Biographie

Closet Witch

Né dans l'Iowa, Closet Witch prend forme autour de Mollie, Alex, Cory et Royce, officiant dans un mix entre Hardcore, Powerviolence et Grindcore. En 2014, une première démo sort, suivie par plusieurs EPs et splits (avec Euth ou National Hero) avant un premier LP annoncé pour fin 2017.

Chronique

Closet Witch ( 2018 )

Avec toute la patience possible, on aura pu attendre ce premier LP de Closet Witch. Entre les différents singles et splits, le combo faisait preuve d’une justesse de composition qui donnait quelques frissons de plaisir. Après quelques avants-gouts avec « Rule By Bacon » et « Moonstomp », il était confirmé que Closet Witch ne ralentirait par le rythme de ses morceaux.

Cassons le suspens, cet opus part à tout vitesse et met à genoux ceux qui peinaient déjà à finir les splits précédents. Via une démonstration de force sur certains titres en allant au plus direct (« Spell of Giddiness » ou « Your Grace »), Closet Witch n’en oublie pas pour autant de faire durer le plaisir avec deux titres dépassant les 3 minutes (« Rule By Bacon » et « Lost and Unide »), mais ne baisse jamais son tempo. Véritable bulle de violence sonore, étouffante, le disque se met à la croisée du Hardcore (pensez au récent Sick Shit), du Grindcore mais aussi de la Powerviolence (« Personal Machu ») et semble avoir affiné certaines sonorités comme sur « Great River Medical Center » qui se voit amputer de son intro et gagne en précision ce qu’il perd en claustrophobie.

A noter certains passages, comme « Daylillies » ou le chant capte toute l’attention et rappelle un peu les français de Boom, mais aussi la fureur de SeeYouSpaceCowboy.gif from god ou Cloud Rat. Chaotique, le disque est pourtant construit et réfléchi, et bénéficie pour le coup d’une production qui est bien meilleure que les sorties précédentes et permet à certains passages de gonfler le torse (« Eyelids Of Horus » ou le titre de cloture, qui s’étale sur la longueur après avoir pris un rapide élan).
Noyant l’auditeur sous une succession de morceaux, ce LP prend parfois des allures de cacophonie (« Rule By Bacon ») mais jamais plus de quelques secondes, cassant parfois son rythme pour repasser sur une structure presque saccadée (« Your Grace »).

Ce premier opus tient sur la longueur, même si on sent que Closet Witch fait meilleur effet sur des formats courts. Néanmoins, il faut reconnaitre que l’album fait preuve d’une furie sonore presque bruitiste sur certains titres. Franchement, cet éponyme a suffisamment d’intérêt pour passer facilement les années.

A écouter : Daylillies - Rule By Bacon - Your Grace