescents passionnés de Death Metal. Andrea Vissol (Basse / Chant), Matthias Boulougouris (Guitare), Raphaël Sellekaerts (Guitare) et Thomas Libioulle (Batterie) enregistrent une première démo en 2007, influencé par Morbid Angel, SuffocationAtheist, Death et d'autres. Mais c'est véritablement avec l'arrivée du nouveau batteur en 2010, Laye Louhenapessy, que Dehuman prend un nouveau tournant et enregistre son premier album au Blackout Studio. Black Throne Of All Creation sort fin 2012 chez Kaotoxin Records. Le groupe a notamment tourné aux côtés de AgathoclesProstitute DisfigurementSevere TortureLeng Tch'e, Cattle Decapitation, Blood Red Throne, Arkangel et Hangman's Chair. La première réalisation des Belges rencontre un franc succès dans le milieu Underground et permet à Dehuman de se lancer dans plusieurs tournées au travers l'Europe. En 2015 ils reviennent avec sous le bras leur deuxième opus : Graveyard of Eden, qui montre une nette progression dans le style mais aussi dans la personnalité.

Graveyard Of Eden ( 2015 )

Lorsqu’en 2012 est paru le premier album de Dehuman, Black Throne Of All Creation, beaucoup de critiques se sont accordés pour dire que le Death / Thrash du jeune combo belge avait un beau potentiel. Ce premier effort souffrait néanmoins de quelques défauts comme un manque de cohérence et des influences parfois un peu trop vastes entrainant un manque d’identité. Trois années plus tard déboule Graveyard of Eden et autant le dire tout de suite, Dehuman est attendu au tournant.

Toujours ancré dans la veine Old School, ce nouvel album de Dehuman reprend le meilleur des bases posées par son prédécesseur avec un son franc et direct, une technique irréprochable et de nombreux changements de rythmes. On sent immédiatement que durant les trois années qui se sont écoulées les Belges ont travaillé et gagné en personnalité, ça tabasse sévèrement, l’attaque des riffs est ultra agressive et les vocaux de Andrea plus profond. Dehuman surprend par la qualité et diversité de ses compositions, ou plutôt confirme le potentiel entrevu en épatant l’auditoire par un subtil et déroutant mélange de Death Metal et de Thrash qui compose les 40 minutes de Graveyard of Eden
Crypts of Blood détonne par son départ canon et le solo qui l’accompagne avant que ne s’abatte une véritable furia de riffs rapides tous plus alambiqués les uns que les autres. Temple of Lust and Fire suivra plus ou moins le même schéma tout comme Ov Madness où un solo de guitare sublime ponctuera de la meilleure des façons un titre qui n’est pas si éloigné que ça de Morbid Angel par moment, notamment dans les parties vocales. Mais Dehuman ne se contente pas uniquement d’en mettre plein les oreilles avec une violence exacerbée, ils savent aussi ralentir le tempo quand il le faut et apporter une touche bien plus malsaine à leur musique. Sur Cerebro Veneficium et Invocation of Sublime Death l’atmosphère deviendra bien plus sale, pesante, avec des rythmes plus down-tempo, Andrea montrant une autre facette de ses vocaux avec un style quasi incantatoire. 

Aucun doute possible, ce Graveyard of Eden séduit par sa férocité, sa diversité et son côté Old School parfaitement maîtrisé par les jeunes belges, à tel point que Fenriz de Darkthrone dira que « Dehuman lui rappelle par certains aspects les premières productions de Pestilence » c’est dire si cet opus a de la gueule. 

Les espoirs fondés en Dehuman se sont concrétisés et matérialisés de fort belle manière. Graveyard of Eden est solide, bien mieux canalisé que Black Throne Of All Creation et dégage énormément de personnalité. Ce n’est pas s’avancer que de dire que nous n’avons pas fini d’entendre parler d’eux.   

L’album est en écoute intégrale sur le Bandcamp de Kaotoxin Records.

A écouter : Tout et très fort
13.5 / 20
0 commentaire
logo amazon

Black Throne Of All Creation ( 2012 )

l n'y a pas 12 000 façons pour faire du Death Metal. A peu de choses près, on pourrait la résumer ainsi : soit on fait dans le moderne, soit on fait dans l'old-school, ce à quoi pas mal de groupes sont en train de revenir actuellement. Dehuman, quant à eux, se classent plutôt dans cette dernière catégorie. Mais pas que.

Quand on voit le visuel de ce Black Throne Of All Creation (artwork, logo), on ne s'y étonne pas trop, à moins d'être complètement étranger au genre. Restait une pochette en noir et blanc dans le style comics gore US pour faire péter les scores sur l'échelle de la malignité. Donc Dehuman en est à son premier album qui paraît six ans après les balbutiements du groupe. C'est toujours mieux de prendre son temps pour bosser au maximum ses compos avant de sortir n'importe quoi. Et ça s'entend. Car Black Throne Of All Creation est avant tout un disque de passionné, de fervent défenseurs d'un genre désormais bien éloigné de ses racines fondatrice. Pensez plutôt ici à Morbid Angel, Death ou Asphyx qu'à toute une frange true-brootal et ultra-technique. Concernant ses deux derniers groupes ça se vérifie surtout dans le chant de Andrea, bassiste et chanteur du groupe dont le timbre vocal se trouve à mi-chemin crasseux entre celui de Chuck Schuldiner et celui de Martin Van Drunen. Qui dit old school, dit forcément du riffs grassouillet et une lourdeur appuyée comme sur Eyes Of A Thousand ou le début mid-tempo Path To Oblivion et du blast apocalyptique (Down With The World).

Mais résumer Dehuman à cela serait faussé puisque le groupe aime aussi les mélodies en adoptant un côté progressif plutôt bienvenu (encore une fois, pensez à Death, celui de Symbolic) avec des morceaux comme Spiral Of Loss, Harvest The Sun ou Black Mamba qui prennent des détours et varient les ambiances. Notons le très épique Apocalypse And Perdition ou les légères influences Black Metal qui se dévoilent ici et là (Spiral Of Loss) ainsi que dans les gammes orientalisantes rappelant Behemoth sur Path To Oblivion par exemple. Néanmoins, Black Throne Of All Creation me donne l'impression que Dehuman s'égare parfois en voulant trop en faire (le break quasi Hardcore sur Down With The World est clairement excessif), là où ils pourraient gagner en impact et en puissance de feu. On y trouve beaucoup de breaks rythmiques, d'alternances de plans, de changements de riffs qui font qu'on perd parfois le fil de l'album, avant d'être repris plus tard par un passage qui savate la tronche.

En bref, il y a là un potentiel évident, des influences plutôt bien diluées dans des compositions travaillées, efficaces et suffisamment variées pour que l'on apprécie de parcourir l'album d'un bout à l'autre. Sans être non plus une claque puisque tout n'y est pas absolument marquant, Black Throne Of All Creation se montre suffisamment convainquant en parvenant à se positionner plutôt habilement entre modernité et tradition, avec évidemment un penchant pour cette dernière. Reste à savoir si le mélange des deux ne vous dérange pas, car c'est un disque de Death Metal qui mérite quelques écoutes.

A écouter : Spiral Of Loss, Path To Oblivion