Biographie

Closet Witch

Né dans l'Iowa, Closet Witch prend forme autour de Mollie, Alex, Cory et Royce, officiant dans un mix entre Hardcore, Powerviolence et Grindcore. En 2014, une première démo sort, suivie par plusieurs EPs et splits (avec Euth ou National Hero) avant un premier LP annoncé pour fin 2017.

Mellification ( 2021 )

Closet Witch se décide à faire patienter en attendant son futur album en proposant un EP, Mellification, contenant deux titres issus de la même session d’enregistrement. En gros, si le combo arrive à maintenir la qualité des sorties précédentes avec les morceaux considérés comme les plus faibles ou hétérogènes avec le reste de la future sortie, c’est pari réussi.

Lâchez les chiens, sur Mellification, Closet Witch ressort les crocs et chope à la gorge. Si le nom de l’opus ne semble pas en rapport à première vue avec les titres (puisqu’il s’agit du principe d’élaboration du miel par les abeilles), il bourdonne néanmoins comme un bruit sourd, strident. De l’intro limite Sludge de « June 11th, 2006 » qui repart à moitié en une série de coups rapides des plus classiques aux éructations proches de Fluoride sur « Dogs Running », presque médicinal&cathartique sur certains passages hurlés en boucle, Closet Witch ne fait aucune concession. Tout est extreme, à la fois dans l’imagerie utilisée (le clip dévoilé le jour de sortie, l’artwork ultra sombre créé par le guitariste, qui succède à ceux de Sasha Shilbtack Cole de Malevich) ou les textes (« June 11th, 2006 » semble faire le lien avec un décès tandis que « Dogs Running » pourrait faire écho aux actualités de Trump avant la passation).
Extreme music for extreme people prend ici un sens clair, bien plus que le côté cru initial.

Il n’en faut pas plus pour me donner envie de replonger dans les méandres de la discographie de Closet Witch en attendant le prochain album. Les deux compos de Mellification augurent un bon disque, avec un groupe possédé comme à ses débuts.

15 / 20
1 commentaire (15/20).
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Closet Witch ( 2018 )

Avec toute la patience possible, on aura pu attendre ce premier LP de Closet Witch. Entre les différents singles et splits, le combo faisait preuve d’une justesse de composition qui donnait quelques frissons de plaisir. Après quelques avants-gouts avec « Rule By Bacon » et « Moonstomp », il était confirmé que Closet Witch ne ralentirait par le rythme de ses morceaux.

Cassons le suspens, cet opus part à tout vitesse et met à genoux ceux qui peinaient déjà à finir les splits précédents. Via une démonstration de force sur certains titres en allant au plus direct (« Spell of Giddiness » ou « Your Grace »), Closet Witch n’en oublie pas pour autant de faire durer le plaisir avec deux titres dépassant les 3 minutes (« Rule By Bacon » et « Lost and Unide »), mais ne baisse jamais son tempo. Véritable bulle de violence sonore, étouffante, le disque se met à la croisée du Hardcore (pensez au récent Sick Shit), du Grindcore mais aussi de la Powerviolence (« Personal Machu ») et semble avoir affiné certaines sonorités comme sur « Great River Medical Center » qui se voit amputer de son intro et gagne en précision ce qu’il perd en claustrophobie.

A noter certains passages, comme « Daylillies » ou le chant capte toute l’attention et rappelle un peu les français de Boom, mais aussi la fureur de SeeYouSpaceCowboy.gif from god ou Cloud Rat. Chaotique, le disque est pourtant construit et réfléchi, et bénéficie pour le coup d’une production qui est bien meilleure que les sorties précédentes et permet à certains passages de gonfler le torse (« Eyelids Of Horus » ou le titre de cloture, qui s’étale sur la longueur après avoir pris un rapide élan).
Noyant l’auditeur sous une succession de morceaux, ce LP prend parfois des allures de cacophonie (« Rule By Bacon ») mais jamais plus de quelques secondes, cassant parfois son rythme pour repasser sur une structure presque saccadée (« Your Grace »).

Ce premier opus tient sur la longueur, même si on sent que Closet Witch fait meilleur effet sur des formats courts. Néanmoins, il faut reconnaitre que l’album fait preuve d’une furie sonore presque bruitiste sur certains titres. Franchement, cet éponyme a suffisamment d’intérêt pour passer facilement les années.

A écouter : Daylillies - Rule By Bacon - Your Grace