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Biographie

Dark Lunacy

Dark Lunacy est un groupe de "Dramatic Death Metal" venu de Parme en Italie. S'ils se définissent selon ce genre qui n'appartient qu'à eux, c'est que leur musique mêle des atmosphères épiques, régulièrement issues de la culture russe, à des riffs rapides et brutaux et une recherche constante de la mélodie. Fondé en 1997 par deux musiciens connus sous les noms de Mike Lunacy (Chant) et Enomys (Guitare), le groupe autoproduit l'ep Silent Storm en 1998 et reçoit un bon accueil du public. Avec l'arrivée de Baijkal (Batteur) et Harpad (Basse), Dark Lunacy est enfin un groupe. En 1999, un autre ep appelé Serenity, permet de définir ce que sera le son du groupe. Ainsi, dès 2000, le groupe sort son premier album Devoid chez Fuel Records. Avec le support des magasines et de radios spécialisées qui passent les deux singles Dolls et Forlorn, Dark Lunacy s'assure un beau succès. Avec un nouveau contrat pour Metal Blade Records, Devoid est réédité et distribué dans toute l'Europe, puis à travers le monde. Le groupe filme même un clip pour Dolls. Surtout, il impose un style unique, véritable creuset d'émotions et de beauté. L'une des caractéristiques du groupe est ainsi d'avoir recours à un quatuor à cordes et un chœur à trois voix composé de 20 membres. En décembre 2001, Harpad est remplacé par Imer. Avec ce nouveau line-up, Dark Lunacy enregistre un split avec Infernal Poetry, comprenant les titres Defaced et Die To Reborn, ainsi que le video-clip de Dolls. Puis en juin 2003 sort le deuxième album du groupe, Forget Me Not, nouvelle démonstration de style empreint de puissance, mélodie et profonde nostalgie. Il faut attendre 2006 pour la sortie de The Diarist, troisième album imprégnée de culture russe, mais aussi par la Seconde Guerre Mondiale. Malheureusement, Baijkal et Imer quittent le groupe peu après pour raisons personnelles. Dark Lunacy recrute alors Mary Ann (Basse) et Matia Pescatori (Batterie) les remplace un temps avant qu'ils ne reviennent finalement dans le groupe en 2007. Mary Ann devient la cinquième musicienne et seconde guitariste pour assurer les concerts, mais Dark Lunacy n'enregistre rien pendant plusieurs années. Finalement, les départs de Mary Ann, Baijkal et Imer sont définitif en 2010, suivis également par Enomys. Mike Luncay reste le seul membre fondateur et recrute quatre nouveaux musiciens pour assurer la suite de Dark Lunacy. Alessandro Vagnoni (Batterie), Andy Marchini (Basse), Claudio Cinquegrana (Guitare) et Daniele Galassi (Guitare) enregistrent Weaver Of Forgotten en 2010 qui reçoit des critiques modestes. Deux ans plus tard, c'est Jacopo Rossi qui remplace Andy puis Claudio quitte le groupe en 2013. En 2014, Dark Lunacy revient avec un cinquième opus nommé The Day Of Victory.

The Rain After The Snow ( 2016 )

Souvent comparés à Dark Tranquillity, les italiens de Dark Lunacy ont pourtant su au fil des ans créer leur propre univers. Le groupe revenait ainsi en 2016 avec un nouvel opus de "Dramatic Death Metal" intitulé The Rain After The Snow

Dark Lunacy a toujours eu un certain talent pour composer des musiques certes Metal, mais traversées d'émotions fortes grâce à un savant dosage de touches symphoniques, principalement de cordes et de claviers, et de chœurs emphatiques. Ce nouvel album ne fait pas exception avec comme toujours l'apport d'un quatuor de cordes, d'un chœur de 40 chanteurs et d'un piano classique. The Rain After The Snow s'inscrit dans la lignée musicale du précédent disque The Day Of Victory. La différence se fait au niveau des lyrics, plus intimistes, et donc loin de la thématique des événements de la Seconde Guerre Mondiale en Russie que le groupe affectionne. 

Le single Gold, Rubies And Diamonds est tout à fait représentatif de l'album avec un riffing Metal accouplé aux cordes incisives. Le chant est toujours aussi atypique, une sorte de growl éructé qui fait aussi la particularité de Dark Lunacy. Le morceau est superbement arrangé, avec des ruptures bien senties et la place donnée aux chœurs pour emballer le tout d'une belle émotion, la mort imprégnant les lyrics. On voyage donc dans un univers lyrique où Dark Lunacy déploie son arsenal avec beaucoup de force. Les cordes majestueuses de Ab Umbra Lumen ou bien le piano classique de Howl se fondent ainsi dans le canevas Death Metal Mélodique du groupe. 

The Rain After The Snow ne s'entend d'ailleurs qu'ainsi, au gré de compositions où les différents ingrédients trouvent toujours le moyen de s'exprimer et de s'imbriquer harmonieusement, tandis que les paroles embrassent l'hiver, la solitude, la mélancolie et la mort. Dark Lunacy ménage ses effets, avec par exemple les voix juvéniles qui ouvrent Precious Things ou la puissance Metal de The Awareness, avec en prime un joli solo de guitare. Ailleurs, le morceau The Rain After The Snow est un temps fort de l'album, les guitares y sont en retrait au profit de chœurs puissants et évocateurs. La pluie et la neige sont elles indissociables du destin malheureux des hommes. La conclusion de ce disque, Fragment Of A Broken Dream, fait enfin la part belle aux cordes et au piano pour un instrumental mélancolique et touchant. 

