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Biographie

Brume Retina

Groupe parisien fondé en 2006 sur les cendres de Gameness + le batteur de Lab°, Brume Retina affute son propos vers un hardcore plus radical. Investi dans la scène alternative via notament l'organisation du 4ème Oh Yeah Fest, Brume Retina livre un premier album, Linéaire des libres, qui introduit leur univers rèche et obscur. L'année suivante, le groupe partage un split avec Hiro (ex Gantz), puis se pose quelques temps pour 3 ans plus tard, mettre un terme à Agresse gueule (Recap Records, Ermegence records, Fux Records, Impure Muzik), un deuxième album plus abouti à l'intensité décuplée.

15.5 / 20
1 commentaire (16.5/20).

Agresse gueule ( 2010 )

Agresse Gueule. Arrache Trippes. Violence Violence. Ce n'est pas de l'eau que Brume Retina a mis dans son vin, mais du sang. Un disque vynil rouge vif, un visuel aux veines ouvertes et à la tronche explosée, tout est là pour coller au palais un goût amer, et à la salive une teneur acre et tenace.

Merde, les gaziers de Brume Retina ont bouffé du fil barbelé depuis Linéaire des libres. Les parisiens recrachent brûlot sur brûlot, la bave aux lèvres. Le genre d'invectives hardcore qui donnent envie de tendre l'autre joue à chaque mandale. Outre cette intensité de tous les instants, palpable de toute part comme un fil conducteur, Agresse gueule est loin d'être un disque qui ne mise que sur l'impact et le rentre-dedans. Chaque facette rustre et caverneuse possède sa contraposée, fine et éclairée. A un chant ultra-gras, boueux et gavé d'aspérités, répond une autre ligne vocale, qui résonnant comme une sirène d'ambulance, étire le propos de Brume Retina sur des terrains ou l'Urgence est le maître-mot. Il en va de même pour les guitares, qui dès le premier titre, aspire le cerveau avec un jeu cyclique, affuté comme une lame de rasoir, typiquement noise rock. Brume Retina fait tourner les rotatives en plus de balancer du gros riff qui tâche ultra-saturé. La batterie, instinctive et précise, est toujours là pour recadrer, pour pointer du doigt la marche à suivre, qu'elle soit empreintes de sauvagerie ou de contretemps aérés superbement bien amenés. Car c'est un fait, Brume Retina épure pour mieux bastonner derrière. Gameness est un tas de cendres. Brume Retina est une autre histoire mais qui ponctuellement, sait faire parfaitement ressurgir l'ADN du passé lors d'envolées emo/screamo hardcore, concises et justes ("Prestige et paravent", "L'écorce des os"). Unlogistic n'est pas bien loin dans cette approche paradoxalement extrême et contrastée des choses. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si Thomas et Ophé chantent sur "DJ Mucho". Question featuring, on retiendra toutefois davantage l'apport ultra bref et hytérique d'Amélie (ex Warsaw Was Raw) sur "Acquisition de moulins à vent". Une vraie bourrasque enflammée qui prend à vif après l'interlude "Karabines d'indiens".

Avec son filigranne emprunt d'une noirceur indélébile, ses paroles pas fines pour un sou balancées au lance-flammes et la versatilité assumée de ses compositions, Agresse gueule fait de Brume Retina un putain de groupe de punk. De ceux qui savent faire, et surtout laissent, parler la poudre.

A écouter : Un temps de merde - Prestige et paravent - Arrondir les angles - L'corce des os

Split avec Hiro ( 2007 )

Brume Retina et Hiro, deux entités respectivement nées des cendres de Gameness et Gantz, combos dont les séparations ont du tirer les larmes à plus d'un, deux formations qui main dans la main prolongent la douleur et la passion, maintiennent la flamme encore incandescente. Brume Retina / Hiro, un album partagé comme une accolade, de la musique vécue plus que jouée et des mots hurlés à n'en plus pouvoir.

