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Biographie

Dead For A Minute est un groupe de Screamo/Powerviolence fondé à Metz. Comme bien des musiciens de ce milieu, les Lorrains restent dans un anonymat relatif et prônent des valeurs indépendantes et DIY qui se traduisent par une carrière aussi courte qu'intéressante. Après la sortie de leur première démo, Dead For A Minute enchaîne les sorties, d'abord timidement avec Hana-bi en 2000, premier EP du groupe. Puis en 2002, deux splits paraissent, l'un avec Submerge et l'autre avec Desiderata, mais le chant du cygne le plus perçant que pousse la formation vient de Diégèse, leur unique album. 
En 2003, le groupe se sépare. Diégèse est quand à lui réédité en 2015 chez Specific Recordings dans une version agrémentée d'un nouvel artwork . 

Chronique

Diégèse ( 2002 )

La violence, la brutalité, l'asservissement et la haine. Voilà ce que la société moderne engendre chez l'individu sous prétexte de créer un monde «meilleur». Difficile alors pour Dead For A Minute de créer autre chose qu'un chaos sonore où le Screamo, la Powerviolence et la Noise s'entrechoquent pour mieux exorciser ses démons. Le constat est simple et sans appel : le groupe tape fort, vite et violemment. Les musiciens n'ont pas le temps de prendre des gants et les introductions sont confiées à des samples viscéraux, aliénants, coupés sauvagement pour laisser la place à un déluge de riffs tous plus assassins les uns que les autres. Les hurlements du chanteur ne font qu'ajouter une couche supplémentaire à cette catharsis qui passe par la fureur, le bruit et les larmes. On navigue alors à vue, dans un monde en déliquescence, sans repère et en proie à l'anarchie. Diégèse ne fait que suivre le concept impliqué par son nom : il créé un univers sombre pour mieux mettre en place son discours, permettant un impact démultiplié. 

Stylistiquement parlant, comme évoqué plus haut, on oscille ainsi entre le Screamo chaotique, que ne renierait pas Orchid par exemple, et la Powerviolence sans concession d'un Infest ou Yacopsae. En à peine plus de vingt minutes, l'auditeur est pulvérisé, broyé sous la violence des compositions. Les structures mélodiques sont présentes, comme sur la piste éponyme, mais celles-ci n'envahissent jamais l'espace plus de quelques secondes, ultime corde offerte à l'imprudent qui passerait par là pour l'aider à ne pas sombrer avant d'avoir subi la totalité des crasses que nous réservent les Messins. Dead For A Minute mâtine son agression de moments d'accalmies, comme lors de «Fétiche». L'acte final de cette destruction artistique nous est offert par «Le poison sur la langue», une composition de 12 minutes pendant lesquelles le groupe joue avec nos nerfs en usant d'accélération soudaine et de ralentissements nauséabonds, le tout porté par une basse mise en avant, monolithique. La fureur fait alors place au bruit et au néant dans une conclusion nihiliste et bruitiste. On est alors en droit de se poser la question : libération par la rage ou simple bande son de l'asservissement moderne ? 

Dead For A Minute nous offre avec Diégèse une œuvre violente, articulée autour d'un concept fort. Nul doute que la réédition de l'album en vinyl, agrémentée d'un superbe artwork, saura leur amener de nouveaux auditeurs.

A écouter : Un lundi matin