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Biographie

Chaviré

Chaviré est un groupe Screamo / Punk fondé à Nantes et inspiré de la scène Emo française des années 2000 avec des groupes tels que Belle Epoque, AghastAmanda Woodward ou Daitro. Une première démo parait début 2015.

15.5 / 20
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Maintenant que les flammes sont partout ( 2019 )

Au-delà d’être Punk dans la musique, Chaviré l’est aussi dans l’âme.
D’une part cela transparait dans la musique, catégorisée généralement Emo, mais bien au-delà d’un aspect uniforme, Maintenant Que Les Flammes Sont Partout diversifie certains sons, ajoutant quelques sonorités plus orientées Post Punk (notamment au travers du jeu de cordes) et prenant, avec le recul, une direction plus que logique.
Par ses paroles, le combo l’est tout autant : de Foucault avec « Parrêsia » (que citait rapidement Orchid) à mai 68 (« Sorbonne, 1968 »), Chaviré rappelle légèrement la manière d’écrire d’Aurelien (Daïtro / Potence) mais n’emprunte pas la dureté des mots de ce dernier : on parle d’un texte et plus de vers, cassant les structures, mais aussi d’images moins acerbes. L’évolution est clairement audible, Chaviré a pris une direction artistique dont le principal affront aura été de perdre en ferveur ce que le groupe aura gagné en assurance. Et si des passages à faire chavirer les coeurs comme sur « Le Feu, Les Cendres » semblent effacés de ce nouvel opus, l’entité prend à la gorge sur « Parades » avec quelques backing-vocals plus proche de la tradition Emo.

Chaviré pose justement cette question de la tradition et de l’héritage. Sur Interstices étaient évoqués ces liens avec Belle Epoque ou Amanda Woodward, mais le groupe les piétine ici et livre sa vision de l’Emotional Music : quelque chose qui semble avoir délaissé « Si c’est de la racaille » à première vue, mais qui au final n’a fait que changer de masque, dont certains traits ressortent encore (« Godot » ou « Aux Contrevents »). Avec Maintenant Que Les Flammes Sont Partout, le quatuor mêle passé et futur : sonorités et mots s’enchevêtrent et semblent vouloir prendre un recul qui sera le premier pas vers quelques chose de plus humain (« Alice, 1977 » ou « Sur Aucune Carte »).

Chaviré fait sa mue et au-delà de ses premiers émois, intègre des éléments plus proches d’une vague Post-Punk au travers de sonorités sur « Parades » ou « Comment faire ? ». Evolution naturelle ou volonté de se détacher des codes ? Peu importe, le résultat est là. Certains murmurent encore que Des Bruits Qui Restent n’est pas détrôné, il n’en demeure que Chaviré offre un album très riche.

Interstices ( 2017 )

Chaviré continue de faire briller sa flamme.
Les bruits sont restés, et même si un an sépare les deux opus, Chaviré a trouvé le temps de grandir, de changer. La posture est la même, la gestuelle s’associe aux sons mais les Nantais amènent une subtilité dès les premières notes.
« Nous disparaitrons sans laisser de trace, nos communes idéales ne tiennent pas dans les métropoles. »

Le ton a changé, les mots ont pris un parti plus sombre, comme si une ombre de défaitisme prenait le micro par moment, initiait une prise de distance à d’autres instants. Au travers d’Interstices, Chaviré fuit la société du spectacle et semble résigné à ne pouvoir changer les choses (« Partir, Rester » : Pas sûr à la fin de prendre le parti de ceux qui restent, pas sûr de la fin.), parlant d’une seule et même voix (le « je » se retrouve uniquement sur un titre au profit du « on », à l’instar du LP précédent). Les mots sont justes, empruntent énormément à Belle Epoque plus qu’à Amanda Woodward.

