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Biographie

Cardiac Arrest

Cardiac Arrest est un groupe de Death Metal formé en 1997 à Chicago. Le groupe se stabilise vers 2001 et commence donc ses concerts à partir de cette date. Après deux années infructueuses, le groupe se sépare et ses deux membres principaux, Adam Scott (Guitare / Chant) et Johnny Dove (Guitare), rejoignent le groupe D.O.T.A.C. Cardiac Arrest se reforme en 2004 avec Ed Baugh (Batterie) pour sortir l'ep Heart Stopping Death Rot la même année. Johnny Dove ne reste que peu de temps dans le groupe. Mark Raiman arrive en tant que bassiste pour la sortie d'un second ep, Beast Among Many en 2006, mais c'est essentiellement avec les arrivées de Dave Holland (Basse), Tom Knizner (Guitare - ConvulsionsSevered) et Jim Deabenderfer (Batterie - FunerusBlood Of Kingu) qui vont booster le groupe et lui donner son style définitif : un mélange de Death Metal old school, de technique moderne et de films d'horreur. Morgue Mutilations, le premier effort, sort donc en 2006 chez Redrum Records suivit par Cadaverous Presence en 2008 qui vont les faire gagner en puissance. Haven For The Insane sort en 2008 chez Ibex Moon Records suivit également par Vortex Of Violence en 2012 sur le même label. Nick Gallichio remplace Jim derrière les fûts ce qui amène Cardiac Arrest à sortir un split avec Mutant Supremacy en 2013, un autre avec Radiation Sickness en 2015 et entre temps, leur cinquième album And Death Shall Set You Free en 2014 qui parait chez Razorback Recordings. Les américains se font alors plus discrets pendant une poignée d'années avant de sortir A Parallel Dimension Of Despair en avril 2018 chez Memento Mori.

Chronique

18 / 20
1 commentaire (19/20).
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Cadaverous Presence ( 2008 )

Dans nos chères contrées françaises, il y a quelques siècles de cela, on assista à un choc culturel survenu après la représentation de La Serva Padrona, opéra de l'Italien Pergolèse... S'ensuivit la célèbre querelle des bouffons, qui opposa les partisans de la musique française bien sérieuse (notamment de Rameau) aux partisans de la musique italienne un poil plus frivole... Le reste, c'est de l'histoire, mais il est intéressant de noter que Couperin tenta de concilier les deux bords avec son Concert Des Goûts Réunis, incluant un modèle de suite française... arrangé à l'italienne. Mais qu'est ce que ça vient foutre dans une chronique de Death Metal ? Et bien en fait, on peut faire un parallèle entre cette fameuse querelle des bouffons et le Death Metal aujourd'hui. Car on a une sorte de querelle des bouffons du Death Metal : old school vs. new school, brutal vs. pas brutal, gravity blast vs. pas blast, tronçonneuse vs. hache... Bref, on se bat pour savoir qui qui a raison, et ça mène parfois à des débats débiles, de la mauvaise foi intarissable, du trveisme bas de plafond et des bières vides autour de Deicide parce que finalement, ce qui compte c'est que ça poutre. A quand notre concert des goûts réunis nous aussi ? Entre les brutos du Deathcore qui remplacent peu à peu les amis de Devourment dans la hype brutale et les groupes qui jouent de plus en plus old school comme toute cette vague suédoise qui sort des K7 (TribulationMiasmal, et même Zoldier Noïz en France), on a de quoi être perdu et d'avoir envie de souffler, de trouver quelque chose qui finira par clouer le bec à tout le monde. Et bien chers amis deatheux, bingo : ce disque là, on l'a trouvé. Cadaverous Presence de Cardiac Arrest.

Bien qu'étant un groupe résolument underground (à peine connu chez eux, totalement obscur chez nous), Cardiac Arrest a des qualités à faire frémir. Car ces gens là ont tout compris au Death Metal. Cardiac Arrest a ingurgité 25 ans de Death Metal, d'évolution dans la vitesse, la brutalité, l'esthétique, la technique, pour régurgiter un fabuleux melting pot qui condense toute l'histoire du genre en une tuerie infernale. Cardiac Arrest a les attraits d'un groupe old school. D'abord, une prod qui fait furieusement penser aux débuts des 90's, une sorte de mix entre le son puissant du Morrisound et un son écrasant piquant pas mal au Sunlight Studio, le tout d'une clarté exemplaire... et d'une rawitude qui fait du bien : c'est crade, c'est tranchant, mais boudiou, qu'est ce que c'est propre ! Old school toujours, Cardiac Arrest a une science du riff qui tue, un riff qui ne tient à pas beaucoup de notes mais qui marque, qui se fait remarquer, et qui incite à bouger la tête, non content d'instaurer une ambiance assez glauque, un peu à la manière d'un Broken Hope... La voix très accrocheuse et granuleuse aide aussi beaucoup à ce feeling old school, la construction aidant aussi. Foule de d-beat et de mid-tempos légèrement Cianideiens, toupa toupa thrashisants, riffs simplistes... Cardiac Arrest aime le Death Metal old school et nous le fait sentir.

Bien qu'ayant tous les attraits de l'old school, Cardiac Arrest va beaucoup plus loin que cela. En grattant la couche de crasse et en époussetant un peu la poussière, on découvre un groupe fermement ancré dans les années 2000. Jugez plutôt : des mosh parts déguisés en mid-tempos, de l'hyper blast à la Derek Roddy (Hate Eternal) bourré de subtils changements, des marées de gravity blasts en forme de breaks, des soli sweepés, tappés, mélodiques, bordéliques qui sortent de nulle part en vraie ode à la six cordes... les voix doublées furieuses rappelant très très fortement les méfaits des groupes d'Unique Leader Records, des passages hystériques de vitesse qui nous ramènent au Slam Death Metal, mais avec beaucoup plus de consistance (car avec des vrais riffs !), écoutez donc le titre Make Them Die Slowly qui en est un excellent exemple.

Mieux encore que de simples considérations techniques, Cadaverous Presence  possède les attraits des deux genres dans sa globalité. La variété, l'intelligence et l'accroche du old school sont là... le côté monolithique, brutal et monotone du Brutal Death Metal aussi. Le voilà, notre concert des goûts réunis. Si vous aimez le Death Metal, Cadaverous Presence devrait vous plaire, peu importe le côté où vous vous situez : old school ou new school. Ce qui est une chose très rare aujourd'hui. Alors d'accord, nous avons déjà des groupes jouant la carte du mix dans les sorties du label Ibex Moon Records par exemple... Mais aucun, aucun de ces groupes n'arrive à canaliser autant l'énergie des deux genres aussi bien que Cardiac Arrest.

2008 a été une année débordante de qualité pour le Death Metal, les tueries s'enchainant sans fin. Les old school ont eu Hail Of Bullets, le dernier Dismember ou Necrovation, les brutos ont eu Origin, Krisiun, ou Viscera Infest... Mais au delà de toutes ces tueries, Cardiac Arrest s'élève en numéro un par sa compréhension du genre. Si vous êtes plutôt old school, laissez-vous séduire par l'artwork bien typique du groupe. Si vous êtes plutôt de l'école brutale, ne soyez pas rebutés par l'aura ancienne que le groupe se donne : ils vont bien plus loins que cela. L'album de Death Metal de l'année 2008, à n'en point douter !