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Biographie

Formé au Mans autour d'anciens Nous Danserons Sur Vos RuinesCyclamen s'oriente très rapidement vers un (Post) Hardcore teinté Screamo qui se verra immortalisé sur Les Mémoires. S'ensuivront plusieurs EPs (N.O.I.R.E. et La Conformité), un split chez Emocat Records avec Black Knight Satellite ainsi que quelques changements de line-up avant qu'un premier opus, Rotten, sorte en février 2018, mixé par Alan Douches. 

Chronique

15.5 / 20
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Rotten ( 2018 )

Il y a des combos qui, malgré les écueils de la vie, persévèrent jusqu’à l’épuisement. Cyclamen est de ceux-là : Des premiers émois à ce Rotten (à ne pas confondre avec celui de Scumpulse sorti en même temps), le groupe s’est mué peu à peu en quelque chose de plus fataliste, désabusé.

De Les Mémoires, on retiendra la même fougue qui se dilue dans Rotten, mais celle-ci sonne plus maitrisée. Peaufiné, le disque bénéficie d’une production largement honorable (Alan Douches aux manettes) mais qui permet également de constater une forte amélioration dans les parties les plus chantées, là ou le split avec Black Knight Satellite laissait entrevoir quelque chose de perfectible.
Le jeu de batterie se fait également plus précis, et monte encore une marche depuis La Conformité. Carré mais pas machinal, une simple écoute de « Fuck This » ou « A.C.A.B. » confirme l’évolution des peaux, tout comme une basse qui est bien plus juste que sur les premières sorties, plus raffinée. Quant à la présence de renforts vocaux sur certains passages, ces choeurs appuient encore cet élément présent déjà sur les premiers jets et donnent certains moments épiques (« Snam Hell » ou « Fuck You »).
Concernant le featuring avec Monsieur Saï, il pourrait se poser en rupture avec le reste, tant que les mots sont emportés, mais si l’apprécie ce dernier, on pourra reconnaître une atmosphère qui se prête parfaitement aux deux artistes.
Au delà du titre-par-titre, entre Post-Hardcore, Hardcore et parfois Screamo, Cyclamen se fraie un chemin en piochant là ou cela lui chante, lâchant les arpèges de « In My Head » ou les rythmiques frémissantes de « Envy » sans jamais se fixer sur un style prépondérant, emplissant parfois l’espace sonore à la manière de groupes de PostRock (« Through Myself To You »). Sur les paroles, tout peut paraître auto-centré, usant et abusant du « je » dans la langue de Shakespeare, le frontman hurlant ses textes comme un poème plus qu’un titre et clamant ce qui semble être un quotidien et des fragments de vie plus fatalistes que positifs.

Irréprochable, ce disque ne l’est toutefois pas.
On appréciera peut être avec recul la cassure rythmique de « Fuck This » aux alentours de 40 secondes, la surabondance de choeurs tout au long de Rotten (qui pourra déplaire si l’on est peu fan de l’effet) ou la longue montée en puissance parfois dissonante de « Snam Hell », mais il est tout à fait compréhensible que ces instants ne génèrent pas une adhésion unanime. Pourtant, la prise de risque est présente, le résultat sera question de goûts.

Rotten est donc à l’image de Cyclamen 2018 : sans artifices, ancré dans le quotidien et sombre. Malgré quelques passages évoqués plus haut donc la justesse sera plus affaire de ressenti et d’affinités que de vraies maladresses de compositions, le combo ne lâche rien, jusqu’à la dernière minute et confirme un propos de Jean-Luc Le Ténia : Il faut que je parte du Mans, ailleurs ce serait différent.

A écouter : Snam Hell - Fuck This