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Biographie

Cytotoxin

Cytotoxin fut fondé en Allemagne en 2010 par Tobias Olijnyk, Fabrice Töpfer, Sebastian Grihm et Vitalis Kast avec la volonté de parler de la catastrophe de Tchernobyl ayant eu lieu en 1986.
Le groupe sort un premier album en 2011, Plutonium Heaven, puis effectue pas mal de dates notamment dans des festivals dans l'est de l'Europe (Allemagne, Ukraine etc). En 2012 sort Radiophobia, toujours sur le thème de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl.

Musicalement, Cytotoxin joue un Brutal Death Metal alliant sans complexe plusieurs styles, passant du Brutal Death au Slamming Brutal Death en passant par le Death technique. On peut les rapprocher de formations comme Origin, Aborted ou Benighted.

Chronique

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Radiophobia ( 2012 )

Pfiou on ne l’avait pas vue venir celle-là. Retour en 1986 à Tchernobyl et son accueillante centrale nucléaire dont l’explosion laissera des séquelles environnementales et médicales encore visibles aujourd’hui. L’occasion pour divers médias de s’emparer de cette catastrophe comme les jeux vidéo avec la série des "S.T.A.L.K.E.R", l’industrie du film avec le mauvais "Les chroniques de Tchernobyl" et maintenant Cytotoxin avec Radiophobia. Si on devine au premier coup d’oeil à la pochette qu’il ne s’agira de power prog, on était tout de même loin de s’imaginer la tarte radioactive qu’on était sur le point de se manger dans le pif.

Radiophobia est un melting pot de qualité d’à peu près tous les sous-genres que death metal a pu enfanter ces dernières années. Brutal death à tendance technique voire hyper technique, mélodique, slam, goregrind, grindcore moshisant… J’en oublie certainement mais qu’importe, le fait est que cette galette, outre le fait d’être assez brutale pour les plus exigeants d’entres vous, se révèle d’une intelligence et d’une finesse dans sa progression impressionnantes.

"Survival Matrix" ouvre le bal une demi-seconde après que le chanteur ait pris une profonde inspiration et la tempête se déchaîne. Ca fait très mal. Ca break de partout, les gros riffs s’enchaînent, le chant est effrayant de profondeur et passe à l’aise Blaise du death metal à des gimmicks « bree bree breeee » qui rappellent Julien de Benighted, le chant hurlé hystérique en moins. Le gaillard palie néanmoins ce manque par un chant goregrind de malade qu’il déploie notamment sur "Frontier of Perception" et "Heirs of Downfall".

Tant qu’on est dans le « tiens ça me fait penser à tel groupe », vous reconnaîtrez certainement Origin, Aborted ou encore Henker ("Fallout Progeny"). La technique est à peu près toujours de la partie et permet une rapidité de jeu quasi-ininterrompue, à part lorsque retentissent les énormes ralentissements qui pètent les dents à coup de briques, tels celui de "Heirs of Downfall", "Fallout Progeny" ou "Frontier of Perception". Technique, mais également mélodique car Cytotoxin sait aussi aérer son jeu (ok y a quand même un gros tapis de double pédale derrière), comme l’attestent les envolées au sweeping de "Abysm Nucleus" et "Radiophobia" qui rappellent clairement le dernier méfait de Origin. Comment ne pas également citer les parties moshisantes brise-nuque qui font marcher comme un robot dans la rue ? Toujours sur "Abysm Nucleus", vous le sentirez passer le break du milieu. Mais celle de "Survival Matrix" aussi. Et celles de "Frontier of Perception" et "Radiophobia" aussi. Il y en a partout en fait. Toujours très bien amenés et intégrés, jamais redondants, efficacité maximale.

« Bon et alors comme ça les CD de death metal sont « intelligents » et suivent une « progression » ? Ca va tu perds pas un peu la boule ? T’es sûr que tu t’es pas approché un peu trop près de la zone infectée ? »
Ce n’est pas impossible, mais ce n’est pas la question. Par progression j’entends que les premiers morceaux ont tendance à être expédiés sans trop se poser de questions, on annonce la couleur : pas de quartiers. Puis intervient l’interlude très réussi au titre explicite "Dead Zone Walkthrough" qui nous met dans la peau d’un homme haletant derrière un masque à gaz tandis qu’il passe devant des hommes baragouinant en grattant une guitare à moitié pétée. Pas dans la neige, bruitages inquiétants (le « crrrr » du détecteur de radioactivité »), vent glacial, suffocation… Bref on reste dans le thème tout en aérant les 37 minutes que dure Radiophobia. Ensuite arrivent les morceaux les plus techniques et mélodiques, un peu plus longs. Et rebelotte à la fin sur "Abysm Nucleus" avec une pause au sein du morceau, un air à la trompette qui sera repris à la sauce death metal un peu plus loin. Et l’album de s’achever sur "Prypjat", un triste regard en arrière sur une terre désolée marquée à jamais.
Mais séchez vos larmes et jetez-vous sur Cytotoxin, qui s’il ne peut se targuer d’avoir inventé l’énergie nucléaire, déploie l’énergie d’au moins dix centrales durant son Photophobia.

A écouter : Survival Matrix, Frontier of Perception, Radiophobia, Fallout Progeny
Cytotoxin

Style : Brutal Death Metal
Tags : - -
Origine : Allemagne
Site Officiel : cytotoxin.de
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