Peut être moins marquant à mes yeux que Des Bruits Qui RestentInterstices semble plus adulte, amorçant dans ses titres toujours ces références à Belle Epoque, mais également au travers de quelques plans issus de la scène Lyonnaise (« Désertons le Désastre » ou « Le Voyage Forme La Jeunesse »). Le combo porte haut son étendard, ses messages se transformant en manifestes (« Nous Contre Nous ») et n’hésitant pas à boucler la boucler (les derniers mots de l’album seront également ceux qui l’ouvrent).
Chaviré s’est orienté vers les principes les plus posés du style, délaissant l’urgence du moment pour des passages plus Emo (« Partir, Rester »). Oubliez la fougue de « Je Suis Cioran », l’Emo Punk a pris corps ici et met tout le monde à genoux sur « Barcelone » ou l’accélération instrumentale qu’est « En Attendant de Déclasser les Centres ».

Pourtant, les premières écoutes furent rudes. Difficile de rentrer dans ce disque avec autant d’aisance que Des Bruits Qui Restent, de ne pas avoir envie de baisser les bras tant les morceaux sont hermétiques. Est-ce le poids des mots qui amène à créer une telle distance ? Ou des sonorités différentes de la perception que l’on pouvait avoir de Chaviré. Difficile de se positionner, mais il a fallu persévérer pour commencer à entrevoir certains traits de ce nouvel opus.

Interstices suit donc ce chemin tracé depuis les premières notes de « Jour de fête ». Néanmoins, il manque peut être le côté un peu plus viscéral de Des Bruits Qui Restent pour s’inscrire à nouveau dans le marbre, même si il est difficile de passer à côté de compos comme « Barcelone ».

A écouter : En Attendant de Déclasser les Centres
3.5 / 5
3 commentaires (15.33/20).
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Démo ( 2015 )

La Belle Epoque. Ce milieu des années 2000 où Amanda Woodward, DaitroMihai Edrisch et Aghast par exemple ont rédigé les plus belles lettres de noblesse d'un Emo / Punk à la française. Et depuis presque une dizaine d'années, plus rien ou presque.

Jusqu'à Chaviré, jeune groupe nantais qui vient raviver la flamme d'un Screamo brut, rageur, aux hurlements revendicatifs ("Et les lendemains qui chantent au diapason, Tuons tous les princes, sans exception" sur Du Cœur À l'Ouvrage). Les influences sont revendiquées, on sait tout de suite à quoi l'on a affaire, mais celle de Belle Epoque s'en détache clairement le plus. Musicalement par exemple dans les cordes ou les rythmiques (La Commune qui me fait penser à Une Simple Etoile) ou dans les textes entre quotidien morne et contestations "Est-ce que la passion a peur des années ? Et nos idéaux de se résigner ?" sur Jeune À En Crever. Un témoignage aux riffs incisifs, une batterie pied au plancher, un souffle court et une rage à la commissure des lèvres comme sur Jour De Fête, mais aussi quelques légères accalmies sur la fin de Jeune À En Crever qu'on aurait presque souhaité encore plus développé ou le davantage Punk-Hardcore Je Suis Cioran.

Qui étaient ils pour dire que le combat était perdu d’avance?

Quand les paroles sont aussi importantes que la musique. Dans cette démo il y a ce truc noir et glauque qui te colle à la peau. Entre désespoir, "Des fragments de lutte morcelés. Nos révolutions sont noyées." sur Je Suis Cioran, et révoltes, bien loin d'être comme un appel à tout laisser tomber "Combien faudra-t-il encore, De Communes et d’insurrections qui viennent ? Pour enfin donner tort, A notre manque d’action, notre lâcheté malsaine." Car oui le combat est toujours là : sexisme, racisme, homophobie, écologie, luttes sociales, veganisme... Les combats sont hélas nombreux, et sous nos yeux. A nous de ne pas les oublier.

En ce sens, cette démo de Chaviré fait un bien fou. Ils nous rappellent que les groupes dont ils s'inspirent étaient et sont toujours aussi importants pour leur musique, pour leur(s) message(s). Mais plus que ça on y trouve cette simplicité, cette rage, ce truc qui fait qu'on ne doit jamais oublier ne ne pas baisser le poing.
L’important c’est pas la victoire mais le combat.