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Biographie

Dark Buddha Rising

Dark Buddha Rising se forme en 2007 à Tempere, en Finlande. Leur premier album, I, sort la même année sous la forme d'un CD-R limité à neuf exemplaires. Suivent alors Ritual IXEntheomorphosis et Abyssolute Transfinite qui forment un tristique. Le groupe commence alors à sortir de l'anonymat, notamment lorsqu'il est invité à jouer au Roadburn pour la première fois. Leur 4ème album, Dakhmandal sort chez Svart Records en 2013. Cette année est marquée par quelques changements de line-up, notamment au niveau du chant. Le groupe tourne avec Neurosis en 2014 et signe l'année suivante chez Neurot Records pour son 5ème album, Inversum. En 2018 sort l'EP II.
2019 est marqué par la sortie de Waste of Space Orchestra, album collaboratif avec leurs compatriotes Oranssi Pazuzu qui les expose sur la scène internationale. De retour chez Svart Records, Dark Buddha Rising sort son 6ème LP Mathreyata en 2020.

Chronique

16 / 20
2 commentaires (13/20).
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Mathreyata ( 2020 )

« Mathreyata s’inscrit dans la continuité des visions reçues lors de l’implosion d’Inversum et correspond à l’accession invoquée dans l’EP II. Avant de compléter le grand cercle, tous les cycles doivent être dissous ». 

Au cas où un quelconque doute subsistait, cette courte description du nouvel et sixième album de Dark Buddha Rising par le guitariste / vocaliste Vesa Ajomo devrait suffire à convaincre tout un chacun que ces finlandais sont complétement perchés (qui a dit sous influence ?). Longtemps resté confidentiel, ce n’est sans doute qu’avec Waste Of Space Orchestra, l’aventure commune avec Oranssi Pazuzu, que Dark Buddha Rising a enfin atteint une certaine forme de notoriété. Les finlandais incarnent pourtant, avec leur Drone/Doom assez inclassable, le côté obscur du Psyché depuis désormais plus d’une décennie et ont désormais à leur actif une très solide discographie. L’ambiance générale de Mathreyata, cette capacité à susciter une sensation d’espace infini, n’est d’ailleurs pas sans rappeler celle de Waste Of Space Orchestra mais si influence il y a eu, celle-ci est à chercher dans l’autre sens, Mathreyata ayant été enregistré en premier, en 2017. 

Comme une lente mise en place envoutante, les choses commencent lentement. Sunyaga déploie ses nappes de guitares, terrain de jeu pour le duo de voix Ajomo / Neuman aux tessitures si distinctes. Lui succède un Nagathma aux sonorités et au groove que ne renierait pas un B R I Q U E V I L L E, proximité que l’on pouvait déjà ressentir à l’écoute de l’EP II. Le minimalisme du début se mue en séquence dominée par la lancinante distorsion des guitares, le titre se maintenant jusqu’à la fin sur ce plateau comme contenu à ce niveau d’énergie par un plafond de verre. Arrivé à ce point, on se dit alors que ce que l’on écoute est certes sympathique mais qu’au final cela reste dans la moyenne des canons du genre et ne déclenche pas de frisson particulier. Vous me voyez venir : la seconde partie de l’album est en effet d’un tout autre acabit.
D’étranges sonorités émerge un monumental jeu de batterie aux graves profonds qui va développer et être la colonne vertébrale d’une longue séquence de jam instrumental. C’est encore une fois la batterie, élément central de l’album qui, dans un mouvement continu, lance Mahathgata III, pièce clé de Mathreyata et joyau de montée en puissance. Cette fois-ci les musiciens de Dark Buddha Rising lâchent complétement la bride avec laquelle ils semblaient jusqu’à présent maintenir leurs instruments sous contrôle. En résultent cinq minutes absolument magistrales de frénésie stroboscopique et hallucinée balayée par les vents cinglants d’une tempête de sons électroniques. 

« Tout ça pour ça, pour juste cinq minutes ? » seront peut-être amenés à penser certains d’entre vous à la lecture de cette chronique. Sans même chercher à argumenter pour défendre l’intérêt intrinsèque de tout ce qui précède, le fait est que ces cinq dernières minutes sont justement le produit de cette longue mise en place par degrés successifs. Sans ces longs développements, elles n’auraient tout simplement pas la force qu’elles ont. Plus qu’une fin haute en couleur, elles sont à voir comme un aboutissement.

En cette année de privation en la matière, Dark Buddha Rising réussit à faire renaitre une partie de ces sensations que l’on ne peut ressentir qu’en concert (ceux d’entre vous les ayant vus en live en 2019 avec les excellents Wayfarer reconnaitront d’ailleurs peut-être certains titres). Dans un registre plutôt marqué par le contrôle, les temps forts de l’album sont mus par une énergie organique qui vous prend par les sentiments en satisfaisant votre appétence naturelle pour les basses fréquences. De Mathreyata on ne pourra regretter que la brièveté (une petite quarantaine de minutes). Il s’inscrit dans la lignée de l’EP II (sur lequel on retrouvait d’ailleurs les morceaux Mahathgata I et II) avec lequel il forme un ensemble cohérent qui aurait sans doute mérité de ne pas être séparé en deux disques.

Mathreyata s'écoute en intégralité ici.

A écouter : D'un bout à l'autre
Dark Buddha Rising

Style : Doom Metal / Drone / Psychédélique
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Origine : Finlande
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