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Biographie

Dead To A Dying World

Dead To A Dying World n’est que le projet solo du guitariste Sean Mehl quand il voit le jour en 2009. Petit à petit, celui-ci s’entoure de ce qui ne devait être au départ que des musiciens de studio. Au grès des années et malgré les nombreux changements de personnel, Dead To A Dying World devient progressivement un vrai groupe.

En 2011 sort un premier album éponyme produit par Philipp Cope, guitariste de Kylesa, suivi quatre ans plus tard par Litany derrière lequel on retrouve cette fois-ci le producteur Billy Anderson (Amen ra, Eyehategod, High On Fire, Neurosis, Sick Of It All…).

A l’image de sa musique, le line-up de la formation est riche puisque pas moins de sept membres font actuellement partie du groupe : Mike Yeager et Heidi Moore (chant), Eva Vonne (violon), Sean Mehl et Gregg Prickett (guitare), James Magruder (basse, guitare, piano), Cyrus Meyers (batterie, basse).

Mélangeant Crust, Black, Doom ou encore Post-Rock, le son de Dead To A Dying World se caractérise avant tout par la mélancolie qu’il dégage grâce à l’utilisation de nombreux instruments à cordes.

Chronique

Litany ( 2015 )

Dead To A Dying World s’inscrit dans la longue lignée des formations qui sont avant tout le véhicule d’un concept. Se plonger dans l’univers du groupe exige un véritable travail d'exégèse tant les textes sont ardus et le style exigeant. Retenons que ce deuxième volet de la trilogie imaginée par Sean Mehl évoque la destinée des derniers survivants de l’humanité qui, trompés par un espoir utopique, refusent de voir l'inéluctable déclin d'un monde arrivé à la fin de son cycle naturel. Se perdre dans un labeur de séminariste pour comprendre que Litany est un recueil de complaintes mélancoliques et nostalgiques n'est cependant pas utile tant la sensation de spleen qui vous envahit irrémédiablement à son écoute parle en effet pour elle-même. Les mots ont un sens, ce n’est pas sans raisons que ce groupe et cet album portent les noms qui sont les leurs.

La tendance du moment voit les barrières entre genres musicaux s’estomper au profit des crossovers, au mélange des sonorités. Chez Dead To A Dying World, le chant est certainement un des éléments par lesquels s’exprime de la façon la plus manifeste cette diversité. Aidé en cela par plusieurs guests, le duo Mike Yeager / Heidi Moore nous offre ainsi à entendre un registre vocal d’une rare ampleur. A la stridence des hurlements Black (Beneath the Loam) alliés à la puissance et la profondeur de vociférations incroyablement rocailleuses (Eventide) s’opposent dans une lutte permanente la luminescence de la voix claire masculine et l’envoûtement des incantations païennes (Cicatrix). Le summum est alors atteint lorsque ces différentes voix s’entremêlent, s’opposent ou se combinent. La clôture de The Hunt Eternal, qui voit le chant féminin (qui n’est alors pas sans rappeler celui de Laura Pleasants de Kylesa), dominer les hurlements Black est l’un de ces passages qui scotchent et restent longtemps gravés dans les esprits.

N’affichant pratiquement que des titres dont la durée tourne autour du quart d’heure, Litany peut cependant rebuter et faire craindre l’empilement de morceaux tirant sur la longueur. D’entrée de jeu, The Hunt Eternal se charge donc de balayer ces inquiétudes en jouant avec nous comme un torrent en furie le ferait avec tout ce qui se trouverait sur son passage. Black, Doom, Post-Rock s’enchainent sans qu’à un seul moment de ses 17 minutes, on ne soit dans la redite. On ne compte plus les fois où après une longue accalmie, tel le Phoenix, le titre renaît de ses cendres et on se retrouve à nouveau sous un déluge de mitraille, un déferlement de puissance.

On ne peut enfin décemment chroniquer cet album sans mentionner la multitude d’instruments à cordes utilisés. La chose est loin d’être nouvelle dans le métal mais il ne s’agit pas ici d’une simple surcouche artificiellement rajoutée pour habiller les morceaux. Au contraire, leur utilisation est à la genèse même de l’ensemble des compositions qui ont été pensées par Mike Yeager autour de ces mélodies. L’omniprésence du violon donne ainsi à Litany tout son caractère, enveloppant d’un voile aussi mélancolique que le fog londonien les six pièces de cette tragédie, de ces prières désespérées. Ce faisant, Dead To A Dying World réussit la prouesse d’incarner le désincarné, ce monde « chaque jour plus gris que le précédent ».

En y réfléchissant bien, il est étonnant de se rendre compte à quel point cet album est le fruit des tendances de fond qui, petit à petit, marquent de leur empreinte les scènes musicales qui nous intéressent. Mais n’être le reflet que du zeigeist n’est généralement pas gage de qualité, le patchwork en résultant confinant bien souvent à un assemblage maladroit d’influences mal imitées. Tout ce que n’est pas Litany. Bien que sorti dans l’anonymat, nous tenons là un des meilleurs disques de 2015 du genre, pour peu que ce mot ait ici du sens.

A écouter : The Hunt Eternal
Dead To A Dying World

Style : Crossover Black / Doom
Tags : - -
Origine : USA
Site Officiel : deadtoadyingworld.com
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