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Biographie

Death Engine

Death Engine, trio lorientais composé de Mik L. (Guitare / Chant), Eric L. (Basse) et Olivier R. (Batterie), se forme en octobre 2011 et joue un Hardcore violent et bruitiste. Un premier ep, Amen, sort conjointement chez Throatruiner Records, Basement Apes Industries et North Cult Records en 2013. L'album, nommé Mud, arrive quant à lui début 2015. Après une pause de deux ans, Death Engine revient avec de nouvelles influences, mais toujours l'envie de faire du bruit avec Place Noire en 2018.

Chroniques

Place Noire Mud Amen
15 / 20
1 commentaire (16.5/20).
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Place Noire ( 2018 )

Death Engine est un groupe frustrant. Frustrant parce que leur premier et excellent album Mud, sorti en 2015 est malheureusement passé beaucoup trop inaperçu. Frustrant pour leur pause en 2016 et le trop peu de dates qu'ils avaient joué entre temps. Frustrant parce qu'on aimerait que plus de monde s'intéresse à ce groupe, mais ça tombe bien car Death Engine est de retour en 2018 avec un nouvel album, Place Noire, et il ne faut pas passer à côté.

C'est aussi un peu de la faute des Lorientais, car évoluer dans un registre Post-Hardcore / Noise n'est pas le truc le plus vendeur et accrocheur possible. Trop Post machin pour les fans de Hardcore pur et dur ou pas assez pour les amateurs de Cult Of Luna, trop Noise pour les autres, pas assez Rock pour les derniers restant...bref, Death Engine a le cul entre plusieurs chaises et n'est pas là pour se mettre dans un créneau porteur ou plaire à un certain type de public. Et c'est là tout le problème quand à sa relative notoriété, mais aussi et surtout là où réside tout son intérêt. Il aurait été également d'une certaine facilité pour le trio de revenir et pondre un Mud bis, en poursuivant vers des voies abrasives, énervées et toujours plus tragique, mais il n'en est rien. Le groupe recule pour mieux sauter et livre un Place Noire plus nuancé, d'avantage nourri d'influences, mais toujours aussi passionné et passionnant.

Les éléments Noise Rock, déjà présents dans leur musique occupent désormais d'avantage d'espace : guitares décharnées, une voix chantée / hurlée qui s'éloigne du registre Hardcore, des rythmiques assises moins chaotiques et une basse coup de poing pour la lourdeur, le tout enveloppé d'une grisaille Noise. Quelque part, Death Engine s'est assagit, mais n'en demeure pas moins vicieux et surtout tout aussi viscéral comme en témoigne Modern Life et sa fin scandée (« they will see no future »). C'est dans cet exercice de style délicat, dans cet entre deux pas tout à fait définissable que les Lorientais excellent, rappelant par instant le Old Wounds des Young Widows et s'ils sont peut-être un moins chien fou, ça bastonne toujours autant comme dans Ordinary Violence avec ses guitares vipères et son refrain qui envoie tout valdinguer. Il y a même dans ce Place Noire quelques références discrètes aux années 90's (Alice In Chains peut-être dans certains riffs) ou même plus étonnant, légèrement Marilyn Manson dans les parties chantées de Decline ou de Dead End. Ce même Dead End d'une lenteur Doom carnassière et au chant douloureux, tranche avec le reste de l'album, mais est totalement réussi, tout comme l'est le morceau de conclusion, Romance, qui nous toise du haut de ses huit minutes remplies de Noise hypnotique, de moments castagnes et de vocalises maladives.

Inventif, renouvelé, et fort émotionnellement, le Death Engine 2018 a tous les atouts de son côté pour que vous soyez conquis. Alors écoutez Place Noire et comprenez. Puis allez les voir en concert et soutenez les. Ils le méritent plus que largement.

16 / 20
3 commentaires (16.17/20).
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Mud ( 2015 )

La concurrence dans l’expression des « aspects sombres de l’âme humaine » a cela de désagréable que d’un album à l’autre, on ne sait plus comment vous donner envie d’écouter un disque.

Du moins, sans avoir à trop jouer la carte du « voici l’album le plus sommmmmmbre et le plus torturéééééééééé du moment, courrez-y  mes enfants si vous n’avez pas peur d’y perdre votre âmmmmmmme ».

En l’occurrence, torturé et sombre, cet album l’est. Plus important : il est très bon.

