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Biographie

Death Cab For Cutie

Death Cab For Cutie est, en 1997, un one-man band d'Indie Rock fondé par Ben Gibbard (Guitare / Claviers / Chant) à Bellingham aux Etats-Unis. Le nom lui est inspiré par un morceau joué par le Bonzo Dog Doo-Dah Band dans le film des Beatles, Magical Mystery Tour. Ben Gibbard sort son premier album, You Can Play These Songs With Chords, en 1997 et s'entoure rapidement d'autres musiciens: Chris Walla à la guitare, Nick Harmer à la basse et Nathan Good à la batterie, Gibbard assurant pour sa part la seconde guitare et le chant. Inspiré par les petites histoires de sa localité, le groupe annonce un premier album, Something About Airplanes en 1998, favorablement reçu dans le milieu Indie local.

En 2000 suit We Have The Facts And We're Voting Yes. Nathan Good quitte le groupe pendant l’enregistrement de We Have Facts et c'est Ben qui joue de la batterie sur la plupart des morceaux. Michael Schorr arrive derrière les fûts en 2000 et participe à l'ep The Forbidden Love E.P.. L'année suivante sort The Photo Album. L'édition limitée de l’album contient trois titres bonus, regroupées sur The Stability Ep. A partir de ce moment, la voix éternellement adolescente de Gibbard et ses accords de guitare nostalgiques ne cesseront de gagner en notoriété par l'intermédiaire, notamment, de participations à diverses bandes originales de séries et films. Cependant, un nouveau changement de batteur arrive avec Michale qui quitte la formation pour laisser place à Jason McGerr. De son côté, Ben Gibbard se lance dans le projet électronique The Postal Service avec la sortie du premier album : Give Up.

La notoriété de Death Cab For Cutie culmine en 2003 avec la sortie de l'excellent Transatlanticism (reconnu encore maintenant comme leur meilleur album à ce jour) et leur signature surprise sur la major Atlantic Records en 2004. Un contrat qui ne manque pas d'inquiéter les fans qui accueillent tièdement Plans un an plus tard. Incontestablement, le groupe s'est fait plus catchy, facilitant ses mélodies, s'ouvrant à une audience plus large (vainqueur du Grammy Awards de l'album de musique alternative la même année) et qui lui permet de devenir le chantre de l'Indie Rock américain et de débarquer en Europe. L'activité grandissante du groupe oblige Gibbard à mettre en hiatus sa collaboration avec Jimmy Tamborello sous le nom de The Postal Service malgré un album prometteur.

C'est dans ce contexte qu'une attente fébrile et exagérée entoure la sortie de Narrow Stairs en 2008, puis en 2009, Ben Gibbard s'associe avec Jay Farrar pour livrer un album Folk / Americana inspiré du roman de Jack Kerouac, Big SurDeath Cab For Cutie entame alors une tournée particulièrement longue, passant par deux fois en Europe. Toujours en tournée nationale, un ep est annoncé dans le courant de l'année et s'intitule The Open Door. En 2009, le groupe réalise également le titre Meet Me On The Equinox qui devient la bande originale du film Twilight, Chapitre II : Tentation.

Toujours plus Pop, le groupe franchis un palier avec Codes And Keys en 2011 qui devient clairement plus Electro. Ben Gibbard et Nick Harmer considèrent d'ailleurs qu'il y a moins de morceaux de guitare comparé aux précédents albums. Le 13 août 2014, après 17 ans au sein de Death Cab For Cutie, le guitariste Chris Walla annonce son intention de se séparer du groupe ce qui n'empêche pas sa participation à l'album Kintsugi qui parait en 2015, toujours dans une veine Electro / Pop. Dave Depper rejoint alors les musiciens en tant que guitariste, clavériste et chanteur en 2016 et Zac Rae (Guitare / Claviers) est également recruté. Le désormais quintet sort Thank You For Today en 2018 et Asphalt Meadows en 2022 qui offrant de nouvelles perspectives pour le groupe et s'ouvrant à d'autres facettes de l'Indie Rock tel que le Post-Punk, l'Art Pop, la Noise Pop avec toujours cette touche électronique.

Chronique

13 / 20
2 commentaires (14/20).
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Narrow Stairs ( 2008 )

Après avoir franchi un nouveau cap avec la signature chez Atlantic Records et un Plans au son et aux mélodies résolument consensuelles, Death Cab For Cutie annonçait cette fois-ci une nouvelle tournure et un album plus "lourd" et plus "dissonant" (sic).

Soyons francs, Narrow Stairs ne déstabilisera personne. Il est plutôt témoin de l’ambigüité à laquelle doit faire face le groupe, coincé entre son nouveau statut de flambeau de la scène Indie et l’intimité que requiert la mélancolie de ses compositions. Si l’album ne surprend pas sur le fond - Death Cab For Cutie oblige - on retrouve ces airs légers mêlant piano et guitares douces avec, en toile de fond, la voix mi-sucrée mi-désabusée de Gibbard, c’est plutôt du côté des émotions dégagées qu’il faut chercher le manque. Dans la lignée de Plans, la rythmique poppy prend le pas sur le soin apporté aux mélodies, trop policées, qui perdent alors leur capacité à émouvoir (No Sunlights). Alternant sans cesse entre des morceaux au rythme soutenu à l’intérêt variable et à l’affect moins immédiat (le fatigant Long Division malgré sa montée bien amenée) et d’autres plus bas tempo, le groupe n’est cependant jamais aussi touchant que lorsqu’il prend le temps de ralentir et de raconter ses histoires. Ainsi le fade You Can Do Better Than Me tranche avec le magnifique Grapevine Fires, son piano et ses chœurs au milieu d’un vignoble embrasé. A l’instar d’un Talking Bird à l’instrumentation lascive, presque bluesy, rappelant les meilleurs moments de Transatlanticism, Ben Gibbard chavire lorsqu’il adopte ce ton confidentiel qui sied tant pour chanter le temps perdu et les regrets qui en découlent.

Que reste-t-il alors de nos amours ? Un peu d’amertume certes, malgré une volonté de se renouveler malgré tout. I Will Possess Your Heart, huit minutes, pour présenter l’album était osée. Durant plus de quatre minutes, le groupe prend le temps de poser son ambiance, une boucle de basse sur laquelle viennent progressivement se greffer les autres instruments avant un final dans le pur jus de Death Cab For Cutie. Une prise de risque (mesurée, soit) qui a toutefois du mal à trouver sa place sur cet album, la faute à un tracklisting mal ordonné où les morceaux s’enchainent en creux sans véritable cohésion. La même sensation bancale apparaît quand débutent les percussions de Pity And Fear que viennent stopper un refrain convenu et une fin abrupte. Au bout du compte, on relève des tentatives trop timides et pas assez mises en valeur pour permettre à Narrow Stairs de prendre l’envol tant attendu.

Death Cab For Cutie restera Death Cab For Cutie, oui, un peu plus près des étoiles certes, mais un peu plus loin de nous, tel un vieil ami que l'on perd lentement de vue.