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Biographie

Charlotte Gainsbourg

Charlotte Gainsbourg n'est plus à présenter. Actrice a la renommée internationale, la fille de Serge Gainsbourg et Jane Birkin n'en est pas à son premier coup d'essai dans le monde de la musique. Charlotte For Ever, son premier opus, est plus le fruit des lobies de son père que l'issue de son propre désir (elle n'avait que 13ans à l'époque).
Mais en 2005, soit près de 20ans après cette première aventure, elle décide de recommencer dans cette voie, avec des collaborateurs de taille : Air à la musique, Jarvis Cocker (Pulp) et Neil Hannon (Divine Comedy) pour les paroles, Nigel Godrich (Paul McCartney, Radiohead, Beck, ... ) à la production, Tony Allen aux percussions et David Campbell (père de Beck) pour l'enregistrement des cordes.
En 2006, la demoiselle répète avec un groupe (Air ?) dans le but d'assurer sa promo en live, notamment pour une émission de Taratata.

Chronique

14.5 / 20
27 commentaires (11.37/20).
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5:55 ( 2006 )

Il aura fallu attendre 20ans pour que Charlotte Gainsbourg se décide enfin à donner suite à ce qu’avait entreprit son père avec Charlotte For Ever. 20 ans pendant lesquelles la jeune femme rejette obstinément l’idée de rechanter, presque honteuse d’avoir cette envie qu’elle juge inutile sans la présence de son père.
C’est d’abord une chanson de Madonna (What It Feels Like For A Girl dans Music), dans laquelle on entend une de ses répliques de film (A Cement Garden), qui lui fera prendre conscience que la musique existe aussi à travers elle, et sans personne pour lui dicter son chemin.
Enfin, c’est la rencontre avec le groupe Air lors d’un concert de Radiohead qui fera le reste. Mais les mots font trop peur à Charlotte et c’est Neil Hannon (Divine Comedy) puis finalement Jarvis Cocker (Pulp) qui auront la lourde tâche de mettre par écrit les sentiments, pensée … finalement la vie de Charlotte.

C’est ainsi que né le projet de 5 :55. D’abord spectatrice de ce feu d’artifice musical, Charlotte sera invitée par Cocker à plus s’impliquer dans l’album, d’affronter ses démons … ou plutôt son père. Cet homme dont l’aura planera au dessus de l’album tout au long de sa conception, et qui finalement trouvera son salut dans la chanson Morning Song, hommage poignant de ce que représente l’homme pour sa fille.
Mais ce serait une erreur de croire que l’esprit de Serge Gainsbourg a littéralement hanté la jeune femme, et pour se démarquer clairement de « ce qui fût », elle décide que les paroles seront en majorité en anglais, la langue française restant à son goût, la chasse gardée de son père. Ainsi, avec des intonations parfois proche de sa mère, mais hautement plus charmante, la voix de Charlotte, telle une caresse douce et discrète (Beauty Mark), nous délivre peu à peu son univers imaginaire, calme et aérien, et ajoute une touche intimiste à cet album à l’ambiance déjà feutré.

Mais que serait cet album sans Air, car même si la présence de Charlotte est bien ancrée dans le disque, il n’en reste pas moins qu’il a été composé dans son intégralité par les versaillais, et leur essence émane tellement de l’opus qu’on serait tenté de le renommer « Air Featuring Charlotte Gainsbourg ». Et c’est peut-être ça le point noir : Leur musique a beau se marier parfaitement avec Melle Gainsbourg, on ne peut s’empêcher de penser « ah, ça fait quand même très Air ce passage ».
Le groupe tente tout de même l’innovation en travaillant pour la première fois avec des cordes (The Song That We Sing), ce qui donne un résultat s’approchant plus de la personnalité de Charlotte, mais leur marque de fabrique persiste (AF607105, Everything I Cannot See).

Cependant, ce serait de la mauvaise foi que de critiquer cette association harmonique, à la fois évidente et subtile, où tous les protagonistes ont su apporter à leur façon, leur pierre à l’édifice.

A écouter : 5:55, AF607105, The Song That We Sing, Beauty Mark, Everything I Cannot See