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Biographie

Chaos Echœs

C'est en 2011 sur les cendres de Bloody Sign que Ilmar Uibo (Batterie / Chant) et Kalevi Uibo (Guitare / Chant) fondent Chaos Echœs, rejoints très rapidement par Etienne Testart (Guitare / Chant - Children Of Doom, Evisceration) et Stefan Thanneur (Basse / Chant). Le groupe se met alors à détourner leur Black/Death Metal par des improvisations ou des recherches psychédéliques Doom, Drone ou Ambient. Leurs premiers travaux se retrouvent sur Tone Of Things To Come, réédité l'année suivante par Debemur Morti Productions, alors que sort également plusieurs compositions improvisées sous le nom de Parisian Sessions / Rehearsal I et de Duo Experience / Spectral Affinities la même année. Un album live de leur concert à la Boule Noire en septembre 2013 sort en 2014 alors que Chaos Echœs travaille sur son premier album, Transient, qui parait en 2015 chez Nuclear War Now! Productions. Fabien W. Furter (PhazmWheelfall) remplace Etienne à la guitare en 2015 et le groupe tourne aux côtés de Portal et Impetuous Ritual en France, Belgique, Suisse et Italie. Alors que The Unfathomable fait patienter, 2018 marque le retour du groupe avec Mouvement, ainsi qu'une collaboration avec le saxophoniste suédois Mats Gustafsson. 

Chronique

10 / 20
2 commentaires (13.25/20).
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Mouvement ( 2018 )

Transient constituait un trip d’une heure, un continuum impressionnant qui guidait sa proie vers la lumière dans une progression cohérente et aboutie. Attention, pas le disque que l’on peut écouter tous les quatre matins loin de là, mais au contraire un plaisir rare, que l’on se réserve précieusement pour les heures d’écoute les plus passionnées et attentives. 

C'est triste à dire mais Mouvement fait à côté pâle figure. Dans sa construction, ce deuxième opus semble tenir du collage, avec des titres qui dévoilent quasiment toute leur sève dès les premières secondes. Mouvement c’est un film dont tu ne connais que la fin sans avoir suivi l’intrigue. 
Mince quoi, où sont les attentes soignées, les montées splendides et les cassures qui tabassent ? Où est la torpeur habilement brisée ? Car comme à son habitude, Chaos Echoes joue sur les répétitions lancinantes. Mais encore faut-il être enivré, disposé à recevoir ces riffs; Mouvement nous les colle directement dans les pattes, Transient lui préparait le terrain, construisait patiemment un édifice avant de le faire voler en éclats. 

En fait, ce disque en devient même frustrant. Les musiciens répètent leurs motifs tel un mantra, avec bien sûr quelques variations et une certaine montée en puissance. Mais lorsque des explosions semblent s'annoncer à l'horizon (les coups sourds de Surrounded And Amazed By These Unplumbed Abysses Of The Inverted Sea), voilà qu'intervient déjà la fin du titre pour un changement radical de tempo. Est-ce que j'écoute l'album en aléatoire ? C'est une oeuvre à part entière ou une compilation mal équilibrée ? On marine dans la transition, on nage dans l'attente béate pour se faire couper l'herbe sous le pied. Alors oui, on ne pourra pas reprocher au groupe d'être trop prévisible c'est vrai. Mais Chaos Echoes laisse espérer trop de déferlantes incroyables qui ne viennent jamais ou pas au bon moment. 

Bien sûr, des titres (individuellement) sont à sauver fort heureusement, à commencer par l'entame évoquant par exemple Aosoth dans les sonorités. Embodied By Perfidious Curls In The Innervated Flux fonctionne réellement bien avec son côté très rentre-dedans, tellement que l'on se sent presque orphelin lors des deux pistes suivantes qui laissent déjà retomber le soufflet. Comparable en puissance, Shine On, Obsidian! Ego! Ego! Echo Back To The Yearning Of The Self! remplit également son office, couplant dissonances et martèlements proches du Doom. 
De bonnes idées sont également là, comme les accalmies acoustiques de Surrounded And Amazed By These Unplumbed Abysses Of The Inverted Sea ou le final très chamanique bien trouvé, ajoutant (trop tard ?) une aura occulte à l'ensemble. Malheureusement, il y a trop peu de coups de génie, et pas assez d'éléments réellement inédits pour vouloir s'y replonger avidement. 

Bien plus direct, Mouvement rate le coche, gâchant des riffs qui auraient pu être mille fois plus sublimés et pleins de sens si disposés dans un autre contexte. Amputé de moitié comparé au précédent LP des Français, cet album manque de liens, de titres vraiment marquants et se termine bien vite. On ne peut souhaiter qu'un plus prompt retour de Chaos Echoes dans leurs prochaines sorties, que l'on espère plus étendues et aussi ambitieuses que leurs aînées.