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Biographie

Capsule

Originaire de Miami (Floride), Capsule signe un premier disque en 2005 chez Dipply Records avant de rejoindre Robotic Empire en 2006. Après quelques brèves productions (demo, Tour EP), le trio signe un premier album intitulé Blue, à la croisée de nombreuses tendances du hardcore nord américains. Actuellement, Capsule s'acquitte d'une longue tournée états-unienne aux côtés de Furnace avant de venir faire un tour sur les routes d'Europe.

15.5 / 20
2 commentaires (17.25/20).
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No Ghost ( 2011 )

La chronique du précédent disque de Capsule se terminait par ces mots de Senti : "Si le punk est mort, qu’on m’enterre aussi mais avec le premier album de Capsule cloué sur le front". La formule était destinée à faire date et à marteler comme un impératif catégorique la nécessité de suivre la carrière du groupe.

Ainsi soit-il. No Ghost est la seconde mouture des Floridiens. Il s’est délesté de sa dimension screamo. Totalement. Il n’y a plus de cris autres que celui des cordes. Ces cordes qui bruissent. Ces cordes qui se disloquent. C’est cela Capsule désormais. Du post-harcore torturé. Du post-hardcore alambiqué. Qui refuse la stabilité, le linéaire et le ronronnement. Pas de risque que le cerveau de l’auditeur se cale en automatique donc. Capsule fait sans cesse appel au sensualisme. Il colorie en dehors des marges, déstructure les rythmes et défie la logique.
 
A celui qui nierait, écoute "Miscology". Puis demande au manche ce qu’il a vu passer pendant ce No Ghost : combien d’aller et retours des phalanges, combien de martellement sur ses cases, de picking sur ses touches. Le témoignage vaut la peine d’être entendu. Car le long de 10 pistes servies par un vinyle magnifique, Capsule donne aux spasmes des formes sonores et à la convulsion une matérialité tempoïque. Sur les partitions, du chaloupé et du syncopé. De la morsure et du morse.
 
Et pour nous en télégramme, ça donne quoi ? Mathcore. Coalesce. Chaos. These Arms Are Snakes. Stop. Chant éraillé. Envie de tout buter. Désaccords des accords. Stop. Quelques longueurs, quelques répétitions et une difficulté à tout ingurgiter d’une traite. Stop. Un opus immanquable. Le hardcore écrit en lettres de noblesse. Le souvenir ému de Botch qui revient inévitablement. L’enchainement "Ryan/Isn’t Us" bouclé à en devenir malade. Stop. "Ce n'est qu'à la tombée de la nuit que la chouette de Minerve prend son envol". (Hegel). Stop.

En écoute sur le bandcamp du groupe et en achat sur Moment Of Collapse. A noter que le label accompagne l'envoi du vinyle d'un CD et d'un t-shirt.

Split avec Furnace ( 2010 )

Pour célébrer leur amitié et leur tournée européenne commune en 2010, Capsule et Furnace ont taillé le bout de gras ensemble dans un split estampillé Moment of Collapse.

Le fait est notoire: sur disque ou sur les planches, Capsule n’est pas du genre linéaire et plan-plan. La vie ressemble donc à l’œuvre. Les évolutions sont légions. Ainsi, le line-up originel a subi une belle secousse : nouveau batteur, l’ancien qui passe à la basse, le bassiste qui passe à la guitare. Paye ton remous. Remous d’autant plus significatif que le nouvel arrivant aux fûts n’est autre que Eric Hernandez (Ex-Kylesa). La nouvelle alliance a forgé ce titre : "Whole Grounds". Massif comme une dalle de placoplâtre, filandreux comme de la laine de verre. Avec le remue ménage des guitares, la pesanteur au riffing et la voix dans la tringle. Comme une préfiguration du full length No Ghost.

Furnace se voit octroyer 3 tirs de mortier pour la riposte. Il en faut bien autant pour mettre Capsule à terre. Alors pour s’acquitter de cette tâche, les natifs du Massachusetts tablent sur un hardcore épais, hargneux, qui reprend quelques salves chantées à Capsule mais l’agrémente de micro-séquences syncopées de batterie – quasi grindy – incrustées sur des cordeaux saillants que trahissent quelques mélodiques dissimulées ("Friendly Cosmos", "Clump Satellite"). Un Hardcore sale, dégueulant mais pas dégueulasse, que l’ampli ressort en bouillie, écrasé par les broyeurs de l’instrumental ; un hardcore de sous-sol. "Demande à la poussière".

En commande sur Moment of Collapse.

A écouter : "Whole grounds", "Friendly Cosmos"
16 / 20
2 commentaires (16.5/20).
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Blue ( 2007 )

Cette Capsule là pourrait bien se targuer de contenir une bonne partie de tout ce que le Post Hardcore d’outre Atlantique nous a offert de meilleurs ces derniers temps.  De l’hystérie Orchid jusqu’à la fougue rude et âpre de Phoenix Bodies en passant par les frasques mathy façon early Hot Cross, il semble que Capsule ait tout digéré pour tout régurgiter d’une traite et en bloc.

Capsule joue un hardcore tendu et crispé avec une aisance presque déconcertante, en déboulant comme des vieux briscards toutes voiles dehors et en enchainant les mandales recto verso sans prévenir. C'est la tannée grandeur nature sans passer par la case avertissement. Essorant les guitares sans jamais s’empaler dans la masturbation de manche, le combo coordonne avec classe et talent une multitude de plans catchy à l’efficacité redoutable sublimés par un chant granuleux légèrement en décalage et laissé en arrière plan mais qui sans mal aucun, apporte un caractère épique et fédérateur (remember Yaphet Kotto). 
Les américains prennent également appui sur la dureté de leur rythmique et jouent efficacement de l’importance des silences comme des moments de pure cacophonie. C’est ainsi que la basse martelée et redondante insuffle une bonne dose de puissance sans pour autant faire lorgner Capsule vers une lourdeur handicapante et que le tempo versatile fait s’emballer les morceaux dans une véritable course contre la montre, et ce, malgré leur relative brièveté.

Verni par une production roots pas très loin des derniers efforts de Phoenix Bodies (comprenez à blanc sans pour autant sonner "quincaille"), Blue est un grand morceau de bravoure distribué avec urgence et passion s’acquittant sans mal de son lot d’hymnes hardcore sincères et frénétiques (“Cobalt Connection?, “There’s Another Worst For This?). Si le punk est mort, qu’on m’enterre aussi mais avec le premier album de Capsule cloué sur le front.

A écouter : Cobalt Connection - Theres Another Worst For This - True Blue