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Biographie

Peu de choses sont connues sur le projet Chamber, fondé en 2009 à Lepzig en Allemagne par Rose (Basse), Hatzel (Batterie), Muz (Guitare) et Boitel (Chant). Un premier effort, dont l'inspiration être à trouver du côté de groupes comme Wolves In The Throne RoomChamber Noir, voit le jour en 2011 chez W.I.F.A.G.E.N.A. Records.

Chronique

Chamber Noir ( 2011 )

En 2006 et 2007, Wolves In The Throne Room livrait avec Diadem Of 12 Stars et Two Hunters deux disques d'un Black Metal Atmosphérique de qualité supérieure. Leur composition, leur manière de procéder éloignée des clichés du Black Metal norvégien, les ambiances mystiques et organiques se dégageant de leur musique et l'aura mystérieuse bien particulière du groupe, tout ces éléments assureront à la formation une renommée grandissante et dont même un genre, utilisé à tord ou à raison, le Post Black Metal, fera petit à petit son trou dans le milieu. Il n'est donc pas étonnant de voir de plus en plus de formations s'essayer à autre chose qu'un Black Metal traditionnel et ce avec plus ou moins de réussite.

Des excellentes formations ayant chacune sa spécificité on pourrait citer à titre d'exemple Altar Of Plagues, Fen ou The Great Old Ones, mais des moins enthousiasmantes on en trouve aussi et Chamber fait hélas partie de ses dernières. Chamber s'inspire donc de cette vague de groupe qui travaille son Black Metal pour le faire sortir des codes usités depuis presque vingt ans. Ainsi ce Chamber Noir se décompose de six pièces longues, avoisinant la dizaine de minutes sans trop de problème et travaillée aux structures étirées pour des compositions fournies. Comme le prouve le paysage de la pochette, Chamber aime les contrées froides, la grandeur de ces étendues glaciales, mais pas uniquement l'isolement qu'elles peuvent suggérer. L'aura mystique que ces lieux peuvent dégager à l'instar de groupes dont la force de mère nature se ressent pleinement en écoutant leurs compositions (Wolves In The Throne Room, Enslaved, Negura Bunget...) est aussi l'une des caractéristiques de la musique de Chamber dont la filiation avec Wolves In The Throne Room est assez évidente notamment sur des titres comme Unfun. Mais dans l'idée le groupe fait bien plus penser à des formations allemandes comme Heretoir pour ses moments d'abattement ou Der Weg Einer Freiheit dans les aspects d'un Black Metal plus dur et acerbe.

Mais encore une fois, là ou il est aisé de fixer des images sur les travaux de Wolves In The Throne Room et de se laisser emporter dans une musique hypnotique, l'on peine à ressentir la même chose sur les compositions de Chamber, la faute à des morceaux qui manquent de hauteur et d'ambition sonore. Pas d'éléments particulièrement marquant, de riffs qui sortent de l'ordinaire, de mélodies que l'on retient, un chant maladif, mais qui ne varie pas suffisamment et globalement des titres (en dehors d'Unfun) dont on ne se souvient pas franchement. Là où d'autres groupes se servent d'instruments traditionnels, de musique électroniques, de structures complexes et d'arrangements innovants, Chamber reste à la surface des choses, essaye tant bien que mal de pousser son Black Metal dans des retranchements inattendus, mais ne parvient jamais à décoller. Ses tentatives Ambient notamment en début de titre (Soil, Chamber Noir) sont anecdotiques et l'utilisation des samples comme sur Der Weg (dont quelques lignes mélodiques sympathiques sont à noter) n'apportent rien à l'ensemble.

Ainsi, Rappelons qu'en 2011 Deafheaven, encore en pleine poussée de croissance, sort le déjà incroyable Roads To Judah, et que toutes les formations citées (ainsi que d'autres comme Lantlôs, Smohalla) ont livré des créations bien plus intéressantes, mouvementées et qui savent enrichir notre patrimoine Black Metal. Difficile dans ces conditions d'accorder, hélas, plus qu'un poli intérêt derrière cette mystérieuse formation allemande, qui, s'y l'on sent bien l'envie d'apporter sa pierre à l'édifice, n'est pas à la hauteur de ses ambitions.