logo Burial Invocation

Biographie

Burial Invocation

Burial Invocation est un groupe de Death Metal occulte fondé en 2008 à Istanbul en Turquie par deux hommes, Cihan Akün (Guitare) et Aberrant (Batterie). Les deux musiciens s'entourent de Burak Tansel (Guitare) qui ne reste qu'un an, remplacé par Mustafa Gürcalioğlu, puis de Mustafa Yıldız (Chant) et Malik Çamlıca (Basse). Les cinq musiciens enregistrent alors l'ep Rituals Of The Grotesque qui sort en 2011 chez Dark Descent Records. Mais Malik et Burak quittent le groupe et Burial Invocation se retrouve à trois pour enregistrer un nouveau morceau, Obliterated In An Ignominious Grave, qui figure sur le split avec Anatomia qui parait en 2011. Aras (Guitare) et Mert (Basse) sont recrutés peu après, mais la formation turque splitte en 2012.

Il faut attendre 2014 pour que Burial Invocation renaisse de ses cendres, toujours cristallisée autour de Cihan (Guitare), Aberrant (Batterie) et Mustafa Yıldız (Chant). Arrivent en renfort, Can Yakay Darbaz (Guitare), Doğu (Guitare) et Malik Çamlıca (Basse) qui revient dans le groupe. Ce dernier s'en va en 2016, Doğu le remplaçant à la basse. C'est pourtant avec les trois musiciens de départ que le premier album est enregistré. Abiogenesis voit finalement le jour en 2018 chez Dark Descent Records.

Chronique

Abiogenesis ( 2018 )

Dark Descent Records est un vivier quand il s'agit d'écouter des groupes de qualité en matière de Metal extrême. On pense sans mal aux claques qu'ont été récemment administrées par les derniers opus de Blood Incantation, Spectral Voice et également Bestia Arcana. En 2018, AtaraxyRitual Necromancy et nos protégés du jour, Burial Invocation, ont sérieusement de quoi vous contenter si vous cherchez du Death Metal opaque et ténébreux.

Huit ans que Burial Invocation n'avait pas refait parler de lui, une pause de deux ans dans ce même laps de temps, des musiciens qui viennent ou reviennent, bref les turques en ont visiblement pas mal chié pour accoucher de ce premier long format. Abiogenesis donc, orné d'un visuel magnifique réalisé par Dan Seagrave et une durée de 50 minutes pour seulement cinq titres. Si tu as réussi à aller jusqu'en sixième, tu comprends qu'on a affaire à des titres longs, mais nul Doom / Death Metal à rallonge ici, on va bien parler de Death Metal, celui qui se terre dans les cavernes en attente d'une proie à déchiqueter. Ainsi, la filiation à Incantation est évidente, et dans l'approche occulte et dense du genre on pourra également penser à Dead Congregation. Plus que cela, Burial Invocation est intéressant dans sa manière de jouer un Death Metal obscur, assez référencé old school (un peu à la Tomb Mold), mais aussi pas mal moderne dans son approche technique, dans la composition et dans la production du disque. Les mecs sont pas là pour faire des repompes de morceaux d'Obituary en mode ligne droite tout riff carnassier dehors.

A la différence du premier ep, Rituals Of The Grotesque, Burial Invocation a étoffé sa formule. Si les ambiances de caverne suintante sont toujours présentes, l'execution est  transformée car les titres sont portés par les guitares et notamment de nombreux leads ou soli. Le titre Abiogenesis par exemple en est rempli et certains moment font vraiment mouche comme le passage menaçant vers les 10mn. Clairement, c'est le genre d'album qui est porté par les guitares et le riffing. Pas forcément celui ou tu vas enchaîner trois riffs de tueur à la Obituary, plutôt celui alambiqué, tordu, assez technique également, comme sur Visions Of The Hereafter qui possède un petit feeling Immolation. Sans pour autant taper dans les descentes de manche interminables, dans l'ultra growl pénible ou la batterie mega triguée des albums de Brutal Death Metal technique. Ce qui est plaisant avec ce Abiogenesis c'est d'en explorer les recoins à chaque nouvelle écoute car on trouve toujours quelque chose à découvrir. Un motif rythmique, une ligne de guitare sur laquelle est calé un chant macabre... Jusqu'à la toute dernière piste acoustique, (Tenebrous Horizon), très courte elle, l'album est très solide et se tient d'un bout à l'autre, sans temps mort. Seulement voilà, il faut l'encaisser et accepter de ne sans doute rien retenir avant au moins cinq ou six écoutes et de commencer à l'apprécier à sa juste valeur au bout d'une dizaine. Encore une fois on n'est pas sur un album de Death Metal percutant et mémorisable facilement, mais une fois passé cet effort il y a vraiment matière à prendre son pied (le riff d'ouverture de Phantasmagoric Transcendence).

Tortueux, alambiqué, moderne, old school, ambitieux... les qualificatifs pour décrire ce premier album de Burial Invocation ne manquent pas. Une chose est certaine, il va falloir s'y pencher sérieusement pour en extraire toute sa saveur gluante et moite. Comme un vrai bon disque de Death Metal qui montre qu'on peut rendre hommage à Incantation sans les copier inlassablement.