La production est excellente car on retrouve une fois de plus le tandem Amaury Sauvé / Sylvain Biguet, et vous pourrez trouver dans ces pages nombre de chroniques louant leurs qualités de producteur, l’un des plus beaux exemples restant le dernier album de Birds In Row.

Le mélange Noise / Hardcore est savamment dosé, la froideur de l’un résistant à la fureur de l’autre. Mais paradoxalement, l’aspect épuré des compositions n’empêche pas à l’ensemble de prendre une ampleur très impressionnante, voire terrifiante à chaque nouvelle écoute. Le chant véhicule un sentiment d’urgence communicatif, les tempos martiaux "casseurs de nuques" côtoient des rythmiques hypnotiques à rallonge façon Neurosis… en témoigne le magnifique dernier morceau, Negative, qui résume le mieux cette ambivalence propre à Mud. Le groupe se risque même avec brio à l’exercice du mélange des genres, en témoigne le très bon morceau caché estampillé Shoegaze / Rock  : « I have mud in my hands, i have cement in the eyes ». Moins frontal que l’ep Amen, cet album parait bien plus ambiancé, plus profond, et quelque part encore plus violent, mais d’une façon plus insidieuse. En témoigne l’anxiogène Still, qui laisse perdurer une boucle hypnotique, sans répit ou encore le final de Medusa, et ses paroles lourdes de sens (toujours la même, matin après matin, nuit après nuit : "always, always, always, always…". Une fois ces éléments posés, il reste l’expérience propre à chacun de nous : l’album, et l’auditeur.

Et pour ma part, j’ai trouvé cet album magnifique. 
Ce qui le fait sortir de la masse à mes yeux, c’est sa sincérité, son aspect viscéral et à fleur de peau, qui transparaît de chaque morceau. Un album sur le fil du rasoir comme j’en ai rarement entendu.

Amen ( 2013 )

C'est dans les sillons Hardcore / Noise évasés par Today Is The Day, Daughters, Unsane et Ken Mode que l'on trouve le récent trio Death Engine, et franchement, ils n'ont pas à rougir de la comparaison de leurs aînés tant les quatre petits titres de cet ep en ont dans le pantalon.

Car Amen surprend, sans doute parce qu'il cristallise ce que la scène Hardcore / Metal / Noise fait de mieux ces derniers temps. La base a pourtant été vue des centaines de fois. Guitares striées et stridentes, chant qui rend son quatre heure, basse à même le sol, en l'état, presque cadavérique et pulsations rythmiques comme autant de coups de poing sur un visage qui finira rempli ecchymoses. Sauf que, passé cette description succincte, il faut bien se rendre compte que ces quatre petites compos ont vraiment de la gueule et se permettent aussi de nous en mettre plein en travers (de la gueule). Agression sonore dès le premier titre, No Hope et ses guitares qui pilonne sans cesse et de manière méthodique te mettent déjà à genou, Gun continue le travail par des rotations lourdes et multiplie les attaques critiques dans tous les sens, alors que Amen fini par t'achever, toujours plus vicieux et incertain, chargé de plomb bientôt dissipé en particules de métaux lourd qui s'entrechoquent en un amas bruitiste.

C'est là que Death Engine est intéressant, dans cette densité des genres et son approche qui synthétise Hardcore / Post-Hardcore / Noise / Indus. On y trouve une volonté de ne pas faire comme les autres, de s'émanciper tout en prenant comme appuis les fondations posées par les groupes cités plus haut. Amen impressionne aussi par son côté grésillant (merci encore une fois à Amaury Sauvé derrière les manettes) qui enveloppe toute cette rage et cette violence, développe des ambiances perverses, instaure la personnalité du trio. Finalement, le tour de force de Death Engine c'est d'arriver en si eu de temps à se positionner au niveau de groupes français qui ont de l'importance. Je pense notamment à Overmars, Kill The Thrill, Quartier Rouge, Comity, j'en passe et des meilleurs. Demeure un sentiment de trop peu à l'écoute de cet ep, mais suffisant et nécessaire pour susciter l'attente d'un long format.

En écoute intégrale sur bandcamp et téléchargement gratuit par ici.

Death Engine

Style : Noise / Hardcore
Tags : - -
Origine : France
Site Officiel : deathengine.net
Bandcamp :
Amateurs : 5 amateurs Facebook :