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Biographie

Cough

Cough, en hommage à la quinte de toux du Sweet Leaf de Black Sabbath, est un groupe de Stoner / Doom / Sludge originaire de Richmond en Virginie, formé en 2005 par David Cisco (Chant / Guitare), Brandon Marcey (Guitare), Parker Chandler (Chant / Basse) et Joseph Arcaro (Batterie). Les premiers riffs massifs sont enregistrés sur un ep, The Kingdom en 2007 suivis par Sigillum Luciferi, leur premier album en 2008.

En 2010, Cough signe chez Relapse Records pour produire son second album qui commence à faire parler d'eux : Ritual Abuse, alors qu'un split avec The Wounded Kings voit le jour chez leur ancien label Forcefield Records. Le groupe tourne alors avec Nachtmystium, Across Tundras, The BodyBuzzov*enDark Castle ou MagrudergrindLes Américains reviennent en 2016 avec Still They Pray.

15.5 / 20
3 commentaires (15.83/20).
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Still They Pray ( 2016 )

Cela fait maintenant un peu plus de dix ans que Cough, groupe originaire de Virginie (au sud de Washington D.C. pour ceux qui n’ont pas en tête la géographie des Etats-Unis), propose sa relecture d’un Doom qui emprunte les traces de celui pratiqué par une autre formation native de la même région, Pentagram. Si l’influence du combo mené par Bobby Liebling est nette, elle s’accompagne de clins d’oeil plus qu'appuyés à Electric Wizard (le disque est d'ailleurs produit par Justin Oborn) ou Reverend Bizarre, figures d’une scène qui a généré un nombre de « copycats » suffisamment important pour s’interroger sur la pertinence et l’intérêt de groupes comme Cough. A une époque où le moindre riff tournant à moins de 70 BPM est immédiatement classé sans ménagement dans la catégorie des « mecs qui sont restés bloqués sur Black Sabbath et qui ne prennent pas la peine de lever le nez de leur bong pour écouter ce qui se passe ailleurs », Cough fait pourtant preuve d’une application et d’une ouverture d’esprit qui lui permet de proposer une musique plus intéressante qu’il n’y parait au premier abord. Le groupe a une véritable affection pour le Sludge, cela s’entend et se ressent dès le premier larsen introduisant un Haunter of the Dark qui, s’il nous emmène tout de suite sur les terres moissonnées depuis plus de vingt ans par Electric Wizard, contient assez de noirceur et de désespoir pour faire plus que rivaliser avec les Anglais, dont le Time To Die sorti en 2014 nous avait laissé sur notre faim. Une impression largement confirmée sur Possession, dégueulant de haine de l’autre et de soi-même et qui incarne, par l’intermédiaire d’une question récurrente et lancinante (« What have I become ? »), le dilemme de l’Homme confronté à la nécessité de devoir accepter ses faiblesses sous peine de tomber dans une misanthropie stérile et sans échappatoire. 

Si la première partie de Still They Pray suit un cheminement très classique et peut susciter un a priori négatif en raison de son manque apparent d’originalité, la qualité d’interprétation et de production n’est, elle, pas en cause à un seul moment et permet de se plonger sans retenue dans une musique qui va progressivement nous offrir les variations et contrepieds qui feront revenir le disque sur la platine de façon récurrente et jouissive. Masters of Torture et son break Stoner donnent ainsi le ton d’une deuxième moitié d’album beaucoup plus éclectique, déclinant son Doom sous la forme de ballades sépulcrales (Let It Bleed, l’acoustique Still They Pray) ou le temps d’une échappée aussi psychédélique que cosmique (l’instrumental Shadow of the Torturer). L'orgue de The Wounding Hours pénètre insidieusement dans le cerveau, apportant à la musique des Américains une émotion que l’on n’avait pas forcément devinée jusqu’ici, lui donnant une portée dépassant la simple tentation de rejet du monde qui nous entoure. Un moyen d’accepter la mélancolie pour ce qu’elle est, une énergie qu’il ne tient qu’à nous de transformer de la façon qui nous correspond le mieux, au risque de devoir ensuite vivre amèrement les conséquences de nos actes.

Ritual Abuse ( 2010 )

Deuxième rituel de Cough toujours engagé sur le sombre chemin de l'occulte et du psychédélisme enfumé avec Ritual Abuse encore plus défoncé aux champignons psychotropes et aux herbes magiques que son prédécesseur Sigillum Luciferi. Un deuxième album dans la boite pour commencer à se faire un nom aux côtés de groupes montant tels que Dark CastleStonehelm, Suma ou Kongh.

Alors c'est presque un affront de dire cela, mais l'on va forcément être obligé d'évoquer le sorcier électrique et le sabbath noir bien connu dont fait référence leur musique, c'est d'une évidence, sauf que ça n'en fait pas juste un clone des deux groupes. Si le Stoner / Doom monte en volutes de cette offrande à Lucifer, des lourdeurs Sludge viennent anéantir tout espoir de trip positif (A Year In Suffering). Une descente aux enfers pour se faire rôtir les chaires par les flammes rougeoyantes. La production dense, brûlante, étouffante comme un magma épais va dans le sens de ses riffs Stoner enflammés et ce Sludge suffocant. Comme Bongripper qui ne se cantonne pas à un Stoner / Doom classique, Cough va piocher dans les années 70 pour ces envolées Rock planantes et / ou hallucinogènes. A travers de longs titres frôlant les 13min (Ritual Abuse), Cough provoque l'errance, les délires paranoïaques et les messes noires de groupuscules réunis autours d'une antique table ornée de bougies affaiblies par les années.

Le chant clair très spécial, limite criard de David Cisco qu'on trouvera soit absolument génial (et original pour le genre) soit fabuleusement irritant, donne une tonalité spécifique au groupe tout comme ces terribles soli sortis d'on ne sait où (Mind Collapse). Crippled Wizard fera par exemple penser à ces vieux films d'horreurs aux ambiances particulièrement dérangeantes alors que des passages sur A Year In Suffering feront courber l'échine de n'importe qui sensible aux bons riffs Stoner assassins. On regrettera an premier abord une simplicité des compositions, mais sous cet aspect Ritual Abuse est un disque bien plus travaillé qu'il n'y paraît où se côtoient profonds malaises, trips acidulés et violences sourdes. Alors certes, Ritual Abuse n'est pas le disque le plus lourd, le plus noir ni le plus réussi dans le paysage Stoner / Doom. On trouvera sans difficultés plus extrême (RamessesAccept Death au pif) ou plus réussi, n'empêche que Cough sait se montrer concluant pour son rituel simple, mais hypnotique et lancinant, son chant décalqué et ses guitares sous le joug du diable vectrices d'atmosphères opacifiées.

Ritual Abuse est tout comme Satan Worshipping Doom de Bongripper, la bonne découverte Stoner / Doom / Sludge de 2010 permettant au combo virginien de sortir tout doucement de l'anonymat après leur récente signature avec Relapse Records et leur split au côté de The Wounded Kings. Voici un disque qui pourra pourquoi pas rallier à sa cause les déçus de Black Masses ou d'Eve.

A écouter : A Year In Suffering, Crooked Spine