Biographie

Danse Macabre

Genre picturale, représenté généralement sous forme de fresque, la Danse Macabre naît au cours du XVe siècle, dans une Europe ravagée par les guerres et les épidémies. Au cœur de ces décennies, l’omniprésence et la prédominance de la mort vont radicalement bouleverser les ordres hiérarchiques renvoyant l’Humanité toute entière à sa condition de mortel, là où tous sont égaux.

Basé au cœur de la petite ville de Trier (Rhénanie-Palatinat), inspiré par cette noirceur philosophique moyenâgeuse, remise au goût du jour par le biais de textes engagés, les 5 membres de Danse Macabre vont rapidement élaborer un screamo chaotique dans la veine des Orchid et autres Ampere. 2003 voit parraitre le premier split du groupe avec Killed By Malaise, ce qui leur permet de signer chez React With Protest (Comadre, Raein), label avec lequel ils enchaînent sur une participation à la compilation Emo Armageddon en 2005 ( sur laquelle figurait Louise Cyphre, Zann, June Paik, La Quiete etc) puis un album la même année : Synkopenleben, Nein Danke. S’en suit une belle tournée européenne et au bout un nouveau split, cette fois ci avec les belges de Am I Dead Yet en 2006.

Chronique

15 / 20
1 commentaire (17/20).
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Synkopenleben, Nein Danke ( 2005 )

Danse Macabre chante un pied dans la tombe, la voix à demie fauchée, semblable à ces hurlements de condamnés ; pressés d’en finir.

Synkopenleben, Nein Danke s’ouvre sur un râle ; celui qu’on exulte en naissant et qu’on libère à la toute fin. Malade, écumant, Danse Macabre perce ses premiers bubons et répand sa peste mélodique dans un brouillard acre et nauséeux ("Zeitbombe"). Les accords plaqués au manche sur fond de percussion ultra rapide rappellent immédiatement les compatriotes de Tristan Tzara. Même colère volcanique, même âpreté sonore, même goût pour la schizophrénie vocale ("Synkopenleben, Nein Danke"). Emo, un peu ; violence, beaucoup.

La peur d’un énième ersatz d’Orchid commençant à se faire sentir, DM rompt la marche du cortège dès l’entame de son troisième morceau sous l’impulsion d’un couple arpège/spoken words résolument mélancolique ("Phoenix Part 2"). Sous les cendres, les larmes. Grâce à ces coupures rythmiques et ces incursions en dehors des braises, le combo allemand révèle une nature plus complexe que d’apparence, fait de souffles écorchés d’inspiration Saetienne ("Keine Atempause"), de breaks aux riffs métal et d’armées de plaintes criées ("Syntax Error"). Emo, passionnément ; violence, à la folie.

Pleinement encré dans une scène screamo allemande ivre de fureur, Synkopenleben, Nein Danke transpire l’urgence d’être joué avant la venue du fléau. Ecorché, brutal mais aussi fécond en idées, Danse Macabre renvoie dos à dos ses paradoxes, ses sentiments et ses peurs dans la même marche funèbre. La seule qui ne connaisse jamais de pause. Momento mori.

En écoute sur myspace.

A écouter : "Synkopenleben, Nein Danke", "Keine Atempause", "Syntax Error"