Ainsi Dark Lunacy nous ravit tout au long de The Rain After The Snow grâce à des compositions dramatiques appuyées par des paroles inspirées. Un bel effort qui mérite qu'on s'y attarde pour peu qu'on soit séduit par l'univers bien particulier des Italiens.

A écouter : Gold Rubies And Diamonds, The Rain After The Snow
16 / 20
2 commentaires (17.5/20).
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The Diarist ( 2006 )

Dark Lunacy prend son temps en sortant un album tous les trois ans, et le groupe italien ne peut qu'en être remercié. Après un Forget Me Not de grande qualité, mais peut-être pas aussi exaltant que le fabuleux Devoid, arrive le petit dernier The Diarist, un disque dont l'atmosphère emprunte les chemins de la guerre 39-45 tout en magnifiant une nouvelle fois la mère Russie. L'album s'articule en effet autour d'un concept sur le siège de Leningrad par la Wehrmacht. 900 jours de mort et de destructions traversés de timides espoirs de revoir enfin la lumière.

Ainsi, dès les premières mesures de chant traditionnel russe sur Aurora, on avance en terrain connu, le groupe ayant déjà fait le coup sur Forlorn (Devoid), et le résultat est tout aussi emballant, arrachant un frisson pour peu qu'on soit sensible à l'atmosphère nostalgique et fière qui se dégage. La suite ne déçoit pas vraiment entre vélocité des rythmes, agressivité du chant Death Metal old school très reconnaissable, qui semble porter en lui en permanence une flamme de tristesse, et bien sûr les nombreuses touches classiques et symphoniques et les chœurs qui font la marque de fabrique de Dark Lunacy. La musique se pare ainsi d'émotions et de sentiments forts comme anoblis par ce traitement intelligemment orchestré, c'est le cas par exemple de Pulkovo Meridian, dont l'orgue funèbre est une jolie trouvaille. On note aussi la présence de quelques samples bienvenus, comme les claquements des bottes et extrait de discours de Play Dead, qui enrichissent les paysages traversant l'esprit.  Surtout, un morceau complètement atmosphérique se détache, cœur de l'album : The Diarist, triste instrumental au clavier délicat où l'on peut entendre un discours en russe, la sirène annonçant un bombardement, les pleurs d'un enfant, les déflagrations des bombes et de la mitraille, créant une véritable ambiance de guerre et de désolation propre au siège de la ville russe. La démarche est totalement historique, évocatrice, imprimant les émotions et les désespoirs surgis de ce passé pas si lointain.

On Memory's White Sleigh, qui s'efforce de rendre hommage à la résistance héroïquedes Russes durant la Seconde Guerre Mondiale, suit la même trame. Le growl tonne en russe, puissant, déchiré et porté par des chœurs féminins enchanteurs. Les passages acoustiques, simples et adoucis, sont d'une grande beauté et donnent à ce morceau des nuances que n'ont pas forcément les autres, bien aidé par la même chanteuse au timbre apaisant déjà à l'oeuvre sur Snowdrifts. Pièce de 7 minutes habitées, c'est indéniablement une des grandes réussites de cet album. La mélancolie et le drame, autant que les souffrances sont présentes tout au long de cet album, comme sur ce superbe Heart Of Leningrad, dont les inspirations gothiques sonnent juste. Après Prospekt, un instrumental grave et douloureux, Dark Lunacy enchaîne avec la bien nommée Motherland, aux racines Death Metal Mélodique très reconnaissables, qui se couplent aux nouvelles respirations classiques de cordes omniprésentes sur ce disque, ainsi qu'à un sample de marche militaire idéalement placé pour le final rempli de choeurs et de noblesse. On appréciera enfin The Farewell Song, conclusion  émaillée de passages de clavier encore habiles, mais surtout d'un superbe choeur à deux voix, qui ne peut qu'évoquer la mémoire des femmes, des hommes et des enfants tombés à Leningrad.

Dark Lunacy impose une fois de plus sa personnalité atypique au sein du paysage Death Metal, car c'est bien encore de Death Metal qu'il s'agit, mélodique, épique, dramatique. Bien sûr, sans les très nombreuses touches symphoniques et les chœurs, The Diarist ne serait qu'un album de Death Metal Mélodique très classique, avec des guitares parfois monotones, dont on peut ne pas apprécier la distorsion, et des inspirations Metal Gothique pas forcément du goût de tous. En somme un disque sûrement pas aussi enthousiasmant que pouvait l'être Devoid, mieux équilibré entre ses parties symphoniques et métal. Mais ce classicisme sert finalement les compositions de The Diarist, jamais surchargées, et permet au groupe de nourrir une ambiance de mort, de nostalgie et d'espoir dans la droite lignée de ses intentions dramatiques. Un bon disque. 

A écouter : Aurora, The Diarist, On memory's white sleigh, Heart Of Leningrad