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Biographie

Sous Cold Body Radiation se cache une seule et même personne répondant au pseudonyme de M. Il y compose une musique éthérée et volatile entre Black Metal et Shoegaze et sort son premier disque chez Dusktone en 2010 intitulé The Great White Emptiness.

Chronique

14.5 / 20
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The Great White Emptiness ( 2010 )

La découverte d'un monde éthéré et doux comme du coton, lorsque la brume opaque et inquiétante se laisse percer par quelques rayonnements lumineux. C'est ce que l'on peut entrevoir sur la première création de Cold Body Radiation, The Great White Emptiness, sortie chez Dukstone.

Pour ce faire, Cold Body Radiation se place dans la mouvance Black Metal Atmosphérique / Shoegaze / Post-Rock qui a une large tendance à s'étendre depuis qu'Alcest a fait parler de lui avec Souvenirs D'Un Autre Monde en 2007. Si à ses débuts le style a séduit, questionné (y a t-il vraiment un lien avec le Black Metal?) et a eut ses détracteurs, force est de constater qu'aujourd'hui bon nombre de groupes se sont infiltrés dans ce type de musique. Pour ceux qui connaissent un peu ce genre de groupes tels que Lantlôs, Heretoir ou Liam par exemple, Cold Body Radiation n'étonnera pas particulièrement. Pour autant, les compositions du one-man band sont bonnes et méritent qu'on laisse flâner son oreille dessus quelques instants. Tout d'abord parce que l'ambiance, l'aspect le plus important dans ce type d'œuvre est plutôt réussie. Souvent douce, planante, elle se contraste aussi par des sonorités plus rudes. Les voix sont reculées, fantomatiques avec l'impression de prendre de la hauteur et d'assister à un tumulte lointain. En sus, des passages calmes qui emportent l'auditeur, affrontent d'autres plus malsain comme un rêve qui se transforme en cauchemars, comme un univers onirique hanté, quasi spectral. Le côté Shoegaze se remarque dans les textures et recouvre l'ensemble des morceaux d'un voile brumeux, mais un sentiment de plénitude, un effet reposant et relaxant s'échappe aussi des morceaux (White Light, The Great White Emptiness) par leurs jolies embardées Post-Rock. Loss ou Silver quant à eux offrent également leurs moments de clarté lumineuse avec leur agréables mélodies au piano qui s'évaporent lentement. Cold Body Radiation laisse planer le mystère par ses textures sonores presque irréelles, ses trémolos grésillants qui font de The Great White Emptiness un disque contemplatif, dont la profondeur de la musique se révèle au final très intéressante et dont il faudra plusieurs écoutes pour se faire happer et ressentir ses effets catharsiques.

Subsiste quand même un léger défaut sur The Great White Emptiness car le disque demeure assez prévisible passé trois / quatre titres. En effet M (non pas le guitariste français), a un peu de mal à éviter les répétitions dans son processus créatif ce qui fait qu'on se laisse moins facilement emporter sur la fin. Moins dépressif et noir qu'Austere ou Skagos, légèrement semblable à Frail, ce premier opus est plus que correct pour le genre, perfectible soit, mais avec un joli monde à découvrir à l'intérieur pour l'auditeur qui souhaite se laisser séduire.

A écouter : Loss, White Light, Nothing