logo Dawn Ray'd

Biographie

Dawn Ray'd

Trio de Liverpool Dawn Ray’d est un groupe de Black anarchiste fondé sur les cendres du groupe de Post-Hardcore / Screamo / Black Metal, We Came Out Like Tigers par Matthew B. (Batterie), Fabian D. (Guitare) et Simon B. (Chant / Violon). Leur premier ep, A Thorn, A Blight, sort en 2015 sur Halo Of Flies et Moment Of Collapse Records, mais c’est avec leur premier album, The Unlawful Assembly, qui sort deux années plus tard, qu’ils attirent véritablement l’attention sur leur mélange de Folk et de Black Metal revendicatif. En 2019 le groupe passe le cap du second disque avec Behold Sedition Plainsong qui sort chez Prosthetic Records.

Chronique

14.5 / 20
0 commentaire

Behold Sedition Plainsong ( 2019 )

Dawn Ray’d : trio de Liverpool jouant du Black Metal, incorporant en son sein un violon et avec un certain penchant pour les mélodies Folk /d’inspiration médiévales. 

Bien qu’elle soit factuellement conforme à la réalité, cette définition ne saurait être plus trompeuse. Là où on s’attendrait à trouver de l’épique, du mélodique, du chevaleresque on découvre plutôt un concentré de rage revendicative transcription de revendications anarchiques. Mais ce n’est pas pour autant que lesdites mélodies au violon sont absentes de Behold Sedition Plainsong, bien au contraire. Sans être systématiques, celles-ci émaillent l’ensemble de l’album depuis son introduction Raise the Flails jusqu’aux dernières secondes de The Curse, The Dappled Light et sont indéniablement un des marqueurs du trio. Pas le seul. Les autres éléments de la musique de Dawn Ray’d viennent en effet se confronter on ne peut plus frontalement avec la douceur du violon, à commencer par le chant de Simon Barr. Plein d’agressivité, celui-ci est le support de revendications bien actuelles que l’on imagine scandées le poing levé. Les thèmes abordés par les anglais s’inscrivent dans les grandes luttes actuelles, celles contre les politiques nationalistes (« Burn their deportation orders! »), les scandales de pédophilie dans l’Eglise (« A bullet for the homophobic priests ») ou encore les dérèglements climatiques (« I wonder if the animals know something's wrong »). La guitare, avec ses riffs nerveux, et la non moins agitée section rythmique sont au diapason faisant plus que contribuer à la virulente âpreté des morceaux qui portent en eux une énergie Punk Hardcore.

Behold Sedition Plainsong n’est cependant pas parfait. Succéder à The Unlawful Assembly s’annonçait dès le départ comme une tâche ardue. Il faut accorder aux liverpuldiens qu’ils s’en sortent remarquablement mais, dans l’ensemble, les compositions sont parfois un poil en dessous de celle du LP précédent, notamment du fait d’un violon peut-être un peu moins présent mais surtout moins intégré. Là où ses mélodies étaient totalement imbriquées avec le reste, ici elles forment souvent des passages distincts, des ponts entre deux déferlements. On a également l’impression que Dawn Ray’d a sur cet album privilégié la hargne à la mélancolie (les deux composantes sont toujours présentes mais dans des proportions différentes). Enfin, une certaine forme de répétition peut également se faire ressentir sur la durée sans que cela ne soit pour autant rédhibitoire.

Que ce paragraphe dédié à la recherche des défauts de Behold Sedition Plainsong ne vienne pas vous en détourner : celui-ci fait bien partie des albums de l’année à côté desquels il ne faut pas passer, ne serait-ce que le temps d’une écoute. Pour finir, dès que vous en avez l’occasion, je vous engage à voir Dawn Ray’d en concert tant, à l’image d’un Mantar, c’est sur scène que la musique du trio prend toute son ampleur. Rien que pour voir Simon Barr passer en permanence d’un instant à l’autre de la rage à la minutie demandée par le maniement de l’archet ou encore pour se rendre compte que c’est bien sur l’alchimie entre la batterie, la guitare, le violon et le chant que repose chaque composition.

Behold Sedition Plainsong s'écoute en intégralité sur bandcamp.

A écouter : Like Smoke Into Fog, To All, To All, To All!, Until the Forge Goes Cold