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Biographie

Chat Pile

Fondé à Oklahoma City début 2019, Raygun Busch (Chant), Cap'n Ron (Batterie), Stin (Basse) et Luther Manhole (Guitare) mélangent Noise Rock, Doom, Indus, Post-Hardcore et Néo Metal dans leur musique avec deux eps qui paraissent très rapidement : This Dungeon Earth et Remove Your Skin Please. En 2021, ils sortent un split avec Portrayal Of Guilt. Fort d'une signature chez The Flenser, Chat Pile démontre toute l'étendue de son talent et de leur style unique avec la sortie d'un premier album, God's Country, très remarquée.

Chronique

17 / 20
1 commentaire (16.5/20).
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God's Country ( 2022 )

Chat Pile est dans le collimateur après avoir sortis deux eps très convaincants en 2019 ainsi qu’un split avec les non moins excellents Portrayal Of Guilt l’année dernière. Voici le quatuor d’Oklahoma livre son premier long format intitulé God’s Country avec une sortie The Flenser et toute la hype qui en découle derrière. Méritée pour notre part.

Ce qui ressent de suite à l’écoute de ce God’s Country c’est ce vent de fraîcheur et ce sentiment d’avoir à faire à quelque chose de nouveau. Pas forcément nouveau dans le sens ou Chat Pile mélange des styles qui existent déjà depuis longtemps, sauf que eux, sont les seuls à avoir osé, et avec beaucoup d’habilité, à tâter en même temps, les terrains de l’Indus Metal, du Noise Rock, du Sludge et du Post-Hardcore, pour en définir des contours un peu grossiers. De tous ces genres là, finalement plutôt voisins, se dégage l’impression d’écouter un groupe qui aurait bouffé pêle-mêle et régurgité Failure, Godflesh, Korn, Oxbow, Alice In Chains, Daughters et Rage Against The Machine. Ouais, tout cela en même temps. Donc forcément, on se dit que c’est dégueulasse, comme un groupe qui se réapproprie pleins de références et balance tout cela sans gêne, telle une mauvaise formation de seconde zone façon fête de la musique qui reprend System Of A Down, avant de jouer ses propres compositions. Non, Chat Pile est définitivement l’inverse de cela, est le témoin de musiciens autant été nourris aux musiques des années 90, ont une connaissance de la musique qui témoigne d’un énorme respect et surtout, surtout, le fait d’avoir un talent incomparable pour maîtriser tout cela et donner ce God’s Country qui figure dans les albums les plus originaux et personnels de cette année 2022.

C’est étonnant de parler de personnalité quand un groupe mélange autant de styles et d’influences, parfois un peu éloignées des unes des autres. Mais le fait est que, leur manière de sonner ne ressemble à rien d’autre. Tout comme faisait, il y a presque dix ans, Deafheaven avec son album Sunbather qui avec une approche bien différente de ses pairs, jouait de quinconce Black Metal, Screamo, Post-Rock et Shoegaze, avec une patte, une grammaire particulière. God’s Country est ce genre d’album unique. Avec l’intro Slaughterhouse qui fait très Oxbow et Why qui broie une sorte de rythmique concassante façon Korn des débuts en très noirâtre (ce son de basse !) avec la lourdeur d’un Godflesh illuminé par des guitares brillantes typées Noise Rock, en deux morceaux, on sent rend compte qu’on a affaire à quelque chose d’unique et de suite reconnaissable et personnel. God’s Country est rempli d’excellents titres tous singuliers : Pamela qui sonne comme un morceau de Surf Rock triste délavé couplée à des mélodies grinçantes qu’on pourrait trouver sur un Life Is Peachy ou Anywhere qui montre les crocs façon Unsane qui rencontrerait Kurt Cobain ou The Mask qui évoque la colère sourde d’un Ken Mode. Mentionnons enfin Grimace_Smoking_Weed.Jpg, le dernier morceau culminant à neuf minutes de riffs denses, de groove maladif comme s’il condensait toute l’urgence, la douleur et la rage de Chat Pile traduit dans cette seule ligne de chant (« I’m fine, serously, Leave me alone »). Car God’s Country en dehors de toutes qualité musicales qu’on peut lui trouver, c’est aussi cette implication émotionnelle qu’il demande de la part de l’auditeur notamment grâce à la terrible voix de son chanteur Raygun Busch dont on a l’impression qu’il est en permanence au bord du gouffre. Son ton et sa manière de hurler si viscérale rappellera d’ailleurs Alexis Marshall de Daughters tout comme s’il gueulait son désespoir et sa détresse à notre visage afin qu’il ne reste rien d’autre qu’un profond sentiment d’impuissance (I Don’t Care, If I Burn). 

Chat Pile fait désormais parti des groupes à compter, avec ce disque, que vous les aimiez ou non. Parce qu’ils ont su s’imposer dans un mélange de style et de cohérence qui est rare, qui n’arrive peut-être qu’une fois par an dans les musiques extrêmes que l’on aime. Un album viscéral et profond, unique même, qui fera date comme Sunbather de Deafheaven, à coup sûr.