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Biographie

Crystal Castles

Crystal Castles commence un peu comme un projet sans grand avenir, du coté de Toronto, en 2003. Ethan Kath (Machines), à l'origine de l'aventure est rejoint par Alice Glass (Chant) et le duo, qui prend forme en 2004, se fait remarquer l'année suivante suite à l'enregistrement et la mise en ligne d'un titre qui devient rapidement un tube: Alice Practice. Le buzz n'a depuis cessé d'augmenter autour des deux canadiens qui sortent un premier album éponyme en 2008, année où ils affolent critiques et baladeurs mp3 un peu partout dans le monde, embarquent Christopher Robin dans leurs bagages en tant que batteur live et se retrouvent notamment à tourner avec Nine Inch Nails. Le projet 8-Beat revient deux ans plus tard avec un second album annoncé dès fin 2009: Crystal Castles.

Chronique

15 / 20
4 commentaires (15.75/20).
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Crystal Castles ( 2010 )

Crystal Castles deux ans après: passé la hype, que reste-t-il? De la hype, toujours, si ce n'est plus à en croire le leak ultra prématuré de ce second s/t qui aura, du coup, déclenché une sortie (numérique) décalée plusieurs semaines pour ce nouvel album des canadiens. Impossible de retenir la bête. Les fans ne s'en plaindront surement pas ceci dit.

Voilà, on est prévenus. Si les troupeaux de jeunes trop tendance qui se sont trémoussé sur CC depuis leur accès à la gloire internationale vous ont gonflé, sachez qu'il va falloir continuer de faire avec. Crystal Castles deuxième du nom est bel et bien là, décidé à ancrer ses auteurs dans la durée et briser des reins durant les deux mois à venir. Son ainé a du souci à se faire. Et vous aussi car le phénomène pourrait bien prendre de l'ampleur.
Crystal Castles est attendu de toutes parts. Par ses adorateurs comme ses ennemis les plus acharnés, tous aussi impatients de les voir confirmer ou se vautrer en beauté. Quoique l'on pense de cette affaire, il apparait évident qu'il est impossible que le duo ne le sache pas et n'agisse pas un minimum en conséquence. Aussi retrouve-t-on ici très vite la Synth-pop hystérique jouée les doigts dans la prise, bardée d'énergie punkoide sexy et déglinguée (Do deer, Baptism) sur laquelle on était venu s'électriser (ou pas). Crystal Castles envoie les affaires courantes avec une rapidité qui n'a d'égal que son efficacité et sa maitrise... pour mieux passer à la suite. Car ce qui attend par la suite les masses émoustillées par ce premier quart d'album est en réalité la véritable force de Crystal Castles.
Des accalmies ambiancées prêtes à bondir (Violent dreams, Birds) incapables de dissimuler une tension sous-jacente de tous les instants, serties de beats énormes (Year of silence), de la glitcheries (I am made of chalk), du bling-bling lascif (Empathy) de l'easy-listening tendance 8-beat qui fait du bien au cerveau (Vietnam) en lui permettant de s'oublier un peu - en rythme bien évidemment. Du pur Crystal Castles, mais en plus solide et plus constant, moins puéril et éparpillé. Ce projet que l'on imaginait sans trop de difficultés bientôt perdu, étouffé par sa hype entre collaborations et remixes incessants avec/par des artistes amis ou non à ne plus savoir quoi en écouter enfonce ici lourdement le clou. Hydre tubesque, ce second full length des canadiens ne laisse en fin de compte que peu de répit. Inutile de chercher à couper quoique ce soit: on a déjà essayé avant de se résigner face un premier album décidément trop sympa pour être vraiment détesté... et voilà le résultat. Ils sont désormais inarrêtables. Certes, on passe de 16 à 14 têtes mais ce que CC perd en longueur(s), il le gagne en efficacité. On ne change pas de tactique, on l'affine. Hystérie en strass et beats massifs sont toujours là, plus forts que jamais car plus maitrisés, cette fois marqués d'une patte, d'un savoir faire. Suivront sur le chemin de l'excellence dance floor kitsch les erzats sortis depuis lors qui le pourront. Soit probablement pas tant que ça. Ramdam ou pas (merci l'académie française au passage) ça ne change rien. Le groupe a monté le sien tout seul comme un grand et ce n'est visiblement pas près de changer. Tant mieux pour nos oreilles, tant pis pour nos hanches. Et que monte la transe 8-beat.

Les deux canadiens avec des gueules de rien trop bien étudiées pour être honnêtes viennent de se caler avec ce nouveau s/t quelque part entre l'immédiateté dance floor et électrique qu'ils cultivent depuis leurs débuts et une volonté manifeste de s'inscrire dans la durée. Les ingrédients? Un réel travail sur la maitrise de leurs accès de fureur, une fraicheur intacte et surtout un cap fermement maintenu qui vient prouver que leurs débuts étaient tout sauf un coup de chance opportuniste. Aguicheur et intelligent, Crystal Castles ne retient pas ses coups mais frappe assurément plus juste et plus fluide alors que l'on ne donnait pas forcément cher de leur affaire. Pas le disque de l'année mais une chose est sure: malgré tous les reproches qu'on a envie de lui faire on continuera de s'en souvenir et, surement, d'y revenir. Pari gagné.

A écouter : Tu aimes quand a brille? Non? Ben coute quand mme.