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Biographie

Daggers

Daggers est un groupe bruxellois de Hardcore formé en 2007 par des membres de Officer Jones And His Patrol Car Problem et Die Out!. Le groupe enregistre dès novembre 2007 son premier ep avec Ben Philips (ConvergeJairus, November Coming FireGold Kids...) aux City Of Dis Studios en Angleterre. C'est alors Kris Deweerdt qui officie au chant (The Setup). L'ep sort en décembre 2008 chez I For Us Records. Le groupe connaît un changement de line-up en mai 2008, David Thomas passant au chant et Fifi le remplaçant à la basse. 2009 est consacré aux concerts et Daggers joue notamment avec Gold KidsThe Legacy et LighthouseAlong The Acheron sort en novembre 2009 via Anchors Aweigh Records. Enregistré en août 2008 à La Chapelle Studio, toujours avec Ben Philips, il a été masterisé par Magnus Lindberg (Poison The Well, Cult Of Luna). En janvier 2010, le groupe, devenu quatuor, repart en tournée en Europe de l'Est en compagnie de Lighthouse, puis sort un troisième opus, Euphoria en 2011. Trois ans plus tard, Daggers opère une mue artistique et revient avec It's Not Jazz, It's Blues chez Throatruiner Records.

15.5 / 20
3 commentaires (15.33/20).
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It's Not Jazz, It's Blues ( 2014 )

Des bords de l'Acheron, il ne me reste qu'un vague souvenir brumeux et pas franchement concluant, mais cinq années se sont écoulées depuis et cette nouvelle sortie chez Throatruiner Records, titille suffisamment ma curiosité pour redonner une chance aux belges de Daggers. Et grand bien m'en fasse car ce disque se révèle fort bien parti pour figurer dans les meilleures sorties Hardcore 2014.

Car It's Not Jazz, It's Blues est un disque ambitieux et frondeur de par son approche. Daggers y brise les codes du Hardcore avec un malin plaisir, à grand renfort de coulées de lave et de poix. Bien incapable de choisir entre Hardcore, Punk, Black Metal, Noise ou même Blues, Daggers préfère tout prendre et le régurgiter à sa manière en un amalgame souffreteux, difforme et pourtant complètement cohérent. On pourra toujours y déceler des bouts de Ken Mode dans ses aspects Noise ou d'Oathbreaker dans les excès de violence Hardcore / Metal, mais l'important vient de cette signature sonore qui leurs confère une identité bien particulière. En d'autres mots, imaginez une sorte de Deathspell Omega joué à la manière Noise / Hardcore pour en saisir sa nature maladive et sulfureuse et vous ne devriez pas être trop loin du compte.

Parce que It's Not Jazz, It's Blues est par dessus tout captivant. Daggers y insuffle cette atmosphère de grisaille suintante et brûlante qui ne nous lâche jamais. Raideur permanente et malaise dans les notes, violence tendue et sournoise, les belges préfèrent insinuer lentement mais surement leur venin, plutôt que distribuer les coups sans discontinuer. Pas que Daggers ne se retienne particulièrement, car certains titres comme Asunder ou Beacon sont maître d'efficacité et de virulence immédiate, mais l'angle d'attaque est bien plus souvent détourné avec par exemple Apex ou Cultist et fait d'autant plus mal au moral. 

It's Not Jazz, It's Blues est un disque anxiogène. Basse ténébreuse sur Woolgatherer, mélodies dépareillées sur Asunder aux paroles angoissantes « Shadows of shadows, Face to face, Somber demeanour, Asunder » grincement de dents et gravier vocal (Blues), arpèges au vitriol suintant la décadence d'un Peste Noire (Dormant), arrangements nauséeux et inquiétants (la fin de Wanderlust, Labyrinth)... Le malaise est total. Mais plus surprenant, d'un titre à l'autre, Daggers déverse ce groove dissonant dans des compositions marquantes (Evermore), de courte durée (28min en tout) qui donne justement envie de revenir se frotter à un type de Hardcore résolument atypique. Une sorte de « balade » torturée conclue la saignée rappelant quelque peu Defeater.

Déroutant, inventif, aliéné. Les qualificatifs ne manquent pas pour décrire It's Not Jazz, It's Blues. Maintenant, il ne reste plus qu'à succomber.

Along The Acheron ( 2009 )

Daggers flirte avec l'Enfer, sans jamais y pénétrer réellement ; il y eut d'abord une vision de la bouche noire de ce royaume ténébreux, et aujourd'hui, une course échevelée au long de l'Acheron, fleuve qui borde ces abîmes démoniaques.

Un son très métallique, froid et sec, pour rappeler ces terres hostiles et servir une musique brute et raide ; des réminiscences de Rise And Fall, Converge ou Give Up The Ghost pour l'agression dégagée, mais surtout une influence probante de la scène Punk / Metal canadienne (Born Dead Icons, Cursed...) ; une pointe de Rockin' Hardcore soufflée par The Hope Conspiracy et nous avons là le corps torturé de Daggers.

Néanmoins, la première partie de l'album s'avère peu intéressante et décevante, du fait de titres répétitifs, un peu trop systématiques et d'un manque d'originalité notoire. Ce n'est qu'à partir de Mercenary Masses (septième titre!) que Along The Acheron décolle enfin et où l'on se sent entraîné pour un périple dans les abysses infernaux foulés par Dante : les abords de l'Acheron, le nocher Charon, menant les âmes veules au lieu de leur éternel supplice, "[...] Là, soupirs et sanglots, cris perçants et funèbres, résonnaient au milieu de profondes ténèbres [...]". Les titres prennent de l'ampleur, de la hauteur. Variées et inspirées, les compos glissent avec talent de "Charon's Path", instrumental aux résonnances Fugaziennes, à Introspection, entremêlant un Punk / Metal proche de Cursed à des montées épiques dignes d'Alpinist, pour conclure sur le très vif Insel Der Toten, déployant un Rockin' Hardcore épileptique, mélange de The Hope Conspiracy et de Give Up The Ghost. La fin de l'album est nettement plus ambitieuse, avec des titres beaucoup plus recherchés et travaillés, révélant un véritable potentiel à développer. D'autre part, une voix plus consistante et entière, moins monocorde, apporterait également un peu plus de profondeur à l'ensemble.

Avec Along The Acheron, Daggers retombe dans la même ornière que sur son précédent ep, ne parvenant pas à aligner des titres de qualité égale. Dans ce cas précis, il est incontestable qu'un ep composé des six derniers titres de l'album aurait été bien plus accrocheur.

Daggers ( 2008 )

Un ep self titled, mais avec un livret portant le sous-titre "Abandon Every Last Hope", évoquant d'emblée l'inscription gravée aux portes de l'Enfer de Dante : l'entrée en matière ne laisse planer aucun doute quant au ton général de la réalisation.

Daggers s'adonne à un Rockin' Hardcore sombre et violent dans la veine de The Hope Conspiracy, mâtiné d'un Punk / Hardcore à la Give Up The Ghost, aux relents d'un punk metal brutal et désespéré proche de Cobra Noir, Born Dead Icons ou Lies Feed The Machine. Une musique directe et sans concession aussi percutante qu'un matraquage en règle, entrecoupée de quelques courts passages insidieux. Suintant de haine, hurlant de rage, ici tout n'est que tension et rugosité. Bien que peu novateur, l'ensemble est parfaitement maîtrisé et relativement efficace. On pourra seulement reprocher des titres en dents de scie dont la moitié, assez passe-partout, restent sans réelle accroche alors que, par ailleurs, les autres sont nettement plus inspirés, notamment Sharks And Heart, abrasif à souhait,  et surtout Duck Taped Memories, morceau d'où se dégage une atmosphère particulière et qui clôture superbement le ep donnant l'envie d'en écouter plus de la même facture.

Une réalisation plus qu'honorable et surtout très prometteuse, car si les titres du prochain album de Daggers sont à la hauteur des meilleurs titres entendus ici, ce pourrait être une très bonne surprise pour 2009.

Daggers

Style : Hardcore / Metal / Noise
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Origine : Belgique
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