Biographie

Deathdealer.

Duo formé par Dalton Patton (Knife Garden) et Dave Vitola (Tri-State Era) du coté de Boston, Deathdealer. distille son Hardcore en formation basse/batterie depuis 2012.
Plus classique à ses débuts, le groupe se distingue rapidement par une approche très versatile du genre au croisement entre Hardcore Punk, Noise et Noise Punk abrasif concrétisée à l'occasion d'un second album sorti en 2015 chez Funeral Sounds RecordsTragically Human State.

Chronique

14.5 / 20
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Tragically Human State ( 2015 )

Deathdealer., c'est l'histoire de deux mecs qui jouent à faire la bagarre avec une batterie et une basse. Tout le monde cogne, tout le monde braille et c'est cool comme ça. FIN.
Pour être tout à fait honnête on aurait quasiment pu en rester là mais l'éternel problème avec les résumés c'est qu'à trop vouloir aller à l'essentiel on finit par louper le plus important: le cheminement de l’œuvre qui compte in fine tout autant que l'objectif visé par ses auteurs. C'est même bien souvent celui-ci qui va lui donner de l'ampleur. Deathdealer., donc, fait la bagarre avec un arsenal minimaliste mais surtout, en plus d'y parvenir assez admirablement et en un temps réduit, s'éloigne habilement de la caste des formations qui moulinent dans le vide avec trop de sérieux. Pas que ça à foutre, et surtout mieux à proposer.

Le power-duo basse/batterie n'est pas un format particulièrement révolutionnaire en soi - quoique plus rare dans la familia Hardcore Punk - pas plus que ne l'est vraiment la formule braillarde concassée du genre adoptée par les gaziers de Boston mais la friction des deux sur ce Tragically Human State génère assurément quelques belles étincelles. Si obligation d'efficacité maximale pour cause de personnel réduit vs. versatilité rime potentiellement avec beau bordel et beaucoup d'opportunités de se perdre en chemin, Deathdealer. évite l'écueil avec brio en préférant multiplier les parpaings tout en confinant son propos dans la limite des 2'30. Sale, punk, pissed-off comme pas deux et sacrément bavard, le groupe se révèle en sus diablement habile dans l'art d'avoiner des brûlots à tiroirs sans en rajouter des caisses. Nul besoin de réinventer la roue lorsque l'on en maîtrise le maniement et que l'on connait la direction à prendre. Pourtant, alors que nombre de groupes cherchent avant tout à arriver à bon port en un seul morceau, Deathdealer. fait clairement partie de ceux pour qui le chemin emprunté - de préférence bien chaotique - compte autant que la destination.
Tragically Human State vient copieusement épaissir le propos du duo qui se serait tiré une balle dans le pied en essayant de reproduire la fureur juvénile de son premier glaviot (le plus classique mais recommandable Soulstealer, en 2012) en amenant plus d'alternance rythmique, plus de Noise ("Wage slave"), de fantaisie et de gravité dans la bile éructée par un duo qui pourrait bien rapidement basculer dans une toute autre catégorie.

Sans plus se trahir tant dans le fond ("Die, Meathead Scum", "Wage Slave"...) que dans la forme ("Stay awake. Stay alive.") et aisément assimilable au courant Hardcore l'ayant enfanté Deathdealer. parvient néanmoins à proposer une lecture du genre à la fois suffisamment personnelle, puissante, concise et largement assez méchante et efficace pour que l'on se mette à espérer les voir descendre de leur van un de ces quatre dans nos contrées. Histoire de se jeter une bonne rouste de derrière les fagots dans une ambiance sueur, bière tiède et révolte.

Tragically Human State s'écoute et se télécharge en name your price via bandcamp.

Deathdealer.

Style : Noise Hardcore
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Origine : USA
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