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Biographie

Defdump

C'est en 1994 que se forment les luxembourgeois de Defdump. Leur MCD Circle's closing sorti en 1999 ainsi que leur album David VS Corporate Society (2001) leur ont permis de se bâtir une solide réputation comme l'un des groupes les plus talentueux, honnête et novateur de la scène hardcore européenne.
On peut les comparer à des groupes comme Refused, Dillinger Escape Plan, Converge, Botch ou Poison The Well, mais Defdump possèdent indiscutablement leur propre son entre post hardcore, metal et emo hardcore.

14 / 20
7 commentaires (17.07/20).

This Is Forevermore ( 2007 )

On savait que Defdump préparait un gros coup dans notre dos, un album travaillé et conceptuel nourri de hargne et d'une envie de forger pour de bon une marque de fabrique. Defdump a donc passé un sérieux cap sur This Is Forevermore, ne serait-ce que par les multiples orientations prises, entre (post) hardcore chaotique, metal, emo hardcore, bidouillages électroniques ... et rock ! Tout simplement.

This Is Forevermore se présente sous la forme d'un double album singulier, composé d'un premier disque partagé entre une grasse plage CD-ROM (vidéos, paroles …) et 20 minutes de hardcore puis d'un second, consacré pleinement à la musique des luxembourgeois. Un album que l'on peut donc assimiler à la juxtaposition de deux sous éléments indépendants mais intimement liés par une relation de cause à effet. C'est ainsi que le premier acte aux compositions courtes et chaotiques sert de tremplin à un second volet plus dense et davantage sujet aux expérimentations sonores du combo.
Majoritairement subdivisés en 2 ou 3 sous-parties se démarquant par des étonnants changements de langue (anglais, français), de tempo ou tout simplement de tonalité, les premiers coups de feu de Defdump confirment leur tact certain pour appuyer sur l'accélérateur à des moments bien choisis. L'alternance des mosh parts et des mélodies se fait toujours dans un souci de prise à revers largement conforté par des structures alambiquées et complètement imprévisibles. Un choix qui peut s'avérer payant à la longue mais qui aura du mal à convaincre les inconditionnels d'impacts sans détour et d'enchainements facilement mémorisables.
Le méandre creusé par Defdump prend toute son ampleur dès l'entame de la seconde couche. Bidouillages de studio post Refused, chant clair digitalisé et écorché superposés, effets et samples, Defdump ne se prive d'aucun artifice pour triturer les fréquences sonores. Même un violon ("By Your Side") porteur de touches mélancoliques trouve sans mal sa place dans le large spectre musical développé.

Le problème, car si travaillé soit-il, This Is Forevermore n'en est pas exempt, est la fâcheuse tendance qu’ont les luxembourgeois à partir (pas trop souvent heureusement) dans des riffs dignes des ténors emo metalcore US pas très recommandables, c'est à dire usés à la corde et pas inspirés pour un sou. Un point fortement appuyé par la production léchée qui manque d'un poil de mordant pour faire prendre aux compositions de Defdump leur véritable relief. En conséquent, même This Is Forevermore tient ses promesses en terme de contenu, il semble évident qu'il risque de diviser, ne serait-ce que par certains vocaux uniformes et prononcés avec une intonation toute particulière. Quoi qu’il en soit, ce disque contient bien assez de moments remarquables pour qu’il mérite une attention particulière.

Page MySpace.

A écouter : au moins par curiosit
17 / 20
4 commentaires (16.75/20).
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David VS Corporate Society ( 2001 )

Difficile de ne pas s’emballer et de se dire que décidément la scène hardcore européenne compte d’excellents groupes à l’écoute des luxembourgeois de Defdump. Ceux-ci nous gratifient d’un album d’une grande maturité et d’une puissance impressionnante. On pense notamment au Poison the Well de Distance makes only the heart grow fonder à l’écoute de David vs corporate Society, notamment pour la voix.
Mais la comparaison s’arrête là: en effet, Defdump est difficilement catégorisable par son approche originale, moderne et fortement émotive de sa musique. Le groupe sait capter l’attention de l’auditeur afin de mieux lui balancer ensuite ses explosions de rage en pleine gueule. Ainsi, les magnifiques moments d’accalmies ne font qu’accentuer les accès de violence qui les suivent. Les transitions entre ces différents passages sont parfaitement limpides et ne paraissent jamais forcées, preuve du talent du groupe

Defdump nous prend aux tripes, le désespoir et la colère sont palpables dans chacun des titres. Dès le premier morceau, on est captivé par le chant alternant cris de rage et plaintes désespérées.
Pendant ce temps, les autres musiciens nous balancent un riff monstrueux après l’autre, le tout s’enchaînant parfaitement, presque sans que l’on remarque. Ainsi, Defdump réussi le tour de force de nous livrer un album complexe et riche tout en restant relativement accessible.

Car néanmoins, David vs Corporate society est un album extrêmement violent, comme en attestent certains passages flirtant avec le grind comme sur "This One ou Siren Song". Le cinquième titre "Message to the outside world" est peut-être le meilleur de l’album, concentré de violence, de puissance d’efficacité et d’émotion. Mais c’est également le cas des autres morceaux qui sont tous de véritables tueries. La production avec un son énorme contribue pour notre plus grand plaisir à la destruction de nos tympans.
Quant aux textes, ils sont intelligents et réfléchis, sombres à l’image de l’album, et traitent de la perte de l’individualité dans la société. Le site officiel du groupe est d’ailleurs très bien fait et contient les paroles ainsi que des précisions sur le message qu’elles véhiculent.

Bref, vous l’aurez compris, David vs corporate society est un petit chef d’oeuvre et on se demande pourquoi un groupe aussi talentueux que Defdump n’est pas plus reconnu. Et qui aurait cru qu’une telle bombe nous arriverait du Luxembourg, pays plutôt connu pour ses banques que pour sa scène hardcore que l’on croyait inexistante?

A écouter : Unfertility ; Message to the outside world