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Biographie

City and Colour

Derrière ce nom en apparence collectif, City and Colour cache en réalité le projet d’un seul homme, Dallas Green, jusqu’alors connu comme le chanteur (la voix claire) du combo emocore canadien Alexisonfire. A l’instar d’un Joey Cape ou d’un Dennys Lyxzen mettant sur pied des nouvelles formations pour répondre à des nouvelles aspirations (Bad Astronaut, The Lost Patrol), Dallas s’est isolé pour livrer une oeuvre intimiste faite de mélodies exclusivement acoustiques.

A l’origine, il ne s’agissait que d’enregistrements personnels effectués au cours de l’année 2004 et destinés à son seul entourage. Mais rapidement les morceaux se diffusent sur le net et le site d’Alexisonfire afflue de demandes de toutes parts. Fort de ce succès d’estime, Dallas Green se lançe alors dans l’auto production d’une maquette, et épaulé de Julius Butty (producteur du Watch Out ! de Alexisonfire) met sur pied en quelques mois ce qui va devenir Sometimes. L’album est présenté au public dans sa version définitive en 2005 par le label Dine Alone Records. Le succès étant au rendez vous et le public présent à chaque déplacement, un Live est sorti en 2007 précédent de quelques mois la parution du second effort en 2008 via Vagrant: Bring Me Your Love.

 

15.5 / 20
2 commentaires (17/20).

Little Hell ( 2011 )

On ne pourra pas dire que City and Colour n’était qu’une lubie passagère pour le guitariste de Alexisonfire. Près de 8 après ses premières chutes de studio, le side project de Dallas Green accouche de sa 3e mouture. Preuve de son attachement viscéral et de sa permanence.

Et il faut voir le chemin parcouru. Sometimes était le reflet d’une composition intimiste, épurée, symbolisant les moments de solitude, mais recouvert d’une forte dose d’effet sur la voix, comme pour la parer d’un voile de pudeur. Bring Me Your Love, à l’inverse, fleurait bon la rencontre avec la culture américaine avec un grand C : le gospel, la country, l’US folk, les grands espaces. Little Hell opère la synthèse des deux, entre l’infime et l’infinie. Et le résultat est flamboyant. Le début de l’opus n’est ni plus ni moins qu’un petit miracle : "We found each other" et sa pédale steel mélancolique, "Natural disaster" et son refrain catchy à mort ou la bouleversante "Little Hell" - meilleure chanson composé à ce jour par C&C? - et sa sublime alliance entre les voix superposées et les arpèges.  Ici, City and Colour se présente comme un des artistes les plus convaincants et les plus enthousiasmants de la scène folk.

Le reste peut paraître plus étonnant ("Fragile Bird") ou un poil moins dans l’excellence ("Weightless", "Sorrowing Man"), mais tout de même : cette pureté dans la voix, cette émotion à fleur de peau ("Northern Wind"), ces arrangements subtiles (violon, piano, batterie), cette conduction dans les méandres de l’âme de Dallas Green à l’aide cette seule guitare sèche ("O’Sister", "Hope for now", "Silver and Gold"). Il faut écouter City and Coulour pour y croire.

En écoute sur MS.

A écouter : "W found each other in the dark", "Little Hell", "Northern Wind"
14.5 / 20
1 commentaire (17/20).
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Bring Me Your Love ( 2008 )

Après l’excellente surprise Sometimes parue en 2005, qui semblait répondre à un besoin de projet plus intimiste de la part de Dallas Green, en marge de la fureur d’Alexisonfire, la question d’une carrière à part entière de City and Colour se posait. Premiers eléments de réponses avec ce second album : Bring Me Your Love.

Dès les premières lyrics ("See I've been known to fall in love, But sometimes love just is not enough, And my heart will stray"), dès la première caresse à la corde, au bruit de l’acoustique et du timbre ondoyant, City And Colour jaillit comme l’odeur d’un parfum oublié qu’on viendrait de rouvrir après une longue période de clôture. Avec Bring Your Love, Dallas Green reprend donc ses habitudes, chope la note en haut de la partition, la déploie et la fait scintiller avec une emotion/justesse effarante. Le cœur balafré par le chagrin, la guitare en bandoulière, contorsionnée de douleur, le songwriter canadien refait le tour du grenier de sa mémoire et déploie ses démons ("What Makes A Man ?") et ses maux ("Waiting…") pour un résultat toujours aussi touchant ("Forgive Me", "Body In a Box").