Brume Retina sont les premiers à tendre la main et confirment via l'excellent et dépressif "Avale / Recrache" leur style bien assis fait de mélodies imparables interrompues de soufflantes échafaudées par une guitare aiguisée à blanc. Un son singulier et personnel, brut et sans artifice superflu, servi par un chant du même acabit, fait de ces trois titres un manifeste sincère et cohérent. La cohérence va même jusqu'à insuffler à l'ensemble un caractère monolithique car les morceaux s'enchainent de manière triviale et sans anicroche. Ne prenant en compte que l'essentiel, Brume Retina ne se cantonne pas à un style particulier. A l'écoute d'eux mêmes et de leurs émotions, les parisiens jouent selon les ressentis du moment et selon la force de leurs paroles, courtes et justes.

Les discrets Hiro prennent le relais, et à l'image de leurs prédécesseurs, le combo est bien loin de se reposer sur leurs acquis. Malgré la présence de trois anciens Gantz et donc de quelques réminiscences, notamment dans cette manière d'alterner les vocaux parlés/chantés et les tirades typiquement screamo, Hiro mise sur un emo hardcore bruitiste aux guitares incisives. Un premier morceau progressif dans l'intensité, creusant pas à pas dans la douleur jusqu'au chaos, un second qui prend immédiatement à la gorge, vif et agressif. Hiro compose avec classe et expérience mais ne perd pas pour autant de vue son objectif premier : toucher sans intermédiaire et vivre pour exister. On espère rapidement les revoir via les prochains split albums prévus aux côtés de Storm The Bastille, Interlude et Mr Willis of Ohio.

Sans prendre des risques démesurés mais en restant eux même, Brume Retina et Hiro se répondent et se font écho le temps d'un disque. Un disque court (18 minutes) mais honnête, pas forcement aventureux mais d'une sincérité à toute épreuve qui saura sans nul doute tirailler les amateurs du genre.

MySpaceHiro.

A écouter : Les 5 morceaux

Linéaire des libres ( 2006 )

Avec pas moins de 3 ex-Gameness, Brume Retina semble, sur le papier, ouvrer directement dans la continuité du regretté groupe screamo hardcore héxagonal. Si quelques accents et réflexes sont effectivement reconnaissables,  Brume Retina affiche nettement sa propre empreinte, rétinienne, et surtout sonore. Le quatuor mise sur un jeu moins dense, davantage dénudé et fondamental en ne s'orientant que très ponctuellement vers la mélodie emo hardcore.

Usant de riffs assassins et incisifs soutenus par une rythmique réglée comme une horloge, basique mais ultra pointu, le combo nous plaque au sol, nous enfonce les nasaux dans le bitume avant de nous relever à grands coups d'électrochocs hardcore revigorants. L'atmosphère est définitivement dépressive et trouve un exutoire dans paroles obscures et désabusées, "Ma vie n'est rien". Nourris par nos frustrations et nos peines, les mots, comme les notes, suintent la douleur sans jamais s'offrir au piège de la surenchère pleurnicharde. L'équilibre est atteint, entre silence et cacophonie, entre abbattement et réaction pavlovienne de survie.

Point d'artifice superflu, point de poudre aux yeux chez le combo parisien. Ca joue de sueur et de sang. Et si par moment, on ressent que Brume Retina cherche encore ses marques et se freine, le sillon creusé est largement assez profond pour que l’on s’en souvienne. Si vous les avez manqué les 25 et 26 mai à St-Etienne et Clermont-Ferrand aux côtés de Gantz, groupe avec lequel il partage l'affiche mais aussi une certaine vision des choses, n'hésitez pas à faire une séance de rattrapage.

A écouter : Linaire Des Libres - Retouche - Regular Mind
Brume Retina

Style : Punk hardcore / Crustcore / Emo / Noise rock
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Origine : France
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