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Biographie

Cryptopsy

Cryptopsy est un groupe québécois formé en 1992, sur les cendres de Necrosis. Il se démarque dès son premier album Blasphemy Made Flesh par sa brutalité énorme, son niveau technique très élevé (notamment le batteur Flo Mounier, monstre de maîtrise et d'endurance). Après de nombreux problèmes de line-up et de label, le groupe sort en 1996 son album mythique : None So Vile. C'est la première fois qu'un groupe sert un brutal death aussi technique, incorporant une basse slappée et surtout une batterie quasi inhumaine. L'année suivante, Lord Worm, le chanteur, quitte le groupe pour devenir professeur d'anglais. Cela change un brin la musique du groupe, qui devient moins malsaine.
Après l'arrivée de Mike DiSalvo en remplacement de Lord Worm, le groupe sort en 1998 l' album Whisper Supremacy. Le disque bénéficie d'une distribution mondiale grâce à une signature chez Century Media. De légers plans jazzy et la voix hardcore de DiSalvo différencient beaucoup cet album des deux précédents. Whisper Supremacy devient également le premier succès commercial de Cryptopsy, premier groupe québécois depuis Voïvod à se faire une place sur la scène mondiale. En 2000 sort And Then You'll Beg, nouvel album qui voit l'arrivée d'un nouveau guitariste, Alex Auburn. Mike DiSalvo quitte le groupe après la tournée américaine, rapidement remplacé par Martin Lacroix (ex-Spasme). C'est d'ailleurs ce dernier qui apparait sur l'album live None So Live, sorti en 2003.
La même année, Lord Worm, chanteur originel, revient dans le groupe, pour le plus grand bonheur des fans. Mi-2004, Jon Levasseur, guitariste et principal compositeur du groupe, commence à manquer des concerts. Il sera remplacé provisoirement par Miguel Roy (guitariste sur la tournée None So Vile) et Daniel Mongrain (Martyr, ex-Gorguts). C'est même ce dernier qui apparait sur le DVD live du groupe ! Début 2005, c'est officiel, Jon quitte le groupe, ayant perdu son intêret pour le metal extrême. Le groupe sort tout de même son nouvel album, Once Was Not, où les parties de guitare sont toutes enregistrées par Alex Auburn, un album étrange qui rompt totalement avec le passé du groupe...

Chroniques

Cryptopsy Once Was Not

Cryptopsy ( 2012 )

Pour comprendre cet album il est important de le situer. Cryptopsy c'est le groupe de référence en matière de brutal death technique vers la fin des années 90, début 2000. En 2005 Once Was Not divise. Là où certains y voient la fin des québécois, d'autres y voient une évolution bien heureuse. Les attentes des fans se concentrent donc sur l'album suivant The Unspoken King, et là c'est le désastre unanime pour toute la communauté. Pour ceux qui ne l'ont pas écouté, The Unspoken King c'est Mass Hysteria qui se met au black, Napalm Death qui fait un salut nazi devant un parterre de skinheads, du chant clair et des guitares sèches dans Whitechapel (hum..!), bref c'est briser une carrière.

Puis en 2012, de nulle part, vient l'album éponyme Cryptopsy. C'est rapide, technique, saccadé, haineux, les breaks sont aussi inattendus que subtils … Du Cryptopsy, du vrai ! Que s'est-il passé ? Et bien c'est simple, après un changement quasi-total de line up depuis son départ en 2004, Jon Levasseur a décidé de revenir faire un album pour offrir une suite digne à Whisper Supremacy et … And Then You'll Beg. Exit les passages à la deftones. Fini les riffs accrocheurs qui tentent de parasiter la tête, on revient aux fondamentaux, et c'est tant mieux. Flo Mounier est un batteur hors norme et son talent est parfaitement mis à profit, cette fois au service de la musique et non de la technique. Ses parties sont moins démonstratives, et en deviennent diablement plus efficaces. On laisse de la place pour que chaque instrument puisse s'exprimer. La basse d'Oli Pinard, remplaçant tout fraîchement arrivé d'Eric Langlois, rugit à nouveau et retrouve la vélocité d'antan. L'alliance inédite Levasseur-Donalson semble fonctionner à merveille et nous procure les sensations complexes et intenses tant appréciées des opus passés. Mélange de volupté tortueuse, de virtuosité acrimonieuse, et de violence capiteuse. La révolution principale se fait au niveau des lignes de chant. Auparavant il y avait deux écoles, les pro-Lord Worm et les pro- Mike Di Salvo. Matt McGachy n'ayant jamais fait ressentir jusque là qu'au mieux de la pitié. Aussi il est hallucinant de voir à quel point le pire chanteur de Cryptopsy s'est métamorphosé en une bête féroce et impitoyable, changeant l'approche de son chant, son phrasé, les thèmes de ses paroles,  pour coller ainsi parfaitement à ce que la musique demande. On pourra désormais voir émerger le parti des pro-McGachy et c'est justifié. En ce qui concerne les morceaux, ils sont clairement tous très bien, avec une mention spéciale pour Damned Draft Dodgers, qui est simplement sublime et Amputated Enigma qui n'est pas sans rappeler le mythique Graves of the Fathers.

En somme, c'est exactement l'album qu'on n'attendait plus, un conte de fées morbide et moderne, la matérialisation Deux Ex Machina d'une histoire qu'on croyait morte et enterrée. Si comme une très grande majorité des fans, vous n'avez pas acheté cet album suite à The Unspoken King et n'avez pas souhaité y jeter une oreille de peur d'assister au déclin de ce qu'à été le meilleur groupe canadien de musique extrême, oubliez le sixième album et régalez vous avec Cryptopsy.

A écouter : Damned Draft Dodgers, Amputated Enigma
17 / 20
9 commentaires (16.61/20).
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Once Was Not ( 2005 )

5 ans. 5 ans sans album. De multiples changement de line-up. Autant dire que les fans de Cryptopsy attendaient cet album avec impatience, encore plus depuis le retour de Lord Worm, chanteur originel. Les fans attendirent. Et attendirent. Et paf, coup de théatre : Jon Levasseur, principal compositeur, quitte le groupe. Qu'allaient donc nous réserver nos québécois, pour ce nouvel opus attendu comme le messie ?

Le résultat tient en deux mots : étrange évolution. Car il y a une gigantesque évolution à travers cet album. Cryptopsy va certainement perdre des fans, et en conquérir d'autres. Rien qu'à l'intro de cet album, un magnifique morceau à la guitare sèche, agrémenté de quelques solos. Du jamais vu dans le groupe québécois. Le morceau qui suit est également déroutant. Aux premiers abords, il s'agit du Cryptopsy habituel : des riffs techniques, une batterie à 100 à l'heure, une brutalité incroyable. Mais... tout en étant le groupe qu'on connait, il est autre chose : déjà, une ambiance très malsaine se dégage de la musique du groupe, bien plus que sur les albums précédents, une ambiance très sombre, faisant même oublier la folie furieuse habituelle du groupe. La voix est elle plus variée, le chant de Lord Worm est plus clair que par le passé, plus compréhensible. Et là : suprise. Oui oui, dans ce premier morceau, c'est bel et bien un PASSAGE MATH ROCK !! Rien à voir avec les influences jazz/fusion du passé. On a même droit à un interlude de guitare sèche. Les morceaux de cet album sont tous déroutants et étranges : on a droit à des riffs fous type Demilich (In The Kingdom Where Everything Dies, The Sky Is Mortal, ou encore les riffs de Keeping the cadaver dogs busy), des riffs mélodiques (si si, je parle bien d'un album de Cryptopsy, écoutez Endless cemetary), des spoken word (dont un en français !), des passages jazzy plus présents que par le passé, mais surtout cette ambiance sombre et malsaine, bien différente d'auparavant. C'est une autre forme de malsain ici, tirant plus vers la folie psychotique que la folie furieuse. L'ajout de cris très typés black metal (Adeste infidelis) renforçant cet aspect. Autre aspect très déroutant, des passages mid-tempo quasi-mélodiques (le refrain de The pestilence that walketh in darkness qui frise carrément le Deftones, The curse of the great, ou encore le morceau cloturant l'album, Endless cemetary : un splendide mid-tempo mélodique, presque doomesque, agrémenté de sublimes solos mélodiques.), et même de clavier (!) dans The frantic pace of dying, ou Angelskingarden (splendide morceau de 7 minutes).

Autre chose qui frappe énormément, une chose que personne n'aurait imaginé : le niveau technique s'est élevé. Si si, j'vous jure. Flo Mounier, le batteur-surhomme, a doté son jeu d'une arme terrifiante : le gravity blast, technique impressionante de blast-beat permettant d'exécuter des roulements très rapides à une seule main ! On en trouve notamment dans Adeste infidelis, Carrionshine, The curse of the great (enchainement de petits gravity blasts saccadés, à la manière d'un Goratory). Le chant de Lord Worm également, varie énormément, passant de son habituel growl surpuissant à des growls plus old school dans un esprit Morbid Angel, ajouté à une démoniaque voix black du plus bel effet rappelant presque Attila (Mayhem, Keep of Kalessin...). Du côté des guitares, Alex Auburn, seul, s'en tire à merveille. On pouvait penser que sans Jon Levasseur, Cryptopsy perdrait de son identité. Bien au contraire. Alex Auburn a réussi à garder l'esprit de Cryptopsy et les riffs habituels du groupe, mais surtout à les faire évoluer dans une dimension plus variée (évolution prenant toute son ampleur dans un morceau tel que The pestilance that walketh in darkness). Les solos sont égalements plus mélodiques que par le passé. La basse est elle toujours présente, quoique bien plus slappée qu'auparavant.

En conclusion, Cryptopsy vient de nous livrer une véritable bombe. Le groupe, qui commençait à stagner, vient de nous offrir un splendide opus, très déroutant. L'album est clairement du Cryptopsy, on reconnait clairement la bande folle de Flo Mounier et consorts, mais il n'est en même temps pas le Cryptopsy d'avant, plus malsain, tout aussi brutal mais en même temps plus mélodique. Le groupe a énormément évolué au cours de ces cinq années sans nouvelle sortie (si l'on excepte le live), et nous sert ici un coup de maitre, parvenant à faire évoluer sa musique sans pour autant la baisser en qualité et en brutalité. Friands de folie malsaine, de technicité, de brutalité, de changement de tempos et de mélodiques qui calment le tout, cet album est pour vous.

A écouter : The pestilence that walketh in darkness, Angelskingarden, Endless cemetary