Mais soyons sincère. A la première écoute, de loin, comme ça, on se dit que ça sent le réchauffé, que le Dallas ne fait plus un album parce que ses tripes lui ordonnent mais parce qu’il a un contrat à honorer etc. Jugement hâtif, jugement hâtif… Passé les 5,6 immersions, on se trouve penaud, emporté malgré soi, par le quasi ensemble des titres. Car ne se contentant plus de la simple guitare comme vecteur d’émotion, City And Colour élargit désormais sa palette, puisant dans les racines musicales nord-américaines pour y distiller quelques réminiscences folk (harmonica, effets western, bruits de chaînes d’esclaves, de coups de batterie ressemblant à des coups de fouet) voire gospel (chœurs, orgues, rythmiques avec les mains, acoustique typée église). Il en ressort un alliage de ballades mélancoliques ("Confessions", "Against The Grain", "Sensible Heart" ) et de chevauchées mélodiques bien enivrantes, avec ce petit quelque chose de lumineux destiné à faire sécher les larmes qui venaient de s’écouler quelques minutes auparavant (The Death Of Me, The Girl).

Légèrement moins touché par la grâce que son prédécesseur, Bring Me Your Love, gagne en revanche en variété, que ce soit dans son orchestration ou dans sa coloration sentimentale. La voix de Green demeurant toujours une offrande de la nature, les mélodies se métamorphosant aisément en claquement de doigts/fredonnement, ce 2e opus réussit son pari avec brio, celui de faire de City and Colour, une composante intégrante à la carrière de Dallas Green ; bien au delà du simple side-project/passe-temps.

En écoute sur myspace.

A écouter : "Forgive Me", "The Death Of Me", "The Girl"
15 / 20
2 commentaires (19/20).
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Sometimes ( 2005 )

Sometimes est un album uniquement acoustique ; inutile donc de chercher la trace de Alexisonfire ou d’un quelconque hardcore. L’album se répartit en dix titres qu’une rapide écoute survolée pourrait qualifier d’assez répétitif. A l’évidence, comme chez Federal ou Dashboard Confessional, l’association minimaliste voix/guitare lassera les amateurs de grosse production.
Le plaisir de la galette n’est donc pas tant à chercher du côté de l’originalité que dans son authenticité, particulièrement perceptible dans ce simple alliage de chant émo et de gratte mélodieuse. Fan autoproclamé de Jeff Buckley, Dallas chante avec le cœur, n’hésitant pas à explorer les aigus ou la partition lyrique (« Off by Heart ») pour exprimer ses états d’âme. Aidé par intermittence d’un léger reverb, le songwriter se plonge dans une introspection où s’entremêlent les doutes (« Sometimes (I wish) »), les peines et les dialogues avec l’absente. Le rythme est de ce fait éminemment lent, bercé par une guitare dont on entend toute l’étendue jusqu’au frottement de ses cordes.

Si au bout de quelques chansons, il se pourrait que le sentiment de monotonie gagne certains, notamment dans l’exécution de la partie chantée, il faudra alors redoubler d’attention. Savamment orchestrés, une deuxième guitare (« Save your scissors »), un violoncelle (« Casey’s Song ») ou un filet de piano (« Day Old hate ») apparaissent par intermittence en arrière plan et augmentent l’intensité de l’œuvre. L’ensemble se distingue effectivement par ces petits détails, cette sobriété qui émeut sans en faire trop. "Like knives", à ce titre, livre une formidable partition où sa voie légèrement feutrée laisse naître au fur et à mesure d’un piano et d’un violon d’accompagnement un cri final terriblement touchant (« Can have you ? »).

La mélancolie comme source principale d’inspiration, Sometimes n’est assurément pas un de ces CD qui rendra l’auditeur guilleret. Sa sensibilité offerte sans fard en fera cependant un excellent moment musical brûlant d’émotion.

En écoute: "Save your scissors" et "Caseys Song" sur la page Myspace.
La video de "Save you scissors" est dispo sur le site du label.
Site officiel http://www.myspace.com/dallasgreen

A écouter : "Save your scissors","Like knives" et "Day old hate".