Biographie

Daniel Warren Johnson

Daniel Warren Johnson est un illustrateur / artiste de comics résidant à à Chicago. Il s'est fait connaître pour le comics Space-Mullet! en 2016, après un passage sur Sinestro (DC Comics), puis continue via des travaux comme Extremity et Murder Falcon avant d'être intégré sur la série Wonder Woman: Dead Earth en 2020.

Chronique

Murder Falcon ( 2020 )

Sortie initialement en 2018, Murder Falcon a tout de la série qui aurait pu ne jamais être éditée en France. Projet de Daniel Warren Johnson (à qui l’on doit ExtremitySpace Mullet! et le récent Wonder Woman: Dead Earth), sorti par Delcourt (oui, ceux qui ont édité The Walking Dead dans nos contrées), le one-shot nous raconte l’histoire de Jack, qui zone après la dissolution de son groupe de Rock dans un monde menacé par une attaque de monstres et se retrouve face à Murder Falcon, envoyé par le Heavy Metal pour combattre le mal.
On pourrait s’attendre à un comics dont l’aspect musical n’est qu’une trame de fond, mais dès les premières pages il est facile de comprendre que le Heavy Metal sera le fil conducteur de l’ensemble de l’oeuvre : Jack doit jouer de sa guitare pour faire attaquer Murder Falcon. S’en suivent une succession de rencontres, de combats et très peu de temps morts dans un récit qui révèle une certaine richesse sur sa fin, bien plus loin qu’un enchaînement de planches dont la violence semble être le principal vecteur. Au-delà d’un combat contre des monstres, Murder Falcon est une véritable quête personnelle de Jack, dont on comprend l’histoire au fil des flashbacks mais aussi de certains dialogues.
Si l’on doit faire un parallèle avec d’autres titres qui pourraient s’en rapprocher, Murder Falcon est plus apocalyptique que Perkeros, moins drôle que Belzebubs et aux antipodes d’un Punk Rock et Mobile Homes. On y retrouve un peu la structure de la quête du Héros, avec ses artefacts et compagnons, comme une bonne campagne de D&D remise au goût du jour.

Niveau dessin, j’avoue que certaines planches rappellent Paul Pope (Battling BoyBatman Year 100), à la fois dans le style mais le côté ultra coloré des couleurs de Michael Spicer (qui avait bossé sur l’excellent Shirtless Bear Fighter), avec un trait très nerveux. Ca fourmille de détails, la musique est visuelle et on devine un sujet maitrisé, tant en termes d’iconographie que de points techniques (ou du moins, à minima ayant nécessité un effort de recherche autre que dessiner une simple guitare).

Personnellement, j’ai passé un très bon moment sur la lecture de Murder Falcon, autant pour l’histoire qui enchaîne les rebondissements que pour le dessin qui colle, de part certains effets, parfaitement à l’aspect « musique » de l’ensemble. L’édition française contient également quelques couvertures et des réinteprétations de pochettes de disques cultes, en mode « Murder Falcon ». C’est frais, cool et surtout la série garde un rythme soutenu sans tomber dans un fouillis incompréhensible, même si la fin voit tout s’accélérer en quelques pages.

Avec ses multiples références, Murder Falcon passera plus au fan de Metal qu’au fan de Comics. Non pas qu’il soit difficile d’accès en termes de lecture, mais bien parce que les nombreux clins d’oeil tiennent du fan-service dont l’auteur ne cache rien. Une agréable lecture, plein d’action, de dessins épiques et d’un brin de poésie.