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Biographie

Cauldron

Formé en 2006, Cauldron est un groupe de Heavy Metal Canadien de Toronto. Montée à la suite du split de Goat Horn par le chanteur bassiste Jason Decay, entouré de Ian Chains (Guitare) et Al Artillery (Batterie), la formation sort un 7" dans la foulée, mais change également de batteur avec l'arrivée de Al Chambers en 2007 pour la sortie de l'ep Into The Cauldron. Nouveau changement de batteur à la fin de l'année (une constante chez Cauldron) avec Steel Rider et la sortie du premier opus, Chained To The Nite chez Earache en 2009. Leur Heavy / Speed Metal se fait connaitre à l'international. S'en suit un split avec Enforcer en 2010 et l'enregistrement de deuxième album, Burning Fortune, avec Chris Steve (Skull FistAggressor) derrière les fûts, puis du troisième, Tomorrow's Lost, avec Chris Rite en 2012. C'est l'année où Cauldron semble trouver une stabilité de line-up, Myles Deck arrive à la batterie puis les canadiens sortent l'ep Moonlight Desires en 2014 et un quatrième album, In Ruin en 2016, signés cette fois-ci chez High Roller Records / The End Records. 

Chroniques

New Gods In Ruin
12.5 / 20
1 commentaire (15/20).
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New Gods ( 2018 )

On peut compter sur Cauldron depuis 2006 pour figurer parmi les vagues de nouveaux héros rendant hommage aux années 80. Balayant large du Heavy traditionnel jusqu’au Glam et au Hard Rock, les gars de Toronto ont trouvé leur place dans le panthéon de la New Wave Of Traditional Heavy Metal.

Et bien que ce soit assez antinomique avec les standards du genre, je vois Cauldron comme un groupe de Heavy minimaliste. Je m’explique, là où quantité de formations d’hier et d'aujourd’hui chantent les muscles saillants et le pouvoir des épées magiques, le groupe évoque bien plus la vulnérabilité, tant dans ses paroles (simplistes, on est quand même loin du chef d’oeuvre) que dans ce chant plus plaintif depuis ces dernières années. Le groupe l’affirme lui-même, le ton plus léger des trois premières sorties est désormais enterré et ça s’entend (Isolation).
Plus je les écoute, plus je me dis que Cauldron aurait aussi pu être un excellent groupe de Doom mélodique ou même de Post-Punk/Coldwave (à quand un featuring avec Hangman’s Chair ?). Le chanteur a décidément une voix plus habitée que jamais depuis In Ruin et véhicule des émotions peu courantes dans le genre. Même sur les rythmes enjoués et très 80's de Together As None, Jason Decay parvient à poser son timbre fantomatique, pièce maîtresse de cette sortie.

Après quelques passages sur la platine, on arrive à dégager une poignée de titres phares comme Drown, Prisoner Of The Past ou Together As None, et si l'on écarte Letting Go et Save The Truth qui sont lassent rapidement, le reste fonctionne plutôt bien. On passe globalement un bon moment à l’écoute de ce New Gods, et arrivés à leur cinquième album, les Canadiens maîtrisent bien leur art et l’ont fait évoluer en asseyant leur personnalité. Ce tournant a été pris avec In Ruin et notre disque du jour prolonge la démarche, mais avec moins de folie cependant. 

Car le trio risque à plusieurs reprises de franchir le pas qui sépare minimaliste de planplan et peu inspiré. Certes les refrains ressortent bien, mais difficile de fredonner des riffs vraiment marquants, ceux-ci étant assez souvent là pour l'habillage sonore plus que pour la compo elle-même. Et mince quoi, si tu me vends du Heavy, je veux de la guitare qui se réveille, qui envoie des lignes mélodiques mémorables. Même en terme de rythmique, l’album noir et bleu offrait bien plus de richesse que ce dernier né aux compositions souvent trop proches et se démarquant essentiellement sur les refrains chantés.

Quatre ans avaient séparés Tomorrow’s Lost de In Ruin, pour des raisons indépendantes de la volonté du groupe, et mine de rien l’attente et le saut qualitatif entrepris avaient payé. C’est malheureusement moins le cas ici. Bien sûr poser une première oreille sur ces neuf morceaux ne vous fera pas de mal, mais n’hésitez pas à remonter le temps.

A écouter : Together As None, Drown

In Ruin ( 2016 )

Ces derniers temps, particulièrement au Canada et en Suède, des chevelus en jean slim dépoussièrent avec talent le son du Heavy 80's. Non pas que l'adoration pour la NWOBHM ait jamais totalement cessé mais des formations comme Skull FistEnforcerAxxion ou Striker redonnent un coup de projecteur aux héros eighties et leurs artworks colorés. Une New-New Wave Of Heavy Metal donc ? Peut-être, il est clair en tout cas que Cauldron fait partie de ces jeunes loups prêts à vous faire (re)plonger dans l'âge d'or du Metal Lourd/Rapide.

Quand Cauldron entame les hostilités, la machine à remonter le temps fait effet assez immédiatement avec cette prod' bien dosée en sonorité old-school, un son qui peut sembler imparfait et obsolète au vu des possibilités actuelles mais qui colle parfaitement au genre pratiqué. Les Canadiens te sortent la caisse claire avec juste ce qu'il faut d'écho, des guitares bien amenées, des chœurs qui appuient les refrains mais sans jamais en faire trop. Le trio reste dans une certaine mesure tout au long de In Ruin, un choix qui ne fait pas défaut au combo puisque l'album puise justement toute sa force dans son côté ronronnant et sans démonstration agaçante. 
Pour parfaire le tout, la voix de Jason Decay enveloppe l'auditeur de son ton chaud et voilé, terriblement addictif. Le bonhomme ne se donne pas en spectacle avec des montées suraiguës et une tessiture incroyable mais se concentre au contraire sur une octave assez chaude et nostalgique, pouvant rappeler parfois Angel Witch et la (non)-justesse géniale de Manilla Road. Le chant est  l'élément clé de ces huit pistes (neuf avec l'instrumentale Delusive Serenade) et transporte son auditeur sans forcer. 

Il suffit de lancer No Return/In Ruin pour se faire happer par des mélodies simples et prenantes qui feront pousser la chansonnette après quelques écoutes. Des ajouts très simples comme les quelques notes de guitare clean sur ce titre introductif suffisent à embellir des riffs pourtant pas bien sorciers. Corridors Of Dust marque également les esprits pour son refrain presque mélancolique et le ton plaintif du chanteur. Delusive Serenade de son côté charmera les amateurs de soli et de ballades instrumentales quelque peu larmoyantes. On ne peut d'ailleurs pas taxer Cauldron d'euphoriques, contrairement à certains de leurs camarades sus-cités. In Ruin est de part en part traversé par un petit feeling Doom, plutôt pour le léger spleen qu'il dégage que stylistiquement parlant. 

Nos Canadiens n'ont définitivement pas à rougir de s'inspirer de leurs aînés car In Ruin constitue un hommage à la fois maîtrisé et personnel,  et surtout rempli de tubes. Rien d'étonnant donc à ce que nos trois compères finissent à l'affiche du Muskelrock 2017, connu pour sa programmation retro et son amour des dinosaures du Metal. All hails Cauldron !