Découverte
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Biographie

Carnival In Coal

  C’est en 1997, à Amiens, qu'Arno Strobl (chant) et Axel Wursthorn (instruments) ont fondé Carnival In Coal avec leur première démo "Sramik" alors qu’ils étaient musiciens dans House Of Wax et Extravaganza depuis 1989. Carnival In Coal n’était au début pas vraiment un groupe très sérieux, et leur but était juste de tenter un tas d’expériences musicales.
  Leurs deux premiers albums sortent en 1999 "Vivalavida" et "French Cancan", le dernier étant un album de reprises assez éclectiques puisqu’on y retrouve Genesis, Morbid Angel, Pantera ou encore Jerry Rafferty, sans oublier la reprise du tube disco "Maniac" (extrait de la B.O de Flashdance) version black symphonique.
  En 2004, ils signent un contrat avec Elitist / Earache, et sortent l’album "Collection Prestige" en 2005.

Chronique

16 / 20
3 commentaires (19.5/20).
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Vivalavida ( 1999 )

Nous sommes en l'an de grâce 1999, Alan Thursday Morning et Karl Zengerls (Arno et Axel pour les intimes) sortent leur premier album studio après un passage remarqué et remarquable sur les cd samples de Hard Rock Magazine de l'époque. Oui à l'époque on fonctionnait beaucoup comme ça, il n'y avait pas l'internet 2.0, les MySpace et Bandcamp n'existaient pas et la France avait une équipe de foot respectable. Une bien belle époque ma foi.

Nos deux amienois donc, dans l'anonymat le plus total, sortent alors ce qui deviendra vite leur album culte, leur passeport pour le panthéon des groupes timbrés, tendance OMNI, pour qui l'humour au sens large est un étendard bariolé annonçant l'improbable coït musical entre Carcass et Earth Wind And Fire. Avec seulement deux membres aux manettes (Arno au chant et Axel, homme orchestre impressionnant), Carnival In Coal réussit un mix improbable et presque inédit (à l'époque) de styles musicaux au premier abord insoluble avec du métal qui tâche. Prenez un sac en toile de jute (pour le style), jetez y dans l'ordre qui vous plaîra : un growler accro aux strepsils, des guitares black métal, des rythmiques death, un soupçon de reggae/ska, de la disco façon Gloria Gaynor, un groove léché servie par une basse impeccable, ajoutez y des paroles au plus haut point débiles, un synthétiseur playschool et déversez par dessus une délicate couche d'humour pipi caca touffe ainsi que des mélodies tubuesques (ce mot n'existe pas mais il sonne bien), et vous obtiendrez Carnival In Coal.

Pas besoin de détailler les titres de cet album, c'est un pur bonheur de n'importe-quoi-core, qui ferait à n'en point douter sourire le plus intégriste des métaleux (ça doit exister), et même si c'est parfois assez cheap musicalement, la majeure partie des compositions est assez péchue pour satisfaire l'amateur de sensations fortes, le drogué du riff cradingue, l'afficionados de la double pédale, le ... Bref, vous l'aurez compris ça tient la route musicalement, on peut même dire que les mélanges sont vraiment une réussite : cela tient surtout à ce sens de la mélodie accrocheuse, qui donne une certaine cohérence à l'album, passé le mal de crâne post première écoute.

Quelques maladresses d'écriture et de production largement éclipsées par cet incroyable sentiment d'être pendant une petite heure sur les épaules d'un monstre suintant la bonne humeur, la malice et le chou-fleur, jouant de son pipeau enchanté une musique vraiment à part, à la fois entraînante et apaisante. Poésie ? Non non, gros délires de grands enfants qui ne se prennent pas au sérieux mais qui ont du talent à revendre (passage black sur In Darkness Dwells Vice, disco sur She-male Whoregasm, Dressed like Pazuzu, ambiances et death metal sur Got Raped et Entrez le Carnaval, ...).

Bref, vous allez rire, c'est certain. Si vous avez des doutes, commencez par Yeah, Oystaz puis enchaînez avec In Darkness Dwells Vice, XXX Dog Petting et Narrow-minded sexist pig. Franche rigolade assurée !
Un album incontournable, culte, pour tous les amateurs de métal extrême (au sens large), qui n'a absolument rien à envier à un Mr Bungle ou un Annie Cordy grand cru... Foncez !

Metal music's a man's man's world
It must be done with muscles and force
Cannot rock with half a crotch
Cannot boogie if you ain't got balls
The girl's place is backstage
To satisfy the victorious warrior
So ungrab that mike you bitch
I'm a narrow-minded sexist pig

This one's a tribute to cum tanks
Bad girls don't get bored in hell

A écouter : Pour la bonne humeur que dégage cette ode au n'importe quoi made in Amiens...