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Biographie

Collapse Under The Empire

Si l’un venait de Brême (Chris), l’autre de Lübben (Martin), c’est à Hambourg qu’ils se sont rencontrés et qu’ils ont débuté ensemble Collapse Under The Empire. Très productifs, le duo sort coups sur coups un Ep Paintball (2008), un LP Systembreakdown (2009), puis un second, Find a place to be safe (2010) et enfin à nouveau un EP, The Sirens Sound (2010), ce qui le propulse comme l’un des groupes de post-rock les plus connus de la scène allemande. En 2011, le combo décide de partager un split avec les russes de Mooncake et accouche d’un 3e album Shoulders&Giants. Ceci sans compter les singles et autres participations à des compilations. Vous avez dit prolifique ?

12.5 / 20
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Shoulders & Giants ( 2011 )

Pour qu’il y ait des écoles dans l’art, il faut des maîtres et des disciples. La grande Histoire s’intéresse toujours aux premiers. Il appartient aux webzines de s’arrêter sur les seconds et d’accorder un peu de lumière à ceux-là même qui vivent éternellement dans l’ombre des glorieux illustres.

Collapse Under The Empire ne sera jamais Godspeed You! Black Emperor. Ni Sigur Ros. Ni Mogwai. A peine tutoiera-t-il un jour ces grand seigneurs. Qu'importe. Il combat avec ses armes. Le package est magnifique. Les photos dignes d’être exposées en musée. Aussi, avant même de s’offrir par le son, Collapse Under The Empire suggère par l’image l’essentiel de ses thèmes. Les grands espaces, le vide, la fascination du ciel, la Nature, la solitude. Et qu’est-ce que le post-rock sinon la traduction de tous ces concepts ? Shoulders&Giants utilise tous les ressorts du genre pour faire parler ces thématiques que la discipline adule. Les morceaux sont de ce fait longs, étirés, oniriques ; constellés de cordes échevelées et parcellées d'effets, de notes qui chavirent et oscillent, de reverbs et d’amples traverses. Tu connais la musique. Le murmure étouffé d’un piano ("Disclosure") succède aux bourdonnements des guitares ("The Last reminder"). On entend les montées caractéristiques qui ont fait le succès d'Explosions In The Sky ("The Sky is The Limit"), la fragilité des sensibleries de Mono ("There's no sky"), le goût de l’éclat à la This Will Destroy You, l'atmosphère flottante des satellites de Stellardrive ("Giants"). Le tout, avec ce soupçon d’électricité, de rudesse, de jams et d’ajouts électroniques qui tablent sur la rive 65Daysofstatic ("After The Thaw") et laisse deviner une proximité avec le dernier Mogwai ("There’s no sky").

On l’aura bien compris Collapse Under The Empire ne sont ni des iconoclastes ni des fossoyeurs du passé. Ils sont des élèves sages, appliqués et disciplinés. Le manque d’audace et d’inventivité leur sera reproché. C’est indéniable. Comment pourrait-il en être autrement ? Mais ainsi va le moteur de l’art. Un premier acte de guerre à la tradition. Une révolution, avec ses partisans et ses ennemis. A laquelle succède la victoire. Puis l’ère de la domination. L’ère que les soldats loyaux défendent et propagent. L’ère qui conduit à la norme. Puis à la tradition. Bientôt, un post-whatever viendra rompre avec l’idéologie post-rock dominante. En attendant…

En écoute sur MS.

A écouter : "Giants"

Black Moon Empire ( 2011 )

On disait le post-rock mort et enterré. On n’y croyait plus. Et certains s’empressaient de cracher sur sa tombe.

Pauvres fous que nous sommes. Black Moon Empire est là pour faire taire cette imprudence. Black Moon Empire est une union. Une union entre Collapse Under The Empire et Mooncake. En musique, on appelle ça un split. Oui mais ici, ce n’est pas qu'un "simple" split. Certes, les deux formations jouent bien chacune deux de leurs morceaux, mais elles exécutent également un titre ensemble. On a dit union.

Ce titre, c’est "Black Moon Empire". Une sublimité absolue. Une pureté qui se déploie lentement, comme un épanouissement, comme un pétale qui choie sous le poids de la rosée. Le côté un peu céleste, légèrement nébuleux et flottant rappellera aux amateurs God Is an Astronaut ou Explosions In The Sky. La filiation est bien là. Quant à l’épilogue – absolument magnifique – de ce titre inaugural, il emprunte la grâce des silhouettes de Mono. Sérieux, ce titre…

Oui, un titre comme ça, on a envie d’en faire tout un paragraphe. Alors, il faudra faire plus court pour le reste, dire en somme que "Spark" de Collapse Under The Empire est plus rêche, plus bétonnée, avec ce quelque chose de cuivré sur la basse qui domine le morceau. Quelque chose comme du Mogwai dans ses moments trapus ? Ou un mélange de Maserati et 65daysofstatic ? Quelque chose comme ça oui. Les 3 morceaux restants adouciront les mœurs. Des somptueuses envolées de violons de "Turquoise" aux langueurs de "Novorossiysk 1968" en passant par l’atmosphère industrielle de "T.S.D", tout est réussi. Et sans omettre de reconnaître que ce split n’apporte pas la révolution dans le genre et que, somme toute, il suit fidèlement les codes, il mérite d’être écouté. Car il est bien ce split, il est vraiment bien.

A écouter sur le site du groupe et à acheter via le label Oxide Tones.

A écouter : "Black Moon Empire", "Turquoise"