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Biographie

Cybo

Cybo est une jeune femme qui est née et vit à Brooklyn. S'inspirant autant du chaos que de la beauté qui animent la ville, Cybo veut à travers ce projet créer la bande son de sa vie et de ces rues autant musicalement que visuellement à travers les photographies qu'elle prend. Le projet débute en 2004 en mêlant piano, synthé, guitare et chant avec des beats et sonorités électroniques. Un premier disque sort en 2006, Speaking As Loud As Silence, où la jeune femme amène ses premières expérimentations. Celles-ci se développent sur Recorded In A Dream et Rendered Senseless parus en 2007 et 2008 créant des atmosphères fantomatiques proche de l'ambient soutenus par des sonorités industrielles. La jeune femme commence surtout à se faire connaître avec la sortie de Last Glow Before Darkness qui affirme ses recherches musicales, ce qu'elle poursuit sur les eps Void_Ep et Echoespond en 2009 et 2010.

14 / 20
1 commentaire (15/20).
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Echoespond ( 2011 )

La demoiselle de Brooklyn est une artiste à la productivité intarissable. Il suffit de suivre le nombre impressionnant de remix qu'elle poste régulièrement sur son site et de jeter un œil à sa discographie allègrement fournie pour se rendre compte du potentiel créatif qui l'anime. Pas que dans la musique d'ailleurs, que se soit dans la photographie ou dans le dessin, peu importe le domaine, tous ses travaux semblent touchés par la grâce. Mais cette soif de création débordante est aussi une arme à double tranchant, puisqu'avec ce nouvel album, Cybo perd une partie du charme qui faisait la beauté de sa musique.

Sur ce Echoespond, la voix de Cybo est nettement plus présente. C'est la grande nouveauté de ses compositions même si l'on sentait que l'évolution allait en ce sens depuis l'ep du même nom paru à peine un an avant le format long. Sa voix se fait gracieuse, subtile et hante la quasi totalité des morceaux, comme un spectre qui survolerait d'immenses constructions de béton édifiées par l'homme. Le soucis, c'est que cela se fait un peu au détriment de la musique, comme si la jeune femme s'était d'avantage penchée sur les vocalises que sur les expérimentations instrumentales. On oscille donc entre le charmeur Uncertainty ou l'onirique End, Save, Replace, mais l'on fait aussi face à des titres plus classiques comme Vanished ou We Are The Observants qui peinent véritablement à nous convaincre. Le principal reproche qu'on puisse lui faire, c'est d'avoir largement mis en avant sa voix par rapport aux compositions, si bien qu'à l'écoute, l'on fait bien moins attention à la musique et l'on éprouve des difficultés à se perdre dans cette jungle luxuriantes d'effets, de bruitages et de sons en tout genre.

Remettons toutefois les pendules à l'heure, Echoespond est très loin d'être un mauvais album, même si ce premier aperçu se focalise d'avantage sur ses défauts. L'univers urbain inspiré de la ville de Brooklyn est toujours bel et bien présent, que se soit avec les sonorités éclatantes et futuristes de Flames ou de Temperate Oddities par exemple. L'on aime aussi errer avec plaisir dans les limbes d'Aeon ainsi que se faire envahir par le boucan industriel de Paralyze And Collapse. Cybo sait toujours manier avec finesse les diverses facettes de la musique électronique, pour un rendu souvent varié que l'on saura apprécier.

En conclusion, Echoespond est un album un peu décevant compte tenu du potentiel de la musicienne et de l'album fabuleux qu'est Last Glow Before Darkness. On sent pourtant qu'elle a voulu tenter de nouvelles choses sur ce disque, mais l'ensemble est un peu en deçà de que l'on pouvait attendre. Pris à part dans sa discographie, il reste un bon disque de musique électronique néanmoins.

A écouter : Uncertainty, Flames
16.5 / 20
5 commentaires (15.8/20).

Last Glow Before Darkness ( 2009 )

Quand on regarde les photos de la demoiselle de Brooklyn sur son site, on peut remarquer que celle-ci prend des clichés à dominante urbaine : La métropole de New-York, c'est sa ville. Elle la fréquente depuis de nombreuses années et est capable d'en révéler sa beauté comme d'exposer sa facette sombre et menaçante dans ses images. Une ville qui fait rêver autant qu'elle est crainte, c'est ce que Cybo a décidé de mettre en musique sur Last Glow Before Darkness.

Recorded In A Dream et Rendered Senseless étaient déjà deux bonnes créations satisfaisantes de Cybo, mais Last Glow Before Darkness est l'aboutissement de son art. Aboutissement des sonorités, des textures sonores, des rythmes entrainants et surtout de la réalisation d'un monde onirique affirmé. Car c'est bien de ça qu'il s'agit ici. Même si l'on se retrouve englouti par le béton, l'acier et la ferraille, c'est également un univers peuplé de formes abstraites étranges voir inquiétantes qui se dessinent grâce à ces boucles aux sonorités industrielles (Poisoned Petals Colorless Weightless). On évolue entre les nappes d'Ambient quasi spectrale, les beats martelés comme une tempête d'eau qui s'abat sur les artères de la ville et un boucan déshumanisé provoqué par l'expansion industrielle démesurée (Come Night We Falter). Certains morceaux font place à des mélodies glaciales et froides (Fiction) et même la voix de la demoiselle se fait extrêmement rare, apparaissant toujours en transparence comme si toute vie s'était échappée de ce climat menaçant, pesant et hostile.

Pourtant, parmi ces songes de béton, Cybo développe une musique fourmillant de détails et de motifs divers qu'on pourrait qualifier d'organique. En effet, même dans cet univers en apparence grisâtre et morne, une beauté presque surnaturelle a encore sa place. Last Glow Before Darkness, n'est pas seulement une plongée dans les abysses dépourvue du moindre rayon de lumière, fantomatique, sans âme et industrialisé jusqu'à la moelle, il est aussi une bouffée d'oxygène, un espoir, comme si la vie renaissait peu à peu. J'en veux pour preuve les morceaux In Her Own Place (Intro), qui expose les rythmes chaleureux de la Drum & Bass, Lights Under Lilac, bouillonant de vitalité ou Shuffling Among The Shadows et ses samples hypnotiques. Last Glow Before Darkness est aussi un disque qui luit d'une aura protectrice dans lequelle on se sent bien, où chaque note que l'on perçoit d'une écoute à l'autre rend la découverte merveilleuse et vivifiante.

Pour conclure, Last Glow Before Darkness possède une puissance émotionnelle forte à travers lequel Cybo illustre un imaginaire enchanteur pourvu de mélopées ou nappes ambiantes qui se déploient doucement et tissent lentement ces pièces d'une grande beauté. Cybo où la demoiselle de Brooklyn qui enfante son monde à elle, un monde à part et qui mérite tellement d'être foulé par des auditeurs curieux.

A écouter : absolument