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Biographie

Dead Elephant

Enrico Tauraso (Guitare, chant)
Fulvio Grosso (Basse, chant)
Sandro Serra (Batterie)

Flavio Panero (Batterie jusqu'en août 2007)

Dead Elephant est un trio nord italien influencé par la scène noise des années 90 (Cherubs, Unsane, Colossamite) et des formations plus nuancés et psychédéliques (Neurosis, Ash Ra Tempel, Cluster). Il en ressort un son lourd, dynamique et homogène, empruntant de multiples sentiers de manière imprévisible.
En 2005 les transalpins sortent un premier disque sur le label américain Miracle Records (Helios Creed, Christpunchers et Lair of the Minotaur).
En décembre 2007, Dead Elephant enregistre un premier album (distribué en Europe, aux USA et au Canana) nommé Lowest Shared Descent, au sein duquel apparaissent Luca Mai (Saxophoniste de Zu) et Eugene Robinson (Oxbow). Dès janvier 2008, Dead Elephant enchaîne les concerts en France et en Italie, mise en bouche préfigurant une tournée plus conséquente. 2011 voit la sortie d'un second disque toujours inspiré par notre amie la mort, Thanatology, dans une veine encore plus grasse.

16 / 20
1 commentaire (18/20).
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Thanatology ( 2011 )

On se rappelle encore du premier disque long des italiens, Lowest Shared Descent, sorti en 2007. Une déflagration noise et post-hardcore qui ne nous avait pas laissés de marbre, loin de là. Et bien en 2011 (oui on est à la bourre), le trio toujours passionné par la mort remet grassement le couvert avec ce Thanatology, en modifiant quelques aspects de sa musique.

Cette fois-ci l’album est composé de quatre titres, ce qui annonce – avant même d’écouter l’objet – la longueur et la couleur de certains morceaux. Bardo Thodol en premier lieu, un peu moins de treize minutes lancinantes, d’une lourdeur incommensurable, assez proche de ce qu’on peut entendre chez leurs compatriotes d’Ufomammut, toujours flanquée d’une touche de psychédélisme malsain par cette voix incantatoire et ces effets de guitare maléfiques. La basse dégueule ses notes avec conviction, soutenue par une batterie pachydermique, le morceau finissant de manière ouverte sur cette même rythmique maladive. On The Stem viendra calmer le jeu sur ses quatre premières minutes, la même voix s’accordera avec des notes de guitare subtiles mais bruitistes, alternant ensuite avec une violence lourde parfois concassée, et un chant hurlé légèrement étouffé, profondément inhumain et grésillant. Encore une descente aux enfers qui précédera le titre le plus court des quatre, Destrudo, où l’ombre d’Unsane planera de nouveau. La rythmique s’affole, les guitares envoient des nappes noise bien crades, les hurlements se libèrent et prennent une ampleur surprenante, arrachant les tripes une par une avec les dents du fond. S’ensuit pour terminer l’inquiétant morceau double A Teardrop On Your Grave / Downfall Of Xibalba. La première partie entame les hostilités dans une ambiance étonnamment calme mais loin d’être rassurante, ponctuée par des notes de piano instables, sur un tempo toujours extrêmement lent. Ce dernier deviendra carrément écrasant sur la deuxième partie du titre, reprenant là où Bardo Thodol avait commencé. Les volutes psychédéliques s’infiltrent de plus en plus difficilement entre les bruits omniprésents. Au fur et à mesure, batterie et basse sont étouffées par cette guitare des ténèbres, crachant des sonorités toujours plus sales, comme la voix, monstrueuse au sens propre comme au figuré. L’ensemble s’évapore doucement, la six-cordes terminant son cheminement infernal sur un doux larsen.

Dead Elephant nous est revenu encore plus lourd, mais aussi peut être moins punk, prenant le temps de poser une atmosphère profonde, travaillée, vicieuse, tout en conservant cette violence relativement contenue qui fait la particularité du trio. L’aspect drone/doom prend ici davantage de place en faisant du pied à nos émotions les plus enfouies, extirpant la mort de nos esprits pour s’en nourrir et la vomir aussi sec dans nos fébriles oreilles.

Album disponible à l'écoute sur le bandcamp du label Riot Season.

A écouter : Fort, dans le noir.
17 / 20
2 commentaires (15.75/20).
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Lowest Shared Descent ( 2007 )

Secousse sismique, nuage brulant de terre rouge, la hargne pendue aux lèvres, le trio transalpin déboule comme un troupeau enragé dont la charge est annoncée par un barrissement introductif qui crache la mort à la gueule. Amalgamant avec aisance et digérant sans trouble le meilleur de la scène noise hardcore 90's, pensez Unsane pour cette base rythmique implacable et Cherubs pour l'atmosphère décadente, Dead Elephant se taille avec ce premier album une place d'honneur bien méritée à grands coups de lattes assourdissants et de râles vindicatifs.

Soutenu par une production saturée qui colle parfaitement au sujet, Lowest Shared Descent macère dans une atmosphère malsaine et crade qui pointe d'emblé le désir des italiens de jouer dans les travers. Une basse retentissante qui fait écho dans la poitrine, une guitare criarde et aiguisée coupant le souffle à chacune de ses poussées, puis ce jeu de batterie à clouer au sol une armée de saltimbanques amateurs de tecktonik sont là pour rappeler d'ou viennent les gaziers mais aussi pour montrer là ou ils vont. C'est ainsi que les deux premiers titres agrippent fermement la gorge et posent immédiatement les bases du jeu de Dead Elephant : une approche totalement libre, recoupant et regroupant les styles, motorisée par une énergie punk inébranlable.
Ca savate dans tous les coins, à remettre au placard les ténors noise punk et à virer d'une balayette les molasses post hardcore du moment. Car même dans les passages atmosphériques ou la guitare revêt des allures plus enjouées voire même catchy, Dead Elephant excelle et surprend. Il n'y a qu'a pointer du doigt le final éblouissant de "Black Coffee Breakfast", au sein duquel la batterie s'emballe progressivement jusqu'à se casser les dents sur un mur vocal âpre et crépitant, pour s'en convaincre et mettre à la beine les derniers essais de chez Hydra Head sans le moindre pincement au coeur.
A mi parcours ("Abyss Heart"), Dead Elephant cale un interlude bruitiste et dronesque, brumeux et malsain, sorte de visite psyché et non guidée du cimetière des éléphants. Reposant mais pas trop non plus. Ce qu'il faut à peine pour se remettre juste d'aplomb, histoire de pouvoir assimiler la suite dans de bonnes conditions. Et il faut bien ça pour se farcir la collaboration avec le "Big" Eugène Robinson et ses râles vicieux dans un morceau très typé Oxbow mais qui conserve la touche et le son de Dead Elephant. Les italiens finissent le travail avec "The Worst & The Best", noise rock jusqu'à l'os. Terrible.

Verni d'un visuel magnifique, Lowest Shared Descent vient de sortir en LP et CD simultanément en Europe, Etats-Unis et Canada. Histoire de finir de vous convaincre, le trio est en tournée jusqu'au 31 janvier en France. Ne vous faites pas prier.

A écouter : Oui et oui
Dead Elephant

Style : Noise / Punk / Hardcore
Tags : - -
Origine : Italie
Site Officiel : deadelephantband.com
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