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Biographie

Closure

Proche de Portraits Of Past ou de Spirit Of Versailles dans cette capacité à unir l’emo et le screamo dans une même phrase, Closure est un groupe resté incompréhensiblement anonyme et dont l’histoire nous est pour la majeure partie inconnue. Un split avec Breakwater en 96, une participation à la compilation I Can’t Live Without It (en compagnie de grands noms du moment : Botch, Amber Inn, Guyver One, In/Humanity) édité par le label indépendant culte Mountain (Saetia, Coleman, The Republic of Freedom Fighters) la même année, un Self-Titled en 97, des titres inscrits dans l’anthologie du genre ("Sebastian"…) et c’est à peu près de tout de publiquement accessible.
Malgré cette carrière courte et fugitive, Closure incarne toute une époque, dans cette manière d'être un pont entre divers influences et différentes époques, un passage obligatoire de l’anthropologie emo.

Chronique

16.5 / 20
1 commentaire (19/20).

Self-Titled ( 1997 )

Comment dire… Comment dire ce moment où tout se cristallise avant de voler en éclat, ce moment où le temps "suspend son vol" avant de déborder, quand tout hurle, comme si l’univers s’était fait gorge.

Tout faire vaciller... et jouer jusqu’à la perte de conscience. Chercher l’inspiration de l’autre côté puis clôturer le tout avec le même fil barbelé qui a servi à se coudre les paupières pour ne plus jamais voir la lumière du jour. Œdipe ère, Closure espère. "Out of siiiight, out of miiiind". "Sebastian" marque et marquera. Ton front, le mien et toutes les surfaces où l’éternité peut se graver. Car Closure possède ce côté incandescent qui dessine des silhouettes en flammes quand il expire. Closure est l’écarlate.

Groupe post-emo 80’s, Closure reprend ainsi cette manière de chanter sa peine à voix basse et en cascade, mais il y rajoute un désir : celui de crier pendant la chute. Dans le sillage des pionniers Heroin, Antioch Arrow ou Mohinder, Closure bascule donc dans le screamo sans le savoir. Les années 90 n’ont encore que peu goûté à ces balafres. Le souffre a quartier libre. Closure annonce la future venue de Saetia.
Chacun des 6 titres possèdent donc cette double facette – destinée à devenir culte - qui oscillent entre les rythmes et les intensités, dans cette émotivité périlleuse qui embrasse, embrase et dresse des haies d’honneur à la souffrance. En 6 larmes acides, les américains résument le combat du jour et de la nuit. Celui du chant contre le cri.

Par un travail insensé des guitares, des déboulés furieux de batterie et une voix mi-affligée/mi-éruptive Closure trouve ainsi le moyen de donner corps à un des plus beaux chapitres de l’aventure emo sans perdre de vue le feeling punk du berceau initial ("Inferno", "Time Off"). Arpèges, spoken words et hurlements s’y donnent la réplique pour la première fois : la sainte-trinité screamo/emo a désormais son dogme.

Dans des formats relativement longs et évolués (5 min en moyenne) pour la discipline, Closure trouve le moyen de dessouder les plaintes et de sortir la porte punk de ses gonds traditionnels tout en gardant l’entrebâillement et l’appel à la tempête qui sied au genre. Closure brise et refonde. Ou l’inverse. Closure tutoie l’Histoire.

"Km" est en écoute sur le site du label Mountain. Ici.

A écouter : comme un lment clef de l'Histoire emo/screamo