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Biographie

Decrepit Birth

Combo californien formé courant 2001 du coté de Santa Cruz, Decrepit Birth n'est pas véritablement un exemple de stabilité. Du lineup au style pratiqué, les changements se sont succédé depuis les débuts du groupe qui n'aura finalement sorti qu'un seul album (... And Time Begins) avant que la machine ne s'emballe. Une fois ces bases posées, plus rien n'en découlera.
Ce n'est que cinq ans plus tard sous un lineup largement remanié que parait Diminishing Between Worlds qui fait son petit effet dans la sphère Death Metal et se démarque de son prédécesseur par une approche très technique volontairement beaucoup plus exploitée et mise en avant. Malgré ce succès, c'est encore avec une formation différente réunie autour des personnesde Bill Robinson (chant) et Matt Sotelo (guitare), les deux seuls membres permanents de l'aventure que Decrepit Birth accouche de son successeur, esquissant (déjà) une nouvelle évolution potentielle pour un projet qui ne tient décidément pas en place. Polarity sort en Juillet 2010 chez Nuclear Blast Records.

Chronique

14.5 / 20
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Polarity ( 2010 )

2008, réorientation. 2010, confirmation. Pour commencer, on va déjà se mettre d'accord sur le terme réorientation: chez Decrepit Birth ça veut dire passer du Brutal Death bourrin au Death Metal ouvertement hyper-technique pas forcément beaucoup moins brutal que ce qui précédait mais néanmoins beaucoup plus aéré et, en fin de compte, original. Ca c'était le passage de ...And Time Begins à Diminishing Between Worlds. Cinq ans d'écart entre les deux sorties mais l'attente valait le coup. Déjà bien calés sur leur nouveau créneau, les californiens décochaient alors quelques sauvages banderilles des plus délectables. Pile ce qu'il fallait pour attendre la suite avec un sentiment que l'on situait alors entre crainte et excitation.

Pour le plus grand bonheur des uns - qui fait forcément le malheur des autres - Polarity se place dès ses premiers instants dans la droite lignée de son prédécesseur. Decrepit Birth c'est toujours moderne dans l'optique comme dans le son, ultra technique, brutal et bordélique. Si l'on oublie pas que l'inspiration leur est venue somme toute assez récemment et que l'on pourrait caler ce genre de descriptions à des charrettes entières de groupes que l'on aura déjà oublié dans deux ans, ce troisième album a tout d'une mauvaise blague de l'extrême en puissance. Un coup à vous donner envie d'aller se réfugier dans de bonnes vieilles valeurs sures dégoulinantes écartelées entre doom dégueulasse d'outre-tombe et punkeries brutales primaires.
Mais revenons à l'essentiel: oui, Polarity est un disque hyper démonstratif, au son tout sauf naturel, triggé jusqu'à plus soif. Si vous n'aimiez pas, ça ne changera probablement pas et vous pouvez donc passer votre chemin. Quitte à passer à coté d'une formation des plus intéressantes malgré ses autours peu engageants. A son niveau DB est, en fin de compte, un peu à la scène à laquelle il se rattache ce que peut être Born of Osiris au milieu du marasme Metalcore (profitez en bien, le terme va finir par disparaître). Une formation qui en fait des tonnes dans un feu d'artifice de riffs et de changements rythmiques et est à priori surtout là pour provoquer des torticolis, emmêler des neurones, faire jouir les fanas de technique et gueuler le voisin. Mais qui au final tire son épingle du jeu. Voilà d'ailleurs la grande force de DB c'est qu'écouter Polarity s'apparente un peu à aller chiner à la grande braderie annuelle: au milieu des empilements de riffs et de plans tous plus abusés les uns que les autres, il y aura toujours un moment de bonheur auditif qui finit par ressortir du lot et emporter la décision. Il faut juste se mettre le coup de pied au cul pour s'y attaquer et s'armer d'un peu de courage.

Mais comment passe-t-on alors d'un disque potentiellement sympathique, avec ses moments, à un véritable album solide au goût de reviens-y?
En allant au-delà de tous les éléments évoqués précédemment. Tout simplement. C'est sur ce point que la progression de Decrepit Birth est la plus significative. Sans être foncièrement meilleur que Diminishing Between Worlds (voire même un peu moins solide), Polarity va et voit plus loin lorsqu'il semble soudain se réveiller à mi chemin pour reprendre sa marche en avant après avoir récité ses gammes quatre titres durant: Solar impulse vient de débouler. Un morceau dans la moyenne basse du groupe sur l'échelle de la brutalité et de la folie mais qui sonne le départ d'un véritable album dans l'album. Les plans instrumentaux se font plus présents, les morceaux plus fluides et apaisés (même si  tout est relatif). On surprend même le quintet à s'essayer à l'incorporation de clavier et de sonorités électroniques (A brief odyssey in time, Darkness embrace). Imaginez des fans de Death (Polarity comme son grand frère transpirent de l'influence des floridiens) transformés en proto-Mithras, qui n'aurait pas encore pu/su toute à fait saisir les ambiances faisant la force des britanniques. De là à dire qu'ils viennent de s'ouvrir une voie royale vers les sommets il n'y a qu'un pas qu'on espère bien les voir vraiment franchir. Reste à voir s'ils sen donneront les moyens.

Polarity pousse les choses plus loin. En mieux, bien que le résultat reste toujours imparfait surtout vu le potentiel des américains. La formation à géométrie variable, petit à petit, est en train de véritablement se dévoiler et si ce disque est l'oeuvre d'un groupe à la mutation discographiquement récente il a déjà en germe tout ce qui peut faire de Decrepit Birth une grosse pointure d'ici peu. Pas le disque de l'année mais Polarity mérite tout de même grandement que l'on s'y arrête.

A voir: le clip de The resonance.

A écouter : Darkness embrace, Solar impulse, Polarity