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Biographie

Cytotoxin

Cytotoxin fut fondé en Allemagne en 2010 par Tobias Olijnyk, Fabrice Töpfer, Sebastian Grihm et Vitalis Kast avec la volonté de parler de la catastrophe de Tchernobyl ayant eu lieu en 1986.
Le groupe sort un premier album en 2011, Plutonium Heaven, puis effectue pas mal de dates notamment dans des festivals dans l'est de l'Europe (Allemagne, Ukraine etc). En 2012 sort Radiophobia, toujours sur le thème de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl.

Musicalement, Cytotoxin joue un Brutal Death Metal alliant sans complexe plusieurs styles, passant du Brutal Death au Slamming Brutal Death en passant par le Death technique. On peut les rapprocher de formations comme Origin, Aborted ou Benighted.

Chroniques

Nuklearth Radiophobia

Nuklearth ( 2020 )

Faisant leur petit bout de chemin dans la scène Brutal Death, les Allemands de Cytotoxin enchaînent 3 ans après un Gammageddon de fort bonne facture. Nuklearth de par son titre nous annonce que la formation n’a pas délaissé sa thématique “Tchernobyl death metal” mais à l’écoute des onze titres qui composent l’album, on réalise que ce nouvel opus n’est pas qu’un simple Gammageddon partie 2.

Brutalité, technicité, rapidité : on y était déjà habitués depuis les débuts de Cytotoxin. Tout le cahier des charges du Brutal Death Technique est validé : chant ultra guttural, guitares virtuoses et batterie supersonique. Mais ce serait ô combien réducteur de ne parler des Saxons qu’en ces termes ! Grimo derrière le micro éructe comme un super mutant sorti droit des terres du Mojave, accompagné comme il est de mise par des invités de prestige : Ben Duerr (Shadow of Intent) sur le titre Quarantine Fortress et Elliot Desgagnés (Beneath the Massacre) sur Soul Harvester. Certes, le registre du bonhomme est assez restreint mais le placement des paroles et les chœurs qui viennent souligner les passages les plus Slam font clairement mouche.

De son côté, Stephan à la batterie explose son kit comme tout bon boucher de Brutal Death. C’est rapide, c’est carré, c’est inspiré mais ça ne cherche pas à en faire des caisses (coucou Spencer Prewett). Point fort de la prod sur la batterie : cette caisse claire ultra typée Brutal Death qui s’insère parfaitement dans le mix et qui donne un peu de personnalité au son de Cytotoxin, certes très propre mais complètement dans la norme de ce qui se fait aujourd’hui (made in Kohlekeller Studio of course). Pour compléter la partie rythmique, le tueur à 5 cordes qu’est V.T. bénéficie d’un son de basse superbe, claquant et menaçant qui met magnifiquement en valeur son jeu qui suit les guitares de très près. Dommage qu’il se perde dans le mix dès qu’il attaque un peu le bas du manche.

Rentrons dans ce qui fait à mon sens la plus grande force de ce Nuklearth : le travail de la paire de guitaristes Fonzo et Jason. Le duo avait déjà montré ce dont il était capable à travers les albums passés de la formation, mais les limites ont clairement été repoussés sur ce disque. En terme de technique pure déjà, avec des soli aux sweeps sortis tout droit d’un Antithesis de Origin, et de mélodie avec des leads encore plus développés et présents. Pas de panique : les plus décérébrés d’entre nous y trouvons notre compte avec les titres les plus directs (Soul Harvester en tête). Mais il est clair que les guitaristes ont eu ici matière à s’amuser et à étaler leur talent à travers de nombreuses envolées bien plus mélancoliques qu’auparavant. 

Alors que Gammageddon et Radiophobia sont plus portés sur la brutalité, Nuklearth se montre plus varié et se révèle de plus en plus défaitiste à mesure que les minutes défilent. Le constat semble plus sombre et on retrouve une forme de fatalité présente chez Cattle Decapitation : visiblement inspiré par la fiction jusqu’alors en puisant notamment dans les univers de Fallout et Metro, le groupe cherche à nous dire que le monde décrit à travers les paroles de Grimo est celui qui nous attend. En témoignent Dead Zone Anthem, interlude parlé en russe des plus sombres ainsi que le combo Nuklearth/Mors Temporis comparable à l’épilogue Prypjat sur Radiophobia en plus pessimiste encore.

Ainsi, les quarante-quatre minutes de ce nouvel album de Cytotoxin semblent passer bien vite et, une fois Nuklearth terminé on ne demande qu’à l’écouter à nouveau. Cependant, on peut reprocher aux Allemands de manquer un peu d’audace dans la forme et on espère que le groupe prendra des risques pour la sortie de son album suivant.

A écouter : Coast of lies, Nuklearth
16 / 20
3 commentaires (17/20).
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Radiophobia ( 2012 )

Pfiou on ne l’avait pas vue venir celle-là. Retour en 1986 à Tchernobyl et son accueillante centrale nucléaire dont l’explosion laissera des séquelles environnementales et médicales encore visibles aujourd’hui. L’occasion pour divers médias de s’emparer de cette catastrophe comme les jeux vidéo avec la série des "S.T.A.L.K.E.R", l’industrie du film avec le mauvais "Les chroniques de Tchernobyl" et maintenant Cytotoxin avec Radiophobia. Si on devine au premier coup d’oeil à la pochette qu’il ne s’agira de power prog, on était tout de même loin de s’imaginer la tarte radioactive qu’on était sur le point de se manger dans le pif.

Radiophobia est un melting pot de qualité d’à peu près tous les sous-genres que death metal a pu enfanter ces dernières années. Brutal death à tendance technique voire hyper technique, mélodique, slam, goregrind, grindcore moshisant… J’en oublie certainement mais qu’importe, le fait est que cette galette, outre le fait d’être assez brutale pour les plus exigeants d’entres vous, se révèle d’une intelligence et d’une finesse dans sa progression impressionnantes.

"Survival Matrix" ouvre le bal une demi-seconde après que le chanteur ait pris une profonde inspiration et la tempête se déchaîne. Ca fait très mal. Ca break de partout, les gros riffs s’enchaînent, le chant est effrayant de profondeur et passe à l’aise Blaise du death metal à des gimmicks « bree bree breeee » qui rappellent Julien de Benighted, le chant hurlé hystérique en moins. Le gaillard palie néanmoins ce manque par un chant goregrind de malade qu’il déploie notamment sur "Frontier of Perception" et "Heirs of Downfall".

Tant qu’on est dans le « tiens ça me fait penser à tel groupe », vous reconnaîtrez certainement Origin, Aborted ou encore Henker ("Fallout Progeny"). La technique est à peu près toujours de la partie et permet une rapidité de jeu quasi-ininterrompue, à part lorsque retentissent les énormes ralentissements qui pètent les dents à coup de briques, tels celui de "Heirs of Downfall", "Fallout Progeny" ou "Frontier of Perception". Technique, mais également mélodique car Cytotoxin sait aussi aérer son jeu (ok y a quand même un gros tapis de double pédale derrière), comme l’attestent les envolées au sweeping de "Abysm Nucleus" et "Radiophobia" qui rappellent clairement le dernier méfait de Origin. Comment ne pas également citer les parties moshisantes brise-nuque qui font marcher comme un robot dans la rue ? Toujours sur "Abysm Nucleus", vous le sentirez passer le break du milieu. Mais celle de "Survival Matrix" aussi. Et celles de "Frontier of Perception" et "Radiophobia" aussi. Il y en a partout en fait. Toujours très bien amenés et intégrés, jamais redondants, efficacité maximale.

« Bon et alors comme ça les CD de death metal sont « intelligents » et suivent une « progression » ? Ca va tu perds pas un peu la boule ? T’es sûr que tu t’es pas approché un peu trop près de la zone infectée ? »
Ce n’est pas impossible, mais ce n’est pas la question. Par progression j’entends que les premiers morceaux ont tendance à être expédiés sans trop se poser de questions, on annonce la couleur : pas de quartiers. Puis intervient l’interlude très réussi au titre explicite "Dead Zone Walkthrough" qui nous met dans la peau d’un homme haletant derrière un masque à gaz tandis qu’il passe devant des hommes baragouinant en grattant une guitare à moitié pétée. Pas dans la neige, bruitages inquiétants (le « crrrr » du détecteur de radioactivité »), vent glacial, suffocation… Bref on reste dans le thème tout en aérant les 37 minutes que dure Radiophobia. Ensuite arrivent les morceaux les plus techniques et mélodiques, un peu plus longs. Et rebelotte à la fin sur "Abysm Nucleus" avec une pause au sein du morceau, un air à la trompette qui sera repris à la sauce death metal un peu plus loin. Et l’album de s’achever sur "Prypjat", un triste regard en arrière sur une terre désolée marquée à jamais.
Mais séchez vos larmes et jetez-vous sur Cytotoxin, qui s’il ne peut se targuer d’avoir inventé l’énergie nucléaire, déploie l’énergie d’au moins dix centrales durant son Photophobia.

A écouter : Survival Matrix, Frontier of Perception, Radiophobia, Fallout Progeny
Cytotoxin

Style : Brutal Death Metal
Tags : - -
Origine : Allemagne
Site Officiel : cytotoxin